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Sunday, May 1, 2022

Oh mon Dieu, ça va devenir tellement pire...

 

Oh mon Dieu, ça va devenir tellement pire...

Caitlin Johnstone

30 avril 2022

https://caitlinjohnstone.com/2022/04/30/oh-god-its-going-to-get-so-much-worse/

 Les gens de droite ont passé les deux derniers jours à paniquer et à invoquer le 1984 d'Orwell en réponse à quelque chose que leurs ennemis politiques font en Amérique, et pour une fois c'est pour une assez bonne raison. Le département de la sécurité intérieure a secrètement mis en place un "conseil de gouvernance de la désinformation", n'informant le public de ses plans relatifs à cette institution qu'après sa création.

Le conseil de désinformation, que les critiques ont appelé à juste titre un "ministère de la vérité", est censé lutter contre la désinformation en provenance de Russie et contre les messages trompeurs concernant la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Nous pouvons être certains que l'accent a été mis sur l'angle de la Russie lors de la création du conseil.

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, dans son style breveté "Vous êtes un idiot fou de me questionner sur la Maison Blanche", a rejeté les questions alarmantes sur les fonctions spécifiques que cette étrange nouvelle entité du DHS allait remplir et sur la nature de son autorité.

"Il semble que l'objectif du conseil soit d'empêcher la désinformation et les fausses informations de circuler dans le pays dans toute une série de communautés", a déclaré Psaki. "Je ne suis pas sûr de savoir qui s'oppose à cet effort".

La réponse à la question "qui s'oppose à cet effort" est bien sûr "toute personne ayant de la matière grise fonctionnelle entre les oreilles". Aucune entité gouvernementale n'a le droit de s'attribuer l'autorité de trier l'information de la désinformation au nom du public, car les entités gouvernementales ne sont pas des divinités impartiales et omniscientes auxquelles on peut confier le soin de servir le public en tant qu'arbitres objectifs de la réalité absolue. Elles finiraient, avec une certitude absolue, par établir des distinctions entre l'information, la désinformation et la mésinformation de la manière qui sert leurs intérêts, indépendamment de ce qui est vrai, exactement comme le ferait tout régime autoritaire.

En toute honnêteté, quelqu'un a-t-il plus peur de la désinformation russe que de son propre gouvernement qui s'arroge l'autorité de décider ce qui est considéré comme de la désinformation ?

Ce point important a été un peu perdu de vue en raison du ridicule totalement hypnotique de la personne qui a été nommée pour diriger le Conseil de gouvernance de la désinformation. Nina Jankowicz, une créature des marais soigneusement préparée qui a travaillé à Kiev comme conseillère en communication auprès du gouvernement ukrainien dans le cadre d'une bourse Fulbright, est largement critiquée par les experts et les utilisateurs des médias sociaux pour sa russophobie virulente et pour tout ce qu'elle représente.

En raison de la caricature embarrassante de cette personne, beaucoup plus de commentaires ont été consacrés récemment au fait que le ministère de la Vérité du ministère de la Sécurité intérieure est dirigé par un libéral farfelu qu'au fait que le ministère de la Sécurité intérieure a un putain de ministère de la Vérité.

Ce qui est à mon avis complètement absurde. Serait-ce vraiment mieux si le "Conseil de gouvernance de la désinformation" était dirigé par un mec cool avec qui vous ne seriez pas contre prendre une bière ? Surtout quand on sait que les tendances idéologiques de ce département vont rebondir entre les élections et agiront toujours au service du contrôle narratif de l'empire américain, quelle que soit la personne au pouvoir ? Je ne le pense pas.

La véritable question qui se pose est le fait que cette nouvelle institution jouera presque certainement un rôle dans le rapprochement de l'écart toujours plus étroit entre la censure gouvernementale et la censure de la Silicon Valley. La création du conseil de désinformation du DHS est une évolution bien plus choquante et effrayante que la révélation scandaleuse de l'année dernière selon laquelle la Maison Blanche conseillait les plateformes de médias sociaux sur les comptes qui, selon elle, faisaient circuler des fausses informations Covid dignes de censure, ce qui était en soi un saut drastique dans la direction d'une censure gouvernementale directe par rapport à ce qui était auparavant considéré comme normal.

Nous devrions probablement parler davantage de la façon dont, dès que les gens ont accepté que le gouvernement, les médias et les institutions de la Silicon Valley travaillent ensemble pour censurer la désinformation et rallier le public autour d'un récit officiel sur un virus, l'establishment du pouvoir en place a immédiatement pris cela comme une autorisation de faire de même avec une guerre et un gouvernement étranger.

Comme, nous sommes passés immédiatement d'une campagne massive de contrôle narratif sur un virus, que les gens ont accepté parce qu'ils voulaient contenir une pandémie mortelle, directement à une campagne massive de contrôle narratif sur la Russie et l'Ukraine. Sans perdre une seconde. Comme si manipuler ouvertement la compréhension des événements mondiaux par tout le monde était notre quotidien. Maintenant, nous assistons à une censure de plus en plus effrontée de la dissidence politique au sujet d'une putain de guerre qui pourrait facilement finir par nous tuer tous dans un holocauste nucléaire, et une partie de l'énorme paquet de 33 milliards de dollars de l'administration Biden pour l'Ukraine est destinée à financer des "médias indépendants" (lire : propagande de guerre).

Nous devrions probablement parler davantage de cela. Nous devrions probablement parler davantage du fait qu'il est insensé que toutes les institutions occidentales traditionnelles aient immédiatement accepté comme acquis que les niveaux de censure et de propagande de la Seconde Guerre mondiale doivent être mis en œuvre pour une guerre lointaine à laquelle nos gouvernements ne participent même pas officiellement.

Cela a commencé dès que la Russie a envahi l'Ukraine, sans la moindre discussion publique. Comme si le travail préparatoire avait déjà été fait et que tout le monde était d'accord sur ce qui allait se passer. Le public n'a pas eu son mot à dire sur la question de savoir si nous voulions être propagandisés et censurés pour aider les États-Unis à gagner une sorte d'infoguerre bizarre afin d'assurer leur domination unipolaire continue de la planète. C'est arrivé comme ça.

Aucune raison n'a été donnée au public pour expliquer pourquoi cela devait se produire, et il n'y a pas eu de débat public pour savoir si cela devait se produire. C'était voulu, car la propagande ne fonctionne que lorsque vous ne savez pas qu'elle vous arrive.

Le choix a été fait pour nous que l'information est trop importante pour être laissée entre les mains du peuple. Il a été gravé dans la pierre que nous devions être une société basée sur la propagande plutôt qu'une société basée sur la vérité. Aucune discussion n'a été proposée, et aucun débat n'a été autorisé.

Et aussi mauvais que cela puisse être, c'est en passe de devenir beaucoup, beaucoup plus mauvais. Ils sont déjà en train de mettre en place une réglementation de la "désinformation" au sein du gouvernement qui préside à la Silicon Valley, la guerre par procuration entre les États-Unis et l'Ukraine s'intensifie de jour en jour, et les agressions contre la Chine s'intensifient à propos des îles Salomon et de Taïwan. Si vous pensez que la gestion du récit impérial est déjà très intense, attendez que la lutte de l'empire américain pour s'assurer l'hégémonie mondiale soit vraiment lancée.

Y consentez-vous ? Et vous ? C'est une question sur laquelle il faut prendre position, car ses implications ont un effet direct sur nos vies en tant qu'individus et sur notre trajectoire en tant que société. Combien sommes-nous prêts à sacrifier pour aider les États-Unis à gagner une infoguerre contre la Russie ?

La question de savoir si nous devons abandonner tout espoir de devenir un jour une société fondée sur la vérité et nous engager à gagner des guerres de propagande pour un empire mondial est peut-être la décision la plus importante que nous ayons jamais eu à prendre en tant qu'espèce. C'est pourquoi on ne nous a pas donné le choix. On nous l'a imposé.

Celui qui contrôle la narration contrôle le monde. En nous retirant le contrôle de l'information sans nous demander la permission et en déterminant pour nous que nous devons être une civilisation basée sur la propagande dans un futur proche, ils nous ont volé quelque chose de sacré. Quelque chose qu'ils n'avaient pas le droit de prendre.

Rien dans l'état du monde ne nous dit que les gens qui dirigent les choses font du bon travail. Rien dans notre situation actuelle ne suggère qu'ils devraient avoir plus de contrôle, plutôt que de se voir retirer le contrôle et le donner au peuple. Nous allons exactement dans la mauvaise direction.

Caitlin Johnstone

 

Article original :

Oh God It’sGoing To Get SO Much Worse

2022.05.01 – Pensées de fin des Temps.

 

2022.05.01 – Pensées de fin des Temps.


Nous sommes indubitablement arrivés un point d’inflexion de l’Histoire. Il va y avoir une rupture de la Ligne historique commencé il y a un peu plus de cinq cents ans, quant à la fin du XVème siècle les Européens sont partis à la conquête du Monde. Il ne s’agit pas ici de délibérer sur le bon ou le mauvais côté de la chose. L’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, le Royaume Uni, la France, et dans une moindre mesure le Danemark, la Suède, la Belgique l’Italie et l’Allemagne ont, durant toute cette période, conquis des Empires Coloniaux et exercés un contrôle parfois brutal sur les pays et les peuples soumis. Durant toute cette période les Européens dominaient économiquement, militairement et culturellement la Planète. Cette période touche à sa fin. Le Monde me semble prêt pour des changements cataclysmiques des paradigmes. A quoi le futur ressemblera-t-il, je ne pourrais le dire, mais ce dont je suis certaine, c’est que dans le futur les structures globales, la géographie politique et économique ne ressembleront en rien à ce que nous connaissons. Les pays Occidentaux, c’est-à-dire les USA, le Canada, L’Australie et la Nouvelle Zélande ainsi que les pays Européens membres ou non de L’Union Européenne et/ou membres de l’OTAN ne seront plus les forces dominantes globales.

***

Les pays déclarés comme étant des Démocratie se sont peu à peu mutés en, ce que je nommerais, des Démofascistocraties… Les grands groupes financiers comme BlackRock et Vanguard contrôlent les grandes multinationales et les états, les gens oublient que Mussolini lui-même a écrit : « le fascisme devrait plutôt être appelé corporatisme, car il s'agit d'une fusion du pouvoir de l'État et des entreprises ».

***

La politique propagandiste entre dans une nouvelle phase. Les pays membres du Conseil de l’Europe, siégeant à Strasbourg, sont sommés de créer une « Cour Pénal International » devant juger les soi-disant-disant « Crimes » commis par les Russes en Ukraine. Poussés par les USA, cela ne fait aucun doute, les Européens rampe dans la poussière et sont prêt à toutes les ignominies pour être bien vue par la pègre régnant sur le marais de Washington. Après la caricature de « Justice » qu’est la CPI, créé pour cacher les crimes commis par les Otaniens contre des pays comme la Serbie et autres, ils veulent remettre une couche. Ces pauvres imbéciles sont prêts à entrer en « Guerre » ouverte contre la Russie (et probablement contre la plus grande partie des Pays d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique du Sud) et d’envoyer leurs peuples au massacre rien que pour plaire à l’oligarchie mafieuse et criminel.

Les fous qui dirigent les pays Européens vont une fois de plus réussir à transformer l’appendice du Continent Eurasiatique nommé Europe en champs de Ruines. Je pense que, qui ne veut pas devenir complice de crimes à venir, il devient impératif de quitter définitivement cette région sans avenir et d’émigrer vers la Russie, l’Asie, l’Afrique ou l’Amérique du Sud.

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Vos pensées et vos opinions comptent. Vous savez comment vous pouvez le savoir ? Parce que chaque jour, les personnes les plus puissantes du monde déversent une immense quantité de richesses et d'énergie pour vous manipuler, vous formater, vous insuffler vos « Idées ». Ils utilisent tous les registres de la Propagande pour que vous preniez les vessies qu’ils vous présentent pour des lanternes.

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Personnellement je pense qu’il est temps de réduire le Bloc-Occidentaliste à sa plus simple et impuissante expression. Il est temps d’utiliser l’arme majeur de de leur Religion Wokeniste, c’est-à-dire la Cancel-Culture. Refuser tout ce qui vient de cette « civilisation » dégénérée, que cela soit culturel ou matériel. Néantiser tout ce qui est « américaniste », le rejeter, le jeter au feu…

***

En regardant et observant bien le personnel politique qui dirige les pays occidentaux, je constate que la plus grande partie d’entre eux sont des illuminés emportés par une espèce d’euphorie exaltée quasi religieuse qui les pousse à appeler à une croisade « humanitariste ».

***

Bizarre, je trouve cela très bizarre. Les USA, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, se sentent menacés par le pacte entre les îles Salomon et la Chine. Comme c'est une menace nationale à 2000 km de l'Australie, ils veulent, dans la logique bien occidentale, dicter qui les îles Salomon peuvent avoir comme allié… Bien et je peux le comprendre…  
Mais étrangement les mêmes gouvernements disent aussi que l'Ukraine, avec une frontière commune avec la Russie doit pouvoir choisir librement dans quelle alliance ou organisation elle veut être membre. Ah, Bon !
Et la Russie n’aurait, si on croit les USA et l’OTAN, aucune, mais alors vraiment aucune raison de se faire du souci. C’est promis, Juré, garantie, non, non, pas besoin d’accord écrit et signé, c’est parole d’honneur !

***

Dans son roman « Die Blechtrommel » (en français: Le Tambour) Günter Grass mettait dans la bouche d’Oskar Matzerath (le petit héro de l’histoire) les mots suivants:
«Es war einmal ein leichtgläubiges Volk, das glaubte an den Weihnachtsmann, aber der Weihnachtsmann war in Wirklichkeit der Gasmann.»

« Il était une fois un peuple crédule qui croyait au Père Noël. Mais en réalité, le Père Noël était le préposé au gaz. »

Tant que l'apathie et l'ignorance des masses prévaudront, les raisons et les causes de la guerre en Ukraine seront ignorés.
Mais que faire ?
La force majeure de nos Démofascistocraties est sans aucun doute la puissante machine de propagande.

Dans quelques jours, le 8 mai auront lieu les commémorations de la victoire de 1945 sur le Nazisme ». Beaucoup de grandes paroles seront conférés… on parlera des millions de victimes, du sacrifice de millions de combattants, mais on « oubliera » de vous parler de « qui » a rendu le fascisme possible, qui a financé sa montée au pouvoir.
Ils vous diront que seule la solidarité entre les pays occidentaux pourra venir à bout du danger « Russe » et que tout devra être mis en œuvre pour défendre la « Démocratie » Ukrainienne (?) et par extension occidentale …
Ils vous demanderont d’accepter un grand nombre de « sacrifices ».
Ils vont jouer le grand numéro de la lutte contre le fascisme !
Pourtant le fascisme est là devant vous !
Et c’est bien l’oligarchie au pouvoir, leurs claqueurs et suiveurs consentants qui nous mènent au nouveau fascisme.
Sachez que, par la suite, vous ne pourrez pas dire : « Je ne savais pas, je ne pouvais savoir. »
L’Occident glisse vers le fascisme et une grande partie des populations semblent applaudir.

***

Le fleuve de sang que l'Occident est en train de créer ne va pas seulement couler à travers l'Ukraine, comme les rivières devenant, après un orage, des torrents dévastateurs il se répandra à travers le monde inondant de nombreuses régions, emportant tout sur son passage.

 

***

 

Friday, April 15, 2022

2022.04.15 – Pensées sur l’Orage qui vient…

 

2022.04.15 – Pensées sur l’Orage qui vient…

 

Des nuages sombres s'amassent à l’horizon, le ciel s’obscurcit. Loin là-bas déjà l’orage gronde. Autour de moi les gens scrutent, avec anxiété, le ciel, se demandent s’ils seront touchés par cette intempérie. Je peux leurs assurer que oui, que bientôt ils seront dans la tempête. Et la tempête qui s’annonce sera tout sauf un petit coup de vent. Ce sera plutôt quelque chose comme un ouragan hors classe.

***

Quotidiennement je survole les nouvelles dans la presse écrite, entends quelques fois les infos radiophoniques, vois les images sur les chaines d’infos et suis surprise par l’uniformité de ce qui est communiqué. En entendent certains commentateurs ainsi que les « experts » qui défilent sur les plateaux j’ai du mal à vraiment croire ce que j’entends (comme récemment un amiral, oui vous lisez bien UN AMIRAL français, l’amiral Jean-Louis Vichot qui expliquait gaiement que les Russes devaient conquérir la ville stratégique de Donetsk… oui Donetsk, ce qui pourrait causer quelques problèmes…) ces gens-là, sont non seulement des incapables mais ils dominent en occident et y répandent des inepties totalement délirantes. Certains fous veulent quasiment une troisième guerre mondiale et même une guerre nucléaire. Je me demande si ces imbéciles sont encore en possession de cerveaux en état de fonctionnement. Je crain bien que non !

***

La couverture médiatique de la Guerre en Ukraine par les médias occidentaux est très chargée mais tout simplement illisibles, hyperbolique, dérangée, ignorante et manipulatrice, elle joue sur les sentiments de sympathie de l’Occident pour les « victimes » opprimées et oriente les sentiments et les émotions vers une indignation morale qui réclame – voire exige – un châtiment et une punition pour les auteurs présumés (les Russes, ce peuple d’ivrogne et barbare).

La narrative qu’ils communiquent est simpliste et manichéenne, « NOUS sommes les bons, les AUTRES sont le mal ». Point à la ligne.

L’Occident, et tout spécialement les pays de « l’Union Européenne des Multinationales » est vraiment devenu l’Empire des mensonges, des sanctions et de la stupidité. J’ai du mal à y croire, mais cela est la réalité. Sur les plates formes médiatiques occidentales ce n’est plus que de la pure PROPAGANDE, et elle si violente et infernale que je préfère l'ignorer. Pour avoir des informations valables sur la situation, sur le pourquoi et le comment, on ne plus que se référer à des plates formes d’informations africaines ou asiatique et même russes,

Un bel exemple du genre est le New York Times, qui fut dans le passé un grand journal, le 3 mars il publiait un article signé David Brooks :

«The Week That Awoke the World, March 3, 2022 »

« Le credo du libéralisme connaît un second souffle [et] nous a rappelé non seulement ce que c’est que de croire à la démocratie, à l’ordre libéral et à l’honneur national, mais aussi d’agir courageusement au nom de ces choses. Ils nous ont rappelé comment les revers [ont pu] nous faire douter et nous rendre passifs face au gospel de la démocratie. Mais en dépit de tous nos échecs, le gospel est toujours extraordinairement vrai. »

Alors là, boahhh, faux vraiment la faire, l’Ukraine peut être un grand nombre de choses… mais un « gospel de la démocratie » ? Pourquoi pas un gospel de la Liberté, de l’Humanisme, de la Justice ?

C’est vraiment du n’importe quoi ! Le pire étant que la masse des lecteurs semblent croire en de telles balivernes.

Les gens qui ont subi un lavage de cerveau (et cela est bien le cas en occident) croient toujours en eux-mêmes, alors tout est possible. L'Occident a pour ses masses, qui depuis des années sont trop assagis pour le comprendre (ou vouloir le comprendre), créé un monde qui n’est qu’un fantasme, une illusion. Un monde dans lequel « consommer » est le mot d’ordre, un monde dans lequel la réflexion n’est plus de mise et doit par tous les moyens être empêchée.

Le monde de l’illusion dans lequel les occidentaux vivent est celui d'un capitalisme qui, pendant les trente dernières années n’a cessé de se globaliser, de se mondialiser. Un système démoniaque prônant l’individualisme le plus total, le combat de chacun contre tous. Un monde vide de moral et d’éthique, dans lequel la masse des gens évolue sans trop réfléchir, manipulée et formatée vingt-quatre heures par jour par le matraquage médiatique en continu. Pour cette masse amorphe la seule règle est : « touche ton chèque de paie et ferme-la, ne parle à personne - en aucune circonstance - de tes opinions qui si elles sont contraires à la doxa peuvent ruiner ton avenir ou même détruire ta vie ».

Les abrutis qui dirigent le monde occidental vous vendent le « grand projet américain » de la guerre perpétuelle et salvatrice, vous savez cette « guerre pour défendre la démocratie » et vous avaler la couleuvre, sans réfléchir, sans poser de question. Mais pauvres imbéciles ne voyez-vous pas que l’establishment anglo-américain (c’est bien lui qui veut ces guerres), ceux qui sont les maîtres à penser et les donneurs d’ordres se montre très habile à vous faire avancer dans la direction voulue. Son pouvoir sur vous il l’exploite pour générer l’indignation qui servira à vous pousser dans le combat.

Ils ont porté la domination du flux de l’information à de nouveaux sommets, ils ont consolidé les médias, resserré leur emprise et leur contrôle sur l’information, marginalisé tous les journalistes ne proclamant pas la doxa, ils ont réduit le scepticisme à néant en le qualifiant d’« apaisement », de « conspirationnisme » ou de « poutinisme ». NON la liberté de pensée n’est plus autorisée.

Le sommet de la dépravation occidentale, la quasi-autorisation d’appel à la violence ou au meurtre de citoyens Russe sur les médias dits « sociaux » est atteint. Les mensonges sont devenus la marque de l’Occident.

***

L'une de mes citations préférées vient de l'écrivain et réalisateur Oliver Stone, qui a dit un jour que "l'enfer est l'impossibilité de la raison".

En d'autres termes, si, dans une société, la vérité et la logique sont éradiquées, tout espoir de rédemption ou de paix est perdu. Le monde devient un cauchemar perpétuel… et cela est bien ce que nous vivons dans les pays du Bloc Américaniste Occidentaliste Mondialiste (BAOM) des pays qui furent un temps des Démocraties et qui sont devenus des Démofascistocratie.

***

Les citoyens des USA et autres pays occidentaux sont à juste titre horrifiés lorsqu'ils voient des civils tués par les bombardements russes en Ukraine, mais ils ne sont généralement pas aussi horrifiés, et plus enclins à accepter les justifications officielles, lorsqu'ils entendent que des civils sont tués par les forces armées occidentales en Irak, en Syrie, au Yémen, à Gaza, en Libye, en Somalie ou ailleurs. Les médias occidentaux jouent un rôle clé à cet égard, en nous montrant des cadavres en Ukraine et les gémissements de leurs proches, mais en nous protégeant des images tout aussi dérangeantes de personnes tuées par les forces ukrainiennes, américaines ou alliées.

Les dirigeants occidentaux, avec de grandes déclarations, exigent que la Russie soit tenue responsable des crimes de guerre. Bien et elles étaient où vos clameurs, en Syrie, au Yémen, à Gaza, en Libye, en Somalie, au Soudan ou ailleurs, où étaient vos cris de « justice ». Non bien sûr on ne vous a pas entendus. Pourquoi aucune accusation envers les criminels de guerres comme Tony Blair, G.W. Bush, Bill et Hillary Clinton, Victoria Nuland, Madeleine Albright (qui brûle en enfer) et de nombreux autres ?

Ah et bien ne venez pas me dire que ces gens-là étaient ou sont dans le camp du bien et que les guerres qu’ils/elles ont ordonnées étaient en fait des « Interventions Humanitaires », cela ne prouverait non seulement votre immense hypocrisie mais également une surestimation de la « Supériorité » occidentale.

Pourtant, pendant l'occupation militaire américaine de l'Irak, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Mission d'assistance des Nations unies en Irak (MANUI) ont tous deux documenté des violations persistantes et systématiques des Conventions de Genève par les forces américaines, notamment de la Quatrième Convention de Genève de 1949 qui protège les civils des conséquences de la guerre et de l'occupation militaire.

***

Des « sources crédibles » nous disent que la Russie a perdu plusieurs milliers de véhicules blindés et des centaines d'avions, bla bla bla…

A visionner les chaines d’informations, en lisant la presse écrite occidentales on a l’impression que la Russie se fasse sévèrement étriller. MAIS est-ce vraiment le cas. Beaucoup de bla bla bla de la part d’experts, même militaires (peut être des militaires de théâtre). Certains en arrive même à conclurent que la Russie a perdu tellement d'hommes et de matériels que les Ukrainiens seraient sur le chemin de la victoire.

Sur un de ces liens d’information « respectable », j'ai vu - entre autres choses, des hélicoptères appartenant à la Russie avec « ВКС России » (Russian air force) en lettres massives, photoshoppées sur les queues. Tient cela doit être tout neuf… Les avions militaires russes n'ont pas d'écriture à l'extérieur, ou du moins, rien en dehors des petits avertissements "inflammable" sur la trappe du réservoir de carburant, des choses comme ça.

J'ai vu des dizaines de véhicules blindés détruits ou abandonnés se faire passer pour des véhicules russes, qui étaient peints avec le schéma de camouflage "numérique" utilisé par l'Ukraine, et des véhicules ne faisant pas même partie de l'arsenal russe.

J'ai également vu une séquence d'information ukrainienne montrant des soldats ukrainiens morts (avec des uniformes, des insignes et des badges nominatifs ukrainiens utilisant la lettre "i" ukrainienne) passés pour des Russes morts. Et il y a bien d’autres gabegies du genre comme des scènes de combat fait par des collages de jeux vidéo…

Si la télévision ukrainienne peut faire passer ses propres soldats morts pour des Russes, s'ils n'ont pas honte, alors bien sûr, ils peuvent trouver quelques corps (milice de défense territoriale ?  Pilleurs ?  Des victimes de l'artillerie ?  Des clochards non réclamés de la morgue ?) et les jeter dans une clairière dans les bois, faire venir les médias et appeler cela un crime de guerre.  Ces gens n'ont que de la propagande, et propager des "Fake News" est par ailleurs le seul domaine où ils sont vraiment gagnants.

Maintenant, l'Ukraine se porte si bien en termes d'équipement que la moitié de l'Europe - et l'Australie, et bien sûr, l'Oncle Sam - lui envoie (ou promet de lui envoyer) des chars, des canons, des voitures blindées, des systèmes de défense aérienne à haute altitude, etc.

Et cela ne servira qu’à une seule chose, faire durer les malheurs du peuple ukrainien pris en otages par les mondialistes dans leur Guerre contre la Russie et l’Humanité.

Et tout ce matériel une fois arrivé à la frontière Ukraino-Polonaise devra être acheminé vers l’est du pays… croyez-vous vraiment qu’il arrivera à destination ? Le problème, c'est que la Russie contrôle désormais le ciel, et qu'elle a enfin commencé à retirer ses gants, ce qui serait également une bonne chose envers les pays occidentaux, et que toutes les expéditions ferroviaires vers le tiers sud-est de l'Ukraine doivent toutes passer par l'un des TROIS points sur le Dniepr - des cibles très faciles.  Ai-je mentionné que la Russie contrôle le ciel ? La Russie détruira la moitié du système ferroviaire ukrainien et tous les ponts du Dniepr avant de permettre le transfert des gros "dons" à l'est du Dniepr.

Comme je le dis depuis les premiers jours de la guerre, plus ses "amis" continueront à l'encourager, plus l'Ukraine sera détruite.

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Opération militaire en Ukraine, 15.04.2022

De nouvelles attaques sous faux drapeau contre des civils par des unités des forces armées ukrainiennes sont apparemment en préparations. Il s’agira probablement de lancer des attaques de type Tochka-U contre une foule de réfugiés ou de rassemblements de civils. Les cibles pouvant être visées sont nombreuses et le mode opératoire devrait être similaire à celui déjà utilisé le 14 mars à Donetsk : envoyer des SMS et des appels à la population pour qu'elle se réunisse en vue d’une évacuation ou d’un rassemblement de protestation.

La dernière attaque sous faux drapeau, contre Kramatorsk, a été un échec total : le trajet de vol venait du sud-ouest (positions ukrainiennes) et les journalistes occidentaux avaient publié la photographie du numéro de série des restes du missile, désignant son propriétaire : Kiev.

On imagine que plus le conflit s'éternise, plus les Ukrainiens seront efficaces dans leur réalisation d'attaques sous faux drapeau pour en accuser la partie Russo-LDNR.

Les journalistes russes essaient de faire tout ce qu'ils peuvent pour prévenir la population de se protéger de ne pas suivre les appels à se réunir en public, et on espère que la DCA russe sera au rendez-vous pour abattre les projectiles ukrainiens.

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Wednesday, April 6, 2022

2022.04.06 – Les pensées furieuses

 

2022.04.06 – Les pensées furieuses

Dans les mois qui viennent il faudra s’attendre à des émeutes. Souvenez-vous des « Gilets Jaunes » en France ou des émeutes ayant suivi le décès de George Floyd en 2020 aux USA, mais ces émeutes-là ressembleront à des jamborees de scouts comparées à ce qui va se passer, quand en raison de l'inflation et des pénuries qui ne manquerons pas de survenir les habitants des pays occidentaux commenceront à avoir faim.

Surveillez les prix des aliments et des produits de premières nécessités, surveillez-les comme les géologues surveillent leurs séismographes.

Je ne pense pas que les gens qui dirigent les États-Unis, le Canada, L’Australie, la Nouvelle Zélande ou les pays de l’Union Européenne (c’est-à-dire « l’Empire » se soucient vraiment de leurs populations, ils ne se soucient que de leur pouvoir, de leur richesse ; et en corollaire des souhaits de leurs maîtres à penser.

« Mais bonnes gens, vous vivez dans des démocraties, vous pouvez voter, élire un nouveau gouvernement, voter pour le changement. » Quelle bonne blague.


La meilleure chose qui se passe en ce moment, c'est que beaucoup d’adolescents ne s'engagent plus vraiment dans les lignes politiques traditionnelles et que les partis traditionnels ne les attirent pas vraiment. Seuls les partis écologiques semblent "encore" les attirer ; mais ils gardent en grand nombre une certaine méfiance contre les structures des partis.


Bien que pour le moment une grande partie des populations reste relativement calme, voir plus ou moins « désintéressé », les masses préfèrent les escroqueries et les mensonges bien présentés aux choses réelles et intéressantes. 

La colère et la suspicion, pourtant, semble monter. La propagande systémique, la manipulation de l’opinions public destiné surtout à abrutir les individus pour en faire des consommateurs dociles, qui pendant des années semblait fonctionner à merveille commence à montrer des faiblesses.

Le nombre des réfractaires au système augmente et aussi stupide que cela puisse paraître, cela agace vraiment les dirigeants.

Une crise majeure du système s’annonce et aucune manœuvre ne pourra l’empêcher.

***

Le colonel retraité de l'armée américaine Douglas McGregor :

« La Russie ne quittera pas l'Ukraine. Nous devons comprendre qu'elle ne perdra pas. Supposer que la Russie perdra en Ukraine, c'est comme supposer que si nous envahissions le nord du Mexique, nous perdrions. »

***

Curieusement, la liste des pays dont la dette extérieure par habitant est la plus élevée est presque à 100 % la même que celle des pays qui ont imposé des sanctions à la Russie.



Coïncidence ? Nous ne le pensons pas… C’est une réalité.

La guerre qui a lieu est bien un affrontement entre deux système « politique » et encore plus « économique » on ne peut plus différent. Le système occidental, basant sur l’argent fiduciaire, la dette et le pillage des ressources de nombreux pays, est en guerre contre un ordre nouveau naissant. Dans ce combat « titanesque » dont dépends effectivement le futur du monde, la Russie est le « fer de lance ».

***

Sur les médias occidentaux, presses écrites, radiophoniques ou télévisuels le matraquage propagandiste atteint un niveau galactique. La désinformation, le mensonge, les fausses informations se suivent à un rythme spectaculaire… Le mantra de la narrative est simple et claire, les Russes sont des « Barbares » !

Et bien NON, les barbares, les « criminels » sont bien au chaud dans les chancelleries occidentales, à Washington, à Bruxelles, à Londres ou à Berlin, dans les organes de commandement de l’OTAN, dans les parlements des différents pays.

Les dizaines de milliers de soldats, de résistants de tous pays, tous ceux qui durant la seconde guerre mondiale sont tombés pour mettre fin à la folie nationale-socialiste sont morts en vain. La gangrène Nazie à infestée l’occident. Nos gouvernants ne se gênent même plus de supporter, avec tous les moyens économiques et militaires, ceux qui glorifient les criminels issus de l’ancienne Waffen SS et de leurs alliés. La conquête du "Lebensraum" à l'Est s’est profondément incrustée dans l'ADN des nations ouest européenne et des USA. Cela ne date pas de hier. Depuis le XIX siècle la convoitise des richesses du sol russe anime les occidentaux... Un président Russe dans le genre de Boris Eltsine est ce qu'ils désirent le plus, un traitre à son pays vendant le tout au plus offrant. Pour atteindre ce but toutes les turpitudes, tous les crimes seront commis.

NON l’Occident, qui dans son immense arrogance se donne le droit de jouer la grande « Instance Morale », édicter les « Règles », le fameux « ordre mondial fondé sur des règles », qui doivent être obligatoirement acceptées et suivies par tous pays et citoyens du reste du Monde sous peine d’être traité de manière spéciale et poussé par la violence, vers la bonne voie, cet Occident EST le grand corps malade de l’Humanité.

La guerre en Ukraine n’est rien que le début du « Clash of Civilisations », la lutte entre la « Civilisation prédatrice Occidentale » et le reste du Monde.

***

Au passage je dois faire une petite correction : Il y a quelques jours, dans son discours télévisuel, propagandiste et manipulateur à l’extrême, le président (comédien et voyou) ukrainien Volodymyr Zelensky déclarait, devant les parlementaires français (honteusement ils étaient presque au garde à vous) que « Tout le monde doit se rappeler que les valeurs valent plus que les bénéfices” … hahaha, pour lui ce serait plutôt “Tout le monde doit se rappeler que les valeurs valent moins que mes bénéfices”…

***

Pffff…. Je sais, oui je sais, que de publier de la propagande russe est très méchant… petite vilaine que je suis, je fais quand même.

Le ministère russe de la Défense a révélé les détails d'une autre provocation des forces armées ukrainiennes, similaire à Buchinskaya.

Suivant ce message : Le régime de Kiev prépare un autre de provocation avec massacre de civils par les armées russes…

À cette fin, des nationalistes ukrainiens auraient tiré sur le village de Dergachi dans la région de Kharkiv et auraient réalisé des enregistrements vidéo de bâtiments détruits et de "nombreux morts" pour les transmettre aux médias occidentaux.

(Tout le monde pourtant sais très bien que les héros ukrainiens ne feraient jamais, vraiment jamais, une chose pareille).

▪️Les participants aux tournages mis en scène auraient été payés 25 dollars chacun.

L'organisation de cette provocation a été dirigée par les militaires du 72 Centre d'information et d'opérations psychologiques des forces armées d'Ukraine (avec l’aide probable des criminels du MI6). Des représentants d'agences de presse occidentales (les classiques agences de propagandes occidentales) ont participé à l'action.

Thursday, March 31, 2022

2022.03.31 - Pensées sur les "Tension" dans le Pacifique...

 

Îles Salomon/Australie :

Il est bien connu que le gouvernement des îles Salomon a conclu avec la Chine des accords dans différent domaines. …

Imaginons un instant que la Chine, avec l’accord du gouvernement des îles Salomon décide de placer un ou deux unités de la flotte chinoise dans les eaux territoriales des Salomon.

Et bien sûr l’Australie, ce parangon de la « Démocratie » se sent déjà menacé. On a de ce fait un exemple flagrant de la double morale et de l’arrogance « Occidentale ».

Etrange n’est-ce pas ? La Russie se sent menacé par les activités Otaniennes en Ukraine, et elle a par ailleurs toutes les raisons de de le faire, passe à l’action (Guerre contre les Atlantistes, Américanistes et Globalistes), et cela devrait être un crime.

Je crains que le gouvernement des Îles Salomon ne soit vraiment en danger, pas de la part des Chinois, mais bien des « Démocratures » Occidentales (USA en tête). Un coup d’état ou une révolution de « couleur » peut-être même une Action militaire, organiser par les occidentaux est plus que probable.

Donc, non seulement double morale mais belle et bien la preuve que les grandes paroles du genre « UN pays peut décider librement avec quels autres pays il veut conclure des accords » sont des « règles » à géométrie variable. 

Mais nous sommes le camp du BIEN 😁😁😁

Beijing-Solomons Deal: A Threat to Australian Sovereignty
Gabriël Moens
 March 28, 2022 Updated: March 29, 2022
Commentary

On March 24, a leaked draft agreement between the Solomon Islands and the People’s Republic of China on security cooperation sent shockwaves through the Australian political and security establishments.

Article 1 of the Agreement stipulates that “China may, according to its own needs and with the consent of the Solomon Islands, make ship visits to, carry out logistical replenishment in, and have stopover and transition in the Solomon Islands, and the relevant forces of China can be used to protect the safety of Chinese personnel and major projects in the Solomon Islands.”

The disclosure of the existence of a secret security agreement between the two nations has spawned a variety of comments, which are either provocative or conciliatory. For example, David Llewellyn-Smith, former owner of The Diplomat, a prominent Asia Pacific foreign affairs journal, has argued that the proposed security agreement presents Australia with its own “Cuban missile crisis.”

Specifically, he contends that the establishment of a Chinese base in the Solomon Islands would be “the effective end of our sovereignty and democracy” and that Australia has no choice but to “invade and capture Guadalcanal such that we engineer regime change in Honiara.”

In contrast, the Australian Minister for Foreign Affairs, Marise Payne, in a statement released on March 25, strikes a more conciliatory note when she commented that the Australian government has “regularly and respectfully raised our concerns with the Solomon Islands Government and will continue to do so” and that Australia “would be particularly concerned by any actions that undermine the stability and security of our region, including the establishment of a permanent presence such as a military base.”

Although both viewpoints confirm the strategic importance of the Solomon Islands to Australia, it is difficult to reconcile them. Hence, it is appropriate to consider whether the agreement between the Solomon Islands and China threatens Australia’s sovereignty; by considering the background of this matter and its context, it might be possible to secure a better understanding of this issue.

When the present Prime Minister of the Solomon Islands, Manasseh Sogavare, came to power on April 24, 2019, he severed the Islands’ diplomatic ties with Taiwan in September 2019 (followed by Kiribati four days later). The Solomon Islands then recognised China as its legitimate diplomatic partner.

In 2020, China sent 14 grievances to Australia that, according to Beijing, poison the bilateral relationship between the two countries. The list of grievances includes Australia’s banning of Huawei from its 5G network and its insistence to convene an international commission to consider the origins of the COVID-19 virus.

Beijing also complained about the Foreign Influence Transparency Scheme Act 2018 (FITS), which was meant to expose dangerous foreign influences well-known to our security agencies.

In 2018, the then federal Attorney-General Christian Porter stated that this new Act would “safeguard the nation’s democracy.”

“FITS will provide visibility of the forms and sources of foreign influence in Australia’s governmental and political processes,” he said. This law was therefore supposed to protect Australia from foreign undemocratic regimes, such as China, attempting to influence Australian citizens.

In getting a foothold in the Pacific, China would make it easier to isolate Taiwan. Thus, the draft agreement, if it were to result in the establishment of a military base, could significantly serve the geopolitical interests of Beijing.

The agreement would also effectively weaponise the list of 14 grievances because, in a military conflict, China would be able to strike Australia, especially if a military base on the Solomon Islands were to have cruise missile boats and hypersonic missiles that could reach Brisbane in less than 15 minutes.

Of course, the Solomon Islands is an independent nation, and, as such, it enjoys the benefits of sovereignty and the concomitant right to make its own decisions.

In fact, the Solomon Islands also has a current operational security agreement with Australia, signed in August 2017. The agreement enables Australia “to deploy rapidly and effectively in an operational capacity in the event of a major security challenge or event, including humanitarian response situations.”

The comment in the agreement that the Pacific Region is “of great importance to Australia” and that the “stability of Solomon Islands has a major impact on the security of Australia and the broader region” underscores the importance of the Islands’ security to Australia.

Australia has always assumed the role of the police officer in the Solomons Islands, most recently in November 2020, when protestors tried to storm the parliament and set fire to Honiara’s Chinatown in a three-day rampage.

The riots were, at least partially, a response to the decision of the Sogavare government to sever diplomatic relations with Taiwan and to switch its allegiance to Beijing.

Australia deployed 200 peacekeepers to restore order, which helped the prime minister of the Islands to retain power. At present, there is still 50 Australian personnel serving in the Islands until the end of 2023.

Following international criticism of the agreement with China, the Solomon Islands described its foreign policy strategy as “friends to all, enemies to none.”

Additionally, the Solomon Islands, on March 25, sought to justify the proposed agreement with China as necessary to improve the quality of the 800,000 people who live on the islands “and address soft and hard security threats facing the country.”

Even if this justification is plausible, the agreement dealing with police cooperation with Beijing can be characterised as an example of opportunism, or dollar diplomacy, which fails to consider the interests of the whole Pacific region, especially Australia.

The suggestion of Llewellyn-Smith to secure Guadalcanal and to seek regime change in Honiara is reminiscent of the invasion by the United States, under the presidency of Ronald Reagan, of the island of Grenada on Oct. 25, 1983, to restore order caused by internal divisions in the ruling communist party.

The Grenada invasion, coined “Operation Urgent Fury,” was a successful intervention that could be used as a boilerplate in case Australia decides to act upon Llewellyn-Smith’s recommendation.

The language of Article 1 of the proposed Solomon Islands-China security agreement is suitably vague. However, if it were interpreted as allowing China to establish a military base in the Solomon Islands, which is only 1,700 kilometres (1050 miles) from the coast of Queensland, Australia might well decide to act to protect its Asia-Pacific interests.

Views expressed in this article are the opinions of the author and do not necessarily reflect the views of The Epoch Times.

 Gabriël Moens

Gabriël A. Moens AM is an emeritus professor of law at the University of Queensland, and served as pro vice-chancellor and dean at Murdoch University. In 2003, Moens was awarded the Australian Centenary Medal by the prime minister for services to education. He has taught extensively across Australia, Asia, Europe, and the United States. Moens has recently published two novels “A Twisted Choice” (Boolarong Press, 2020) and “The Coincidence” (Connor Court Publishing, 2021).

https://www.theepochtimes.com/beijing-solomons-deal-a-threat-to-australian-sovereignty_4368568.html


Tuesday, March 29, 2022

2022.03.29 – Quelques pensées … Les rois sont presque nus

 

2022.03.29 – Quelques pensées … Les rois sont presque nus

Le « Bloc Occidental », c’est-à-dire les États-Unis, le Canada, les Nations Européennes (UE et hors UE), l’Australie, la Nouvelle Zélande, et leur bras armée connu sous le sigle OTAN,  tous ces pays proclamant sans cesse être la « Communauté Internationale », qui avec leur auto-compréhension de "civilisation supérieure" croient réellement être les maîtres du Monde, être ceux qui puissent promulguer la « Loi » qui est seule valable, et que le reste du Monde se doit d’accepter, tous ces pays ne sont plus des démocraties : les branches gouvernementales, les institutions étatiques, les médias sont les serviteurs fidèles de l’Oligarchie dominante.

La classe politiques et ceux habituellement nommés les « Elites », qui en plus d’être des ploutocrates, ne sont en faits que des receveurs d’ordres aux ordres d’organes comme le WEF, Vanguard, BlackRock et autres du genre, aspirant à la domination globale.

Le Monde et l’Humanité sont en grands danger, à grands pas nous marchons vers des régimes à tendance clairement fasciste.

Les rois sont presque nus, leur seul vêtement reste une feuille de vigne nommée Démocratie.


***


Aux USA la crise de "Wokisme Aiguë" prends de l'ampleur. Comme quoi la stupidité est vraiment sans limite. 

U.S. Will Rename660 Mountains, Rivers and More to Remove Racist Word

A task force is identifying new names for sites on federal land that bear a derogatory term referring to Indigenous women

Nora McGreevy / Daily Correspondent / March 28, 2022


***

ET ce n'est pas seulement le wokisme qui fait des ravages... les nouvelles du jours me remplissent de joies et de bonheurs. Il semblerait que le Tsar de toutes les Russies a ou va annoncer, apparemment, un rouble adossé à l'or ou lié à l'or.

Si cela était le cas je vois déjà les gouvernants occidentaux avaler leur brosse à dents… affaire à suivre.

 

The Western World Has Had Its Run

March 29, 2022

Paul Craig Roberts

Lots of startling changes yesterday.  Russia announced, apparently, a gold-backed or gold-related ruble.  I haven’t had time to think about all the implications.  Information is hard to come by, because the US blocks Russian news in order to control the Ukraine narrative and war propaganda.  The Bretton Woods system collapsed when the West seized Russian central bank reserves, and it seems that the gold ruble adds to the end of the US dollar as world reserve currency under Bretton Woods.  The implications could be vast, and the Washington idiots might very well wish they had left the Russians alone.  I told them over and over that Russia had had enough of them, but the arrogant idiots didn’t listen.  The sanctions, it seems, have brought about regime change in the West, reducing its power and influence.

Another big development is that apparently Ukraine has agreed to be a neutral country, no NATO, no foreign bases, no nuclear weapons, and accepts eastern Ukraine gong its own way.  We will see if US puppet Zelensky is permitted to sign what Ukraine has agreed.  Meanwhile, Russia has stopped its assault on Kiev, and is focused on clearing the remaining Nazi militias out of the Donbass region.  I think the low-intelligence governments in Poland and Romania will get the message, and the US missile bases in those countries will be closed before too long.

These are major developments with many large implications.  The World Economic Forum’s “reset” has likely been replaced by a Russian-Chinese reset.

The US ran on arrogance for so long that it has hollowed itself out.  The Western world’s fate is unclear.  It seems no one in intellectual, business, or political leadership positions believes in freedom and civil liberty.  The US certainly is busy at work cancelling itself:  https://www.smithsonianmag.com/smart-news/more-than-600-places-in-the-us-will-remove-racist-slur-from-their-names-180979733/?utm_source=smithsoniandaily&utm_medium=email&utm_campaign=20220328-daily-responsive&spMailingID=46610751&spUserID=NzQwNDU0NzQ5NDMS1&spJobID=2203110357&spReportId=MjIwMzExMDM1NwS2

Present generations of Americans will not recognize their country.  Rivers, mountains, streets, schools, public spaces, even towns  are losing their names and acquiring new politically correct names.  Normally, this is what outside conquerors do to a country, but we are doing it to ourselves.  A country that destroys its own monuments and history is lost.

 My conclusion is that the days of the West are over.  The West is drowning in accumulated mistakes and degeneracy.  The moral fiber in the leadership ranks is gone.






Friday, April 26, 2019

La République des Imbéciles


Le Parlement, c’est-à-dire le Sénat, dit « chambre haute » et l’Assemblée nationale, dite « chambre basse », les Ministères et bien sûr la Présidences sont le décor de la grande Comédie qui, depuis 1789, quand elle a eu sa « Première », est jouée sous nos yeux et pour nos yeux. Dans cette Comédie les acteurs sont nombreux : les Députées et les Sénateurs, les Président de la République, les Ministres, les partis politiques, ainsi qu’une nuée de bon monde se pressant autour de la ruche bourdonnante et se prenants pour plus important qu’ils ne le sont, nous gouvernent. Enfin, c’est ce qu’ils nous disent !
La République, la Démocratie, la Liberté, l’Égalité, toutes ces belles choses qui font la Qualité de notre vie, du moins c’est ce que l’on nous fait comprendre, sont les fruits de la Révolution… ou peut être seulement des leurres ; des leurres nés de l’incapacité des personnages ayant « fait » la Révolution d’imaginer que le Peuple ne voulait pas la tête du Roi sur un pique.
Ou bien ce pourrait-il que la bourgeoisie révolutionnaire ait eut d’autres objectifs, des objectifs plus lucratifs, que de faire ce que le Peuple désirait ?
Serait-il possible, qu’une fois de plus le Peuple à été trompé ?

En 1887, Gabriel Prévost, le futur auteur de « L’angoisse de nos temps (1896) » et du « Bonheur comme phénomène social (1907) », publia un opuscule mi-pamphlet et mi-essai, « La République des imbéciles, par un futur ministre » dans lequel il dénonçait la « loi du nombre » qui, érigée en garante de la démocratie, opprime en réalité le Peuple qu’elle prétend libérer et dont elle flatte l’apparence de souveraineté.


Avertissement !
Le texte étant écrit en 1887 il n’a pas de rapport direct avec la situation actuelle.
Enfin presque pas… à part peut être que les « Imbéciles » sont encore toujours au pouvoir !
Lisez !
Cela en vaut la peine !

***


LA REPUBLIQUE DES IMBECILES
PAR
UN FUTUR MINISTRE


PARIS

LIBRAIRIE GÉNÉRALE L. SAUVAITRE
72, BOULEVARD HAUSSMANN, 72
1887

***
PARIS
IMPRIMERIE DE G. BALITOUT ET C°
7, rue Baillif, et rue de Valois, 18






UN MOT AVANT


— Futur ministre ?... Vous vous flattez.

— Y a-t-il vraiment de quoi ? Si nul ne peut affirmer qu'il le sera, personne ne peut jurer qu'il ne le sera pas. Au train dont vont les choses, il faut de la déveine pour ne pas voir sortir un jour sa nuance. Dix ministères existent aujourd'hui. On en créera peut-être douze. Mettons dix. En quinze ans, avec un changement de ministère par an, en moyenne, on a un total de cent cinquante ministres ; et quinze ans ne sont pas la vie d'un homme.

Est-ce à dire que, depuis quinze ans, on a vu se succéder autant de génies que de ministres ? L'assertion serait hasardée, n'est-ce pas ? Nous en avons vu d'illustres, qui n'ont pas eu le temps de justifier de leur célébrité ; de médiocres, qui ont constitué des cabinets incolores ; d'incapables, qui sont restés assez de temps pour faire des sottises.

Mettez-moi, à votre choix, dans une des deux dernières catégories, en notant, toutefois, que j'ai l'immense avantage de ne pas avoir été essayé.

Je constate un mal et je propose un remède, seule excuse pour se permettre la critique. Mais pour établir une réforme, il faut un moyen d'agir. A ce point de vue, la qualité de futur ministre me paraît à peine suffisante. On est ministre, en nos temps, comme ces voyageurs des pics alpestres, qui s'attachent les uns aux autres, pour ne pas tomber dans les abîmes. Cette solidarité, efficace pour repêcher les défaillants, est gênante au possible pour ceux qui veulent marcher à part.

— Président du Conseil alors ? Comme vous y allez !

— Est-ce si enviable ? Le poste m'inquiéterait plus qu'il ne me tente, par les difficultés qu'on y éprouve à y mettre en pratique les vérités qu'on a émises. Les plus audacieux y laissent leur audace, et se contentent de se cramponner à la Corse.

Somme toute, le titre de futur ministre n'engage pas à grand’ chose. Il donne seulement prétexte à attirer l'attention sur les idées qu'on exprime.

Or, ce qui suit est un cri de franchise, comme il est quelquefois utile d'en jeter, quand on aime sincèrement son pays.

En m'abstenant de signer, je livre les idées à la discussion sans influencer d'aucune sorte le jugement qu'on en portera, en bien ou en mal.

On fait œuvre égoïste en attirant le tapage sur ses idées ; on fait œuvre utile, en livrant à la discussion, même des utopies.

***


LA RÉPUBLIQUE DES IMBECILES

UN MOT AVANT
— Futur ministre ?... Vous vous flattez.
— Y a-t-il vraiment de quoi ? Si nul ne peut affirmer qu'il le sera, personne ne peut jurer qu'il ne le sera pas. Au train dont vont les choses, il faut de la déveine pour ne pas voir sortir un jour sa nuance. Dix ministères existent aujourd'hui. On en créera peut-être douze. Mettons dix. En quinze ans, avec un changement de ministère par an, en moyenne, on a un total de cent cinquante ministres ; et quinze ans ne sont pas la vie d'un homme.
Est-ce à dire que, depuis quinze ans, on a vu se succéder autant de génies que de ministres ? L'assertion serait hasardée, n'est-ce pas ? Nous en avons vu d'illustres, qui n'ont pas eu le temps de justifier de leur célébrité ; de médiocres, qui ont constitué des cabinets incolores ; d'incapables, qui sont restés assez de temps pour faire des sottises.
Mettez-moi, à votre choix, dans une des deux dernières catégories, en notant, toutefois, que j'ai l'immense avantage de ne pas avoir été essayé.
Je constate un mal et je propose un remède, seule excuse pour se permettre la critique. Mais pour établir une réforme, il faut un moyen d'agir. A ce point de vue, la qualité de futur ministre me paraît à peine suffisante. On est ministre, en nos temps, comme ces voyageurs des pics alpestres, qui s'attachent les uns aux autres, pour ne pas tomber dans les abîmes. Cette solidarité, efficace pour repêcher les défaillants, est gênante au possible pour ceux qui veulent marcher à part.
— Président du Conseil alors ? Comme vous y allez !
— Est-ce si enviable ? Le poste m'inquiéterait plus qu'il ne me tente, par les difficultés qu'on y éprouve à y mettre en pratique les vérités qu'on a émises. Les plus audacieux y laissent leur audace, et se contentent de se cramponner à la Corse.
Somme toute, le titre de futur ministre n'engage pas à grand’ chose. Il donne seulement prétexte à attirer l'attention sur les idées qu'on exprime.
Or, ce qui suit est un cri de franchise, comme il est quelquefois utile d'en jeter, quand on aime sincèrement son pays.
En m'abstenant de signer, je livre les idées à la discussion sans influencer d'aucune sorte le jugement qu'on en portera, en bien ou en mal.
On fait œuvre égoïste en attirant le tapage sur ses idées ; on fait œuvre utile, en livrant à la discussion, même des utopies.

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LA RÉPUBLIQUE DES IMBECILES
— « Nous sommes en République ! » -— Cette phrase répétée chaque matin, suffit pour combler d'aises une nuée de pauvres diables, qui se figurent naïvement que, puisqu'on est en République, le peuple va connaître des félicités jusqu'ici refusées à sa misère.
Avec quelle facilité, nous nous payons de mots ! République, Monarchie ne sont malheureusement que des mots, et de vieux mots, désignant d'assez vieilles choses. Le mot suffit. On nous prouverait, par les meilleurs arguments, qu'il y a des Monarchies qui sont des Républiques, et des Républiques qui sont des Monarchies ; on perdrait son temps. Demain, la République bâillonnerait toutes les libertés ; après-demain, la Monarchie les rendrait toutes ; on n'en serait pas moins convaincu qu'on était libre en République et qu'on est esclave en Monarchie. L'étiquette du sac passe avant la monture.
Au fond, il y a là un excellent sentiment qui rend la partie belle à tous les gouvernements désireux de se tirer d'affaire avec des apparences et des mots. Depuis un siècle, ils n'ont pas fait autre chose.
Il semblerait donc que, chez nous, établir une stabilité gouvernementale est le problème le plus facile à résoudre. Or, depuis 89, nous avons, en moins de cent ans, essayé et usé plus de Constitutions que tous les peuples de l'Europe, depuis le commencement de leur histoire : Monarchie légitime représentative, République, Convention, Directoire, Consulat, Empire, retour à la Monarchie légitime avec Parlement, Monarchie révolutionnaire, deuxième République, deuxième Empire, troisième République, etc.
Est-ce définitif cette fois ? d'aucuns le disent, sans le penser ; d'autres le pensent, sans en être bien sûrs.
La vérité est que, depuis cent ans, nous cherchons un gouvernement et que nous ne l'avons pas encore trouvé. Quand l'aurons-nous ? le jour où on aura sérieusement résolu le problème de l'organisation de la démocratie.
La Démocratie, organisée comme elle l'est est un abominable mensonge, sur lequel ne peut se greffer rien de sérieux ni de durable.
Jusqu'à 1789, il y a eu accord parfait entre l'Etat social et le régime politique établi. La noblesse réduite à un rôle de cour, le peuple qui ne comptait pas encore : tout s'absorbait dans la volonté d'un maître unique : « Si veut le roi ; si veut la loi. » On peut, suivant les points de vue, regretter ou haïr ce mécanisme peu compliqué. L'enfance et la jeunesse des peuples s'en contentent. En tout cas, il a connu peu d'opposition ; et la meilleure preuve de sa viabilité sont les douze siècles qu'il a vécu.
L'œuvre de la Révolution de 1789 a été fort mal comprise. Dire qu'elle a eu pour but de chasser à tout jamais les monarchies, en fondant la république, n'est bon à enseigner que par les instituteurs de village sollicitant les palmes académiques.
Son unique résultat, son résultat utile, a été uniquement le renversement de l'état social précédent. L'abbé Sieyès en avait conscience, en éditant sa fameuse sottise : « Le tiers état, qu'est-il ? Rien. —Que doit-il être ? Tout. » Pourquoi tout ? Uniquement parce que l'abbé Sieyès en était. On commençait déjà, comme on l'a fait depuis, à faire de la politique plus intéressée qu'intéressante.
La Révolution de 1789 n'a, en effet, rien fondé ; elle s'est bornée à détruire. Prévost-Paradol a eu parfaitement tort d'écrire en 1868 : « La Révolution française a fondé une société : elle cherche encore son gouvernement. » Si la Révolution française avait fondé une société, il y a beau temps que cette société eût trouvé son gouvernement, et nous n'en serions pas aujourd'hui à nous tenir, un pied en l'air, comme le génie de la Bastille, dans une position fort gênante pour l'équilibre.
Non, mille fois non, encore une fois, la Révolution française n'a rien fondé. Tous ses « immortels principes », bien étudiés, ne sont que des formules de négation.
L'un d'eux proclame : Tous les hommes sont libres. Traduisez qu'ils n'obéiront plus à leur seigneur et à leur curé. Mais de quelle façon seront-ils libres ?... Comment assurera-t-on leur liberté ?... De quelle façon fonctionnera-t-elle ? Pas un mot.
L'autre établit : Tous les hommes sont égaux. Traduisez que le seigneur n'aura pas plus de droits que son manant. Mais de quelle façon seront-ils égaux ?... Pas un mot.
Et en effet, pris naïvement au pied de la lettre, tous ces immortels principes ne seraient que de fastueuses inepties. Eh quoi ! Le sujet d'un despote, qui a trois cent mille livres de rente, n'est pas plus libre que le pauvre diable qui s'installe, tous les matins, au coin des rues, pour cirer des bottes. Les obstacles à la liberté nous enlacent, nous étreignent de toutes parts. Où commencé ma liberté ? où finit-elle ? La science même va jusqu'à nier notre libre arbitre !
Ces principes ont-ils été plus heureux du côté de l'égalité ? Toutes les républiques du monde n'empêcheront pas le gredin qui a fait fortune, de bénéficier d'un certain nombre de privilèges absolument refusés à celui qui est resté pauvre. Puis, il y a le talent, avec lequel il faut un peu compter. Il faut bien reconnaître un petit échelon de suprématie entre un savant illustre et un épicier électeur. — Je le vaux bien, s'écrie l’émanciper. — En quoi ? en poids ? en volume ?
Et ce qu'il y a de plus terrible, c'est que ni théories, ni moyens violents ne pourront jamais lutter contre des faits naturels que la science elle-même se borne à constater. Aller contre eux est aussi fou que de vouloir arriver par des raisonnements à arrêter la gravitation universelle. Liberté et égalité sont des négations, sous peine de ne rien signifier du tout.
Mais si la Révolution française avait fondé quelque chose, est-ce que, neuf ans après la mort de Louis XVI, la France aurait pu tomber sous la monocratie d'un Napoléon, despote plus absolu que tous les rois précédents ? Est-ce qu'aujourd'hui encore, après cent ans bientôt) nous nous trouverions dans un tel état d'instabilité qu'on se sent à la merci du premier intrigant qui saurait oser ? Est-ce qu'on éditerait toutes les folies qu'on édite, en vue de compléter une œuvre qui n'est même pas commencée ?
Nous avons, depuis 1789, des étiquettes, des emblèmes, des mots. Nous allons de provisoire en provisoire, d'expédients en expédients. Nous nous estimons heureux quand nous voyons dix-neuf ans s'écouler sans guerre civile ; mais de gouvernement, nous n'en avons pas l'ombre.
A défaut de gouvernement — nous définirons ce mot tout à l'heure — la France marche à grands pas, et sûrement, vers un cataclysme, que tout le monde pressent. Elle s'affaisse lentement comme un corps privé de vie. C'est pis que la décadence ; c'est l'effritement où s'anéantiront sa grandeur, son génie, sa richesse et peut-être son nom.
L'absence de gouvernement (ou d'état politique en accord avec l'état social) est nécessairement un régime précaire, entraînant avec lui toutes les conséquences fatales de la précarité.
La vie est suspendue. Toutes les crises sur lesquelles on s'amuse à faire des enquêtes, n'ont pas d'autres causes. L'arrêt du cœur, qui interrompt la circulation, engendre ce qu'on appelle les crises industrielles, agricoles, financières, commerciales. Qu'on nous cite donc un seul élément de la vie nationale qui ne soit pas en état de crise.
Un résultat contraire serait encore plus surprenant. Et, en effet, les conditions d'existence dans lesquelles se trouvent aujourd'hui les nations européennes, demandent, bien plus encore que jadis, la certitude et la garantie du lendemain, qui nous font totalement défaut.
La richesse est le produit de la circulation des valeurs ; mais, pour qu'il y ait circulation, il faut la confiance bien assise que, pendant vingt, trente ou quarante ans, aucun bouleversement politique ou social n'entraînera la diminution ou la perte totale de ces valeurs ! Or, qui répond aujourd'hui, non seulement de vingt ans, mais de dix ans, mais de cinq ?
Et l'on vient nous dire que la Révolution a trouvé sa consécration définitive dans la forme de gouvernement qui nous régit ! Allons donc !
Etant donné le point de notre histoire auquel nous sommes parvenus, est-il possible d'asseoir un gouvernement ? Nous le croyons. Mais, avant de le démontrer, il est nécessaire de bien connaître la maladie qui nous mine.
La France se meurt du despotisme le plus terrible dont puisse souffrir un peuple, la mauvaise organisation du gouvernement de tous par tous, autrement dit la fausse application de la loi du nombre.
La chute de l'ancien régime à enlever à l'autorité sa base dans l'autorité d'un seul homme. De là à chercher une nouvelle base dans le consentement de tous ou le suffrage universel, il n'y avait plus qu'une question d'étapes à parcourir. C'est chose faite chez nous.
Nous ne parlerons pas des pays étrangers, fort mal jugés, en général, où le courant est plus lent ou mieux endigué. Tous nos hommes d'État, un peu perspicaces, n'ont pas été longs à deviner l'avènement de la démocratie. Napoléon la préparait, lui-même, en faisant des princes avec des postillons, et Louis-Philippe, en essayant du suffrage restreint, à supposer qu'il eût fondé une dynastie, n'aurait pu empêcher ses descendants d'être aux prises avec le suffrage universel, sinon tel qu'il existe aujourd'hui, au moins avec son principe comme base de gouvernement.
Il faut, pourtant, avoir le courage de le dire, aucun gouvernement, pas même la République, n'est possible avec le suffrage universel tel qu'il se pratique aujourd'hui et que nous appelons, pour plus de rapidité, la loi du nombre. Cette loi du nombre, qui n'est pas d'hier, a été le signal de l'agonie des nations, et cette vieille machine des temps passés est un fléau pour le peuple lui-même, qui n'imagine pas le leurre et le danger de l'arme qu'on lui a mise entre les mains.
Pour mieux accentuer la dérision du rôle qu'on lui fait jouer, on l'intitule le Peuple Souverain. Acceptons un instant cette dénomination, qui n'a rien de républicain, et voyons en quoi consiste cette Souveraineté.
Elle consiste précisément, pour la collectivité régnante, à en faire un usage d'un jour, tous les quatre ou cinq ans, au moyen de morceaux de papiers déposés dans une urne, et à l'abdiquer ainsi périodiquement, entre les mains de mandataires, qui, une fois élus, deviennent des maîtres.
Rions-en un peu, la comédie est bouffonne.
Des fruits secs de toutes les carrières, des avortons de tous les métiers se promènent pendant un mois, de clubs en meetings, faisant outrageusement leur propre éloge, avec l'impudence de pitres à la foire. Tous ces Chaloupet, tous ces Duflambart et autres célébrités nationales, que Gambetta appelait des sous-vétérinaires, pour ne pas leur donner leur vrai nom : — Des ratés, — abandonnent presque toujours un cabinet d'avocat où il ne venait personne, un cabinet de consultation où ils ne traitaient pas un rhume, un comptoir sans clients, une caisse sans capitaux. Incapables de faire de bons clercs de notaires, ils se jugent dignes d'être élus députés, c'est-à-dire, comme le disait devant nous un député républicain, de devenir un des cinq ou six cents rois qui dirigent le pays.
Singuliers rois, mais enfin ! le poste est enviable, à en juger par les efforts qu'ils mettent à l'obtenir. Une fois nommés, ils ne se gênent guère pour repousser du pied tous ces tas d'électeurs qui les ont hissés sur le pavois !
Aussi, pour employer des noms en rapport avec ces vieilleries, Brutus promet à ses électeurs le pain à discrétion ; mais Cincinnatus s'engage à fournir les faisans truffés et les gâteaux. Gracchus demande la participation de l'ouvrier au capital ; mais Cinna s'offre pour anéantir le capital et le bourgeois par-dessus le marché. Scipion s'inscrit pour la séparation de l'Église et de l'État ; mais Glabrion, moins clérical, exige la transformation des églises en lupanars. Icinius veut la réforme des lois criminelles, mais Virginion met dans son programme l'abolition des délits politiques, avec récompense aux délinquants. Tribonien se déclare partisan de la magistrature élective ; mais Pomponius, moins réactionnaire, veut le remplacement des magistrats par les détenus.
Assaut de bourdes, qui n'engagent à rien. Le tour est joué.
Le plus blagueur l'emporte. Il lui est permis d'ignorer jusqu'à l'orthographe. Nous connaissons un pur de cette force.
Et après ?
Après, on attendra quatre ans pour nommer un autre pur, encore plus pur, qui, certainement cette fois, réalisera le progrès qu'on attend toujours et qui n'arrive jamais !
Pour l'instant, le candidat est élu. Que fera-t-il de ses promesses ? Ce qu'on fait d'un tremplin, quand on a sauté. On l'éloigné. Tous les Pomponius, Glabrion et compagnie savent bien comment on s'allège du fardeau des engagements. Chaque député a six cents camarades pour en partager le poids. Qu'il soit sincère ou non, la comédie sera la même. Rien ne coûte de lancer une proposition ; si elle est acceptable, elle passera par la force des choses ; si elle ne l'est pas, il aura conquis, en la lançant, la popularité, et de Belleville à Ménilmontant, on s'écrira : — Comme il a bien parlé !
Après tout, notre peuple athénien n'en demande peut, être pas davantage. On serait souvent tenté de croire qu'il en est de ses votes comme des fusées de feu d'artifice. Que la fusée porte haut, qu'elle fasse beaucoup de bruit en éclatant, il est content et il applaudit.
Que diable peut bien faire un homme avec le mandat indéfini et le plein pouvoir que lui confère le souverain in partibus !
Donnez-lui le génie de Newton, l'énergie de Bonaparte, la science de Pic de la Mirandole, l'honnêteté de Washington ; supposez-le universel et supérieur dans toutes les connaissances humaines ; dégagez-le par surcroît de toutes les passions personnelles ; c'est à peiné s'il sera à la hauteur du mandat général dont il est tenu de s'acquitter. Et voilà un monsieur quelconque, qui hier encore, était droguiste médiocre, photographe incompris, médecin sans malade, avocat sans client, ingénieur sans travaux, non-valeur de la société, échoué de la vie, qui devra faire des lois sur: les finances, l'agriculture, le commerce, l'instruction, l'armée, la marine, les chemins, de fer, la navigation, la propriété, la famille, la justice, la presse, la magistrature, les relations avec l'étranger, toutes choses résumant l'existence d'un peuple, auxquelles il n'entend rien ! Et l'on suppose que cet homme politique, qui n'est bon à rien, est bon pour conduire un peuple ! Et l'on s'imagine que la réunion de toutes ces nullités feront connaître aux électeurs des jours meilleurs que ceux de la monarchie ! Mais à Bicêtre ou à Charenton, on ne raisonnerait pas autrement !
L'élu s'est présenté pour la droite ou pour la gauche, Peu importe. Dans le premier cas, il a dit à ses électeurs que la République allait mal, dans le second, il a affirmé que la monarchie irait mieux. A-t-on seulement demandé à ces aimables pitres quels moyens ils emploieraient pour réaliser leur programme ? On s'en est gardé ; et heureusement ; leur embarras eût été atroce.
Le peuple peut bien s'amuser à tourner, pendant des milliers d'années, dans ce cercle aussi vicieux que récréatif ; il s'apercevra, trop tard, que la loi du nombre est encore le plus sûr expédient pour l'enfermer dans une cage d'écureuil, où il agit des jambes pour faire tourner sur place une roue dont l'axe est immobile.
Il est vrai que, par compensation, on lui fait accroire que la loi du nombre est le rempart de sa République
Admettons un instant, à cet égard, des événements possibles, sinon probables :
La République, qui a bien promis de n'attaquer personne, n'a pu jurer qu'elle ne serait pas attaquée. Un pays voisin nous déclare la guerre. Le général Grandsabre, après plusieurs victoires, est nommé général en chef de l'armée du Rhin. De succès en succès, il va signer à Berlin, au nom de la France, le traité qui nous rend l'Alsace et la Lorraine.
Aucune, force humaine n'empêchera un grand courant d'opinions de se manifester en faveur du général Grandsabre. L'honorable et vénéré citoyen Crapulot, à ce moment président de la République, aura beau faire appel aux « immortels principes » et frapper comme un Aristide le général victorieux ; quatre-vingt-cinq départements le porteront au Corps Législatif.
Encouragé par un pareil appui, Grandsabre sollicitera du suffrage universel la dictature ou la couronne, à son choix. Il l'aura. Ne criez pas à l'invraisemblance. Il n'y a pas dix-sept ans que le suffrage universel était monarchiste.
D'aucuns s'écrieront : — La voilà, la solution ! vive Grandsabre Ier ; et que ce soit fini, cette fois.
Malheureusement non ; rien ne serait fini. Le même suffrage universel qui aurait acclamé Grandsabre, recommencerait cinq ans après (ne serait-ce que pour se distraire) à lui envoyer à la Chambre des Chaloupet et des Duflambard, qui l'entameraient petit à petit. Dix ans après, ou il nous ramènerait à l'an 500 de notre histoire, ou il serait flanqué à la porte au profit d'une quatrième République. Et ce serait comme cela jusqu'à la consommation des siècles !
Nous avons vu récemment, dans l'établissement du scrutin de liste, un de ces beaux effets de la loi du nombre et de sa docilité à être menée par des mots.
Si une Chambre monarchique s'était avisée d'inventer ce croc-en-jambe, on se serait levé en masse d'un bout à l'autre de Paris. C'est la République qui faisait le cadeau ; ce sont les mandataires du peuple souverain qui installaient une nouvelle méthode pour lui faire dire oui ou non à volonté. Il a laissé faire. Il ne s'est pas enquis, un seul instant, si ce nouveau système, destiné à mieux mener le peuple souverain, était parfaitement respectueux de sa souveraineté. Donné par la République, le scrutin de liste ne pouvait être qu'un présent aimable. Au fond, il s'agissait de forcer le suffrage universel à jouer de nouveaux motifs. L'instrument a joué la Carmagnole et Vive Henri IV ! Qui sait si, demain, on ne lui fera pas jouer un cantique !...
La scène suivante suffira pour rendre notre pensée plus claire, relativement au scrutin de liste.
M. de Bois-Blanc, premier ministre de S. M. Fanfreluche XXII, mande à son cabinet le préfet d'un département.
— Eh bien ! monsieur le Préfet, où en sommes-nous pour les élections ?
. — La liste est dressée. Pas un nom hostile au Gouvernement.
Faute énorme, monsieur le Préfet : vous n'êtes pas sans avoir dans le département des personnalités opposantes.
~ — Hélas ! oui. Monsieur Bambochard, fils du concierge de la loge maçonnique, s'est fait un parti, en donnant des consultations médicales gratuites.
— Vous le mettrez sur notre liste.
— Vous n'y songez pas, monsieur le Ministre ; il a juré d'étrangler le dernier roi avec les boyaux du dernier des prêtres.
— Raison de plus. D'abord, on n'a pas toujours un de ces boyaux sous la main, et puis... vous connaissez mal le suffrage universel. Bambochard, une fois porté sur notre liste, est tué. Suivez-moi bien :
Le seul fait d'être porté sur notre liste va le rendre suspect à tous les « purs » du département. Il se peut qu'il proteste avec indignation contre son inscription. Il n'en restera pas moins acquis que nous l'acceptons. Nous supposons ici le cas le plus défavorable, le cas d'un Brutus incorruptible. (Ils sont fort rares:) Il reste sur notre liste et passe. Alors, c'est autre chose. Il est, sur la liste, comme un est à huit. Que, dans tous les départements, l'opposition soit dans la même proportion, la Chambre entière sera mathématiquement composée de sept adhérents contre un opposant. Nous avons une Chambre idéale, où la minorité servira de tête de turc pour essayer la force des ministres. Il n'y a pas de bonne Chambre sans cette tête de turc.
On objectera le récent scrutin où les ministres dirigeants n'ont rien dirigé du tout.
Mais non ; le meilleur instrument est mauvais, quand il est mal joué. N'ont-ils pas fait, les maladroits, des élections de combat ? Au lieu d'anéantir les opposants par une incorporation savante, ne se sont-ils pas simplement mis en lutte avec eux, en leur laissant l'intégralité de leurs forces. Spartacus de 85, vous auriez vu comment Gambetta se fût servi du scrutin de liste, et quels mamelouks il en eût fait sortir.
Pourtant, scrutin de liste, scrutin d'arrondissement diffèrent peu quant à leurs résultats définitifs. Il s'agit toujours de nommer des hommes pour une antique plaisanterie, toujours la même, parler pour ne rien dire et s'agiter pour ne rien faire.
On ne saurait trop s'étonner de ce fonctionnement de la loi du nombre, où des gens qui ne savent pas ce qu'ils veulent, s'adressent à d'autres gens pour voir s'ils le sauront mieux qu'eux.
Ce peuple qui a des intérêts, des besoins précis, qui aurait tout à gagner à s'occuper de l'amélioration matérielle de ses affaires, se laisse, ici et là, catéchiser par deux ou trois commissionnaires en élection, qui détournent son attention sur les questions oiseuses, dont la solution, supposée possible, ne lui donnerait pas un morceau de pain à mettre en plus sous sa dent.
Ces farceurs ambitieux lui démontrent qu'il est très malheureux, démonstration facile, qui n'engage à rien. Cela fait, l'un lui affirme que c'est la faute au Sénat, l'autre que c'est la faute aux prêtres. Admettons le Sénat expulsé et les prêtres pendus.
Et après ? où sera le morceau de pain ?
Les électeurs ont fait de la politique, ce qui ne sert pas à grand-chose, et ils ont donné des mandats politiques, Ce qui ne sert à rien.
Eh parbleu ! soyez tranquille ; ils vous en feront de la politique, vos mandataires ; ils vous en feront tant que vous voudrez, plus que vous n'en voudrez.
' Ont-ils tort ? Pourquoi les blâmer ?
Après, tous vos élus fraternisent à la buvette de la Chambre, et les moyens ne leur manquent pas pour se débarrasser des solutions gênantes ; « Nomination d'enquête » pour constater, dans un rapport officiel, que la lune est toujours à sa place ; « renvoi aux commissions » autrement dit aux calendes grecques ; « prises en considération, » ils ne disent pas si c'est une considération Distinguée ; etc., etc., tout autant d'échappatoires pour payer les mandants en monnaie de singe. Et après ?
Les électeurs sont contents : ils sont en République !
Tout le monde est content, même les députés. Ce n'est pas que le mandat soit rétribué d'une façon énorme, bien qu'on en puisse vivre largement. Mais il y a les petits bénéfices qui sont considérables.
Un député ne discontinue pas d'être « honorable » vis-à-vis la loi et de ses électeurs, en spéculant à la Bourse, sur les nouvelles qu'on cache au vulgaire ; idem, s'il vend le patronage de son nom à une compagnie financière ou industrielle. Idem, s'il a crédit chez un agent de change, pour profiter d'une baisse qu'un de ses votes a fait naître. Le bénéficiaire de la loi du nombre a, comme les curés, le fixe et le casuel.
Il est donc naturel qu'il tienne à sa place et ne voie pas approcher, sans terreur, le moment de comparaître à nouveau devant son souverain, le peuple, qui a, parfois, ses caprices, comme tous les souverains.
Nos grands-pères de 89 - pas si bêtes - avaient décidé qu'aucun député d'une législature ne pourrait faire partie de celle qui la suivrait. La loi du nombre est plus... libérale. La réélection n'a pas de limites. Certains départements, bien endoctrinés, renomment les mêmes députes depuis la guerre de 70. Ils les renommeront sans s'occuper des événements, tant qu'il plaira à ces favoris d'être... nommés.
C'est l'exception enviée et enviable. Le plus grand nombre est inquiet devant la fatale question toujours suspendue sur sa tête : être ou ne pas être... réélu.
Soumis à la même incertitude menaçante, tous ces honorables se raccommodent à la buvette et se passent réciproquement la rhubarbe et le séné. Avant tout, chacun veut être réélu.
Alors se créent (avec l'argent des électeurs, cela va de soi), ces grandes et petites sinécures qui vident les caisses de l'Etat, au profit des commis-voyageurs électoraux : à toi, une recette ; à toi, de l'argent de poche ; à toi, une inspection des courants d'air... Une nuée de Robert-Macaires viennent mettre, à tout instant, le pistolet de la non-réélection sous la gorge du député, qui ne s'en tire pas toujours avec des bureaux de tabac ou des kilomètres de rubans rouges, verts, jaunes ou violets.
Notez qu'ils sont 584 pour cette besogne patriotique ; et l'on s'étonne, un beau jour, que l'Etat n'ait plus le sou !
Malheureusement, les sottises d'en haut, pareilles aux nuages, finissent toujours par se résoudre en pluie sur la tête de ceux qui sont en bas.
Les affaires, le travail, - pour mieux dire, le bien-être du plus grand nombre, se ressentent des dilapidations d'en haut. Dans la santé d'un Etat, comme dans celle d'un individu, tous les organes sont placés sous une étroite dépendance.
Chez nous, le cœur est atteint par l'arrêt de la circulation de l'argent. L'argent se cache ; l'argent a peur. Qu'il ait tort ou raison ; aucun moyen violent ne peut le déterminer à se montrer. Nos politiciens oseraient demain quelque attentat contre la fortune privée, qu'après-demain, nous aurions les assignats, et dans un mois, la banqueroute. L'argent aurait filé à l'étranger ou se cacherait davantage.
Qui donc, si ce n'est l'ouvrier, pâtirait le plus de la confiance perdue ?
On oublie trop le mot célèbre : « Faites-nous de bonne politique ; je vous ferai de bonnes finances ».
Mais nous répéterons à satiété qu'aucune politique n'est possible avec une démocratie mal organisée. Si nous laissons cette loi du nombre fonctionner comme un despotisme aveugle, nous arriverons à un état de crises permanentes où nous perdrons le peu qui nous reste de virilité et de force. Nous irons de la démagogie à César, de César à un roi, de ce roi à un dictateur, de ce dictateur à des intermèdes de République ; mais nous n'aurons jamais que des régimes de fait, qui sont la mort de la liberté et le signal de la fin d'un peuple.
La loi du nombre est à modifier en ce qui touche aux mandataires et en ce qui touche aux mandants.
Pourquoi, d'abord, donner aux élus un mandat général et vague, dont le tort est de se résoudre en tournois stériles ?
La Chambre actuelle compte 584 députés, qui, collectivement et individuellement, sont sans programme. Nous n'appellerons pas programme les deux ou trois phrases creuses qui ont servi de base à leur élection. Admettons que telle ou telle fraction obtienne des suffrages de la Chambre, l'adhésion aux idées qu'elle représente, en serons-nous plus avancés ? Aurons-nous fait un pas vers la stabilité gouvernementale ou l'amélioration des affaires ? Eh ! non. Peut-être au contraire.
Nos mandataires bavardent, discutent. Sans s'en douter, ils donneraient presque raison aux anarchistes, qui les suppriment théoriquement. Leur besogne actuelle est tellement stérile qu'on est soulagé par leur absence et qu'on ne s'apercevrait pas de leur disparition.
Tous les Français devraient être tenus, à titre d'instruction gratuite et obligatoire, d'assister, chacun à leur tour, à une séance de la Chambre. Ils en reviendraient corrigés de leur amour pour la loi du nombre.
Nous ne parlons pas des congés ou absences qui mettent, à tous moments, les délibérants en insuffisance. Nous supposons tous les mandataires zélés, consciencieux et présents.
Vienne sur le tapis une question d'intérêt matériel dont le contre-coup se fera sentir sur la fortune publique : traités de commerce, emprunts de cité, communications à établir ; un vote par assis et levé en fait justice. L'affaire est réglée en un clin d'œil.
Mais vienne une question qui mette en jeu des passions politiques, aussi palpitante, par exemple, qu'une interpellation à la Chambre à propos d'un rabbin juif qui a refusé de circoncire le fils d'un concierge dont le père est libre-penseur ; en avant les phrases à effets et les épithètes heureuses : — Voleurs, menteurs, assassins, calotins. Et les discours de marcher, et les répliques !...
La jolie besogne !...
Après, il reste huit jours pour voter un budget en déficit ; et il est probable qu'on attendra longtemps avant que le susdit budget verse le torrent de ses économies sur les électeurs en détresse.
Avouons-le donc une bonne fois, le parlementarisme, tel que nous le pratiquons encore, est une vieille routine qui n'a plus sa raison d'être. Inventée pour faire contrepoids à l'autorité royale, il s'expliquait sous la monarchie, où un discours reproduit par la presse, faisait hésiter le monarque devant une mesure arbitraire. Mais, en république, c'est le maintien des diligences après l'établissement des chemins de fer. C'est une mystification et une absurdité. Toutes ces parades oratoires, démodées et surannées, ne servent même plus la popularité des discoureurs.
Ils font de la politique. Qu'est-ce donc que la politique ? Recourons au dictionnaire : « La politique est la science du gouvernement.
Mais le gouvernement est-il un but ou un moyen ? Gouverne-t-on pour gouverner ?
On comprendrait, à la rigueur, l'art pour l'art ; mais le gouvernement pour le gouvernement, c'est idiot. Le pilote qui gouverne un bateau, part d'une station pour arriver à une autre. D'où partent et où nous mènent nos gouvernants ? Posez-leur la question. Vous pouvez être certain qu'ils ne le savent pas eux-mêmes.
Comme l'ont fait les régimes qui les ont précédés depuis 89, ils vivent au jour le jour, fort inquiets, parfois, de la marche d'un train, prêt à dérailler du haut d'un viaduc.
En attendant, ils s'enrichissent.
Étant donné un gouvernement basé sur la démocratie, le but à atteindre n'a, cependant, rien de nuageux.
Il s'agit de donner à tous, dans la mesure du possible, le moyen pratique d'arriver au mieux. Or, le parlementarisme actuel, avec son mandat général et mal défini, est le plus grand obstacle qu'on puisse opposer à ce but.
Faut-il en déduire la condamnation du suffrage universel ? S'il en était ainsi, nous serions perdus, car détruire le suffrage universel, c'est détruire la démocratie, et vouloir, en 1885, détruire la démocratie est une tâche aussi folle que de vouloir nous ramener aux armets du moyen âge.
Le suffrage universel doit rester. Son fonctionnement, seul doit changer. Le mandat doit être spécialisé, tant au point de vue du mandataire qu'au point de vue du mandant. En un mot, à la représentation collective et vague, il faut substituer la représentation précise des intérêts, réunis par groupes, et avoir une Chambre subdivisée en autant de Chambres que le comportent ces intérêts groupés.
A ceux qui se récrieraient de prime abord sur l'impossibilité de cette solution, nous répondrons par l'organisation même du conseil d'État, créé pour élaborer la loi, où la division en sections n'empêche pas l'unité de fonctionnement, et où certaines affaires sont traitées par telle ou telle section et telle ou telle chambre, tandis que d'autres sont soumises à toutes les sections et à toutes les chambres réunies. Nous pourrions ajouter la Cour des comptes et la Cour de cassation, où le même fractionnement existe, dans l'intérêt de la compétence des juges et de la rapidité des décisions.
Avec un maximum de douze groupes, il serait facile d'embrasser toute la vitalité du pays : travail manuel — travail intellectuel — industrie — commerce — finances — circulation sur terre ou sur mer — défense du territoire (guerre et marine) — instruction publique et cultes.
Au lieu de formuler eux-mêmes un programme plus ou moins alléchant, les élus de chaque groupe recevraient de leurs commettants la formule nette et détaillée des vœux et des intérêts de ces groupes. Les vingt ou trente membres investis de ce mandat auraient à suivre une route toute tracée, et pourraient alors, sans danger de divagations, rester en rapport constant avec leurs électeurs, pour toutes les communications utiles, propositions et pétitions. Le dernier but de leurs travaux serait l'établissement du budget spécial de leur groupe.
Avec un domaine en apparence plus restreint, leur tâche serait plus rude, mais, sûrement, elle ne serait pas perdue. Sans comparaison avec l'état actuel, les mandataires gagneraient leur argent. Serait-ce donc un grand mal que les farceurs soient remplacés par des hommes d'affaires, les bavards, par des hommes pratiques ?
Le mois de décembre de chaque année serait consacré à la discussion du budget.
Quand nous serons allégés de nos Robert-Macaires, cette discussion reprendra sa véritable importance. Pour les Etats comme pour les individus, tout se résume dans cette question : « Quel argent aurons-nous à dépenser ? » Vous faites des projets, vous avez les meilleures intentions du monde ; tout vient aboutir à la question des ressources disponibles.
Avec la subdivision par groupes, on ne marcherait plus à tâtons. En effet, chaque Chambre spéciale a passé l'année à élaborer le budget de son groupe. Le président et es secrétaires de cette chambre apportent à la réunion Hénière, composée des présidents et secrétaires des autres chambres, un travail complet basé sur la somme totale à répartir. Les discussions sont closes. Il ne reste plus qu'à réduire les chiffres partiels, de telle sorte que leur total ne dépasse pas les ressources budgétaires. Plus de virements, plus de valeurs factices. L'emploi des sommes votées devrait être, lui-même, spécialisé. Chaque ministre, simple distributeur des sommes afférentes à son groupe, ne serait pas libre, comme aujourd'hui, de faire des virements de crédit, et de reporter sur tel ou tel article les sommes votées pour tel autre. Il serait responsable, devant la chambre de son groupe, de toute désaffectation de crédit. Plus de fonds secrets, enfin. A la bouteille à l'encre se trouverait substituée une carafe d'eau de roche, où les électeurs verraient clair.
— Mais, va-t-on s'écrier, ce système est le retour aux corporations abolies ; c'est le rétablissement des castes. L'objection serait de mauvaise foi, car on ne choisissait pas sa corporation, ni sa caste, et l'électeur sera absolument libre dans le choix du groupe où il voudra voter.
Voulez-vous, contre toute vraisemblance, prendre le cas où l'électeur sera, tout à la fois, ingénieur, banquier et musicien. L'hypothèse est absurde. N'importe.
Il est sûr qu'il y a une de ces trois professions qui le fait vivre, à l'exclusion des autres. Ce sera donc celle-là qui le déterminera dans le choix de son groupe ; mais alors il apportera dans ce choix les deux qualités qui rendront son vote utile, tant pour lui que pour ses cointéressés : 1° la capacité, 2° l'intérêt.
L'intérêt sans la capacité, la capacité sans l'intérêt sont les deux causes qui font du suffrage universel actuel l'obstacle le plus fatal à la stabilité et au progrès ; car chaque électeur, écrasé par la loi du nombre, subit bon gré mal gré, le vote d'un autre électeur, aussi dépourvu que lui-même de capacité et d'intérêt, et se voit, en fin de compte, aux mains d'un mandataire insignifiant, qui piétine sur place, sans pouvoir faire mieux.
Un ouvrier maçon ou menuisier, sait parfaitement ce qui lui est utile, en tant qu'ouvrier. Ce n'est pas parce que cent mille ou cinquante mille rentiers auront voté à sa place qu'ils seront mieux éclairés que lui. Réciproquement, ce n'est pas parce qu'un million d'ouvriers se sont prononcés dans une question de finances ; qu'ils y ont vu plus clair que dix financiers. Cependant, par le mandat général, l'ouvrier se prononce implicitement dans les questions de finances et le financier dans les questions ouvrières. Que peut-il ressortir de pareils votes, si ce n'est la cacophonie dont nous sommes témoins !
On nous rebat les oreilles avec le suffrage libre et éclairé. Est-il libre aujourd'hui ? Est-il éclairé ? Que n'invente-t-on pas, étant donnée la loi du nombre, pour amener l'électeur à déposer dans l'urne le bulletin forcé ! Que de couleuvres patriotiques ne lui fait-on pas avaler, en les lui présentant comme des anguilles ! Que de vessies ne lui fait-on pas prendre pour des lanternes ! Et cela, notez-le bien, dans un camp comme dans l'autre, car, à droite et à gauche, les candidats se ressemblent. Ils courtisent le même roi, aveugle et sourd, le nombre.
Avec le vote par groupe, l'électeur choisira d'abord ses représentants parmi les siens, parce que ceux-là seuls seront à même de comprendre et de bien gérer ses affaires. Mais, en outre (à l'encontre de ce qui se passe aujourd'hui), il choisira les meilleurs, parce qu'il les connaîtra et que son intérêt sera de donner sa confiance au plus capable, à l'homme le mieux en mesure d'améliorer son état.
Aujourd'hui, la loi du nombre est facétieuse ; elle s'amuse. Le suffrage universel, encore enfant, fait des niches aux gouvernants, quels qu'ils soient. S'occuper si celui qu'il nomme fera mieux que les autres est le cadet de ses soucis. Il l'envoie à la Chambre, parce qu'il ennuiera le bourgeois, parce qu'il a fait rire dans les meetings, parce qu'il a un gilet rouge, parce qu'il a blagué un ministre impopulaire, parce qu'il a assommé un gardien de la paix, ou toute autre cause de même valeur.
Cette plaisanterie prendrait fin avec des candidats représentant des intérêts de groupes ; et la meilleure preuve, c'est qu'aujourd'hui déjà, vous ne voyez pas dans la nomination des syndicats, des choix grotesques comme dans celle de la députation. On ne plaisante plus, en effet, quand, au lieu de faire une niche au gouvernement, le vote qu'on émet doit augmenter ou diminuer la quantité de pain à manger.
Que de gens indifférents aujourd'hui ne se donnent même pas la peine de voter, par cet unique raisonnement : — Que m'importent Pierre ou Paul, Jacques ou Mathurin ?
Feront-ils mieux que les autres ? Nous rendront-ils plus heureux ?
Ne croyez pas que ces décourages du suffrage universel soient plus mauvais citoyens que d'autres. Non ; ils sentent intérieurement qu'ils font un métier de dupes ; et leur nombre, qui va croissant, peut arriver, dans l'avenir, à être l'abstention en masse.
Ne vous figurez pas non plus que ces indifférents sont tous des bourgeois. Beaucoup d'ouvriers commencent à comprendre que leur sort ne changera pas parce que tel ou tel député sera envoyé à la Chambre. Aucun ouvrier n'a obtenu jusqu'ici le mandat législatif. Mais supposez qu'il y en ait quatre-vingts ou cent qui l'obtiennent ; qu'iraient-ils faire dans cette galère, si ce n'est d'augmenter en pure perte, les nullités opposantes ?
Les choses en iraient tout autrement avec la représentation par groupes. Ainsi, dans la chambre des travailleurs manuels, il ne devrait y avoir, il n'y aurait très probablement que des ouvriers ; mais ces ouvriers seraient compétents, et l'on n'en saurait dire autant de leurs avocats du jour, qui connaissent l'ouvrier comme on connaît les sauvages, par les récits des voyageurs.
Moins de politique et plus de progrès ; c'est là ce que désirent la majorité des Français et ce que peut seule donner la représentation par groupes.
— Mais, dira-t-on, il est des cas où la politique s'impose à la collectivité.
Il n'en est qu'un dans notre état de civilisation actuelle : le cas de guerre.
Un pays libre et soucieux de sa liberté doit s'abstenir des guerres d'agression, dont le résultat le plus certain est de lui faire perdre à lui-même la liberté qu'il a voulu enlever aux autres. Mais, si l'on peut se jurer à soi-même qu'on n'attaquera pas, on ne peut jamais affirmer qu'on ne sera pas attaqué.
Que faire alors ?
En cette occurrence, nos aïeux les Gaulois consultaient les guerriers et comme ils l'étaient tous, c'était en définitive le suffrage universel.
En cas de guerre, tous les citoyens en âge de comprendre ont, pour se prononcer, la capacité et l'intérêt, car l'envahisseur ne s'attaque pas seulement à ceux qui portent les armes. Il menace, dans leurs biens et dans leur vie, tous les citoyens sans exception. Quand le pays est dans l'obligation de se défendre, le corps législatif délibère, toutes chambres réunies. C'est la voix de tous qui se fait entendre. Tous les intérêts partiels se fondent et se résument dans un intérêt unique : il n'y a plus de groupes ; il y a la patrie.
Une fois la démocratie véritablement fondée et organisée par la spécialisation du suffrage universel, on a éloigné pour toujours ces craintes de cataclysmes politiques, qui font brusquement verser un peuple dans l'anarchie ou le despotisme. L'ère des révolutions est réellement fermée par la substitution de la politique d'intérêt à la politique de discussion.
Dans un tel état, le pouvoir exécutif occuperait une place circonscrite, mais très importante.
Quoi qu'en pensent les utopistes, aucun droit n'existe s'il n'a pour lui la sanction de la force. Il ne suffit pas d'avoir donné à l'universalité des citoyens le moyen efficace d'améliorer leur situation. Qu'est-ce qu'un droit qu'on n'est pas certain de faire respecter ? Qu'est-ce qu'une loi qui n'est pas sûre d'être obéie ?
La liberté de la rue n'est assurée qu'à la condition que dix forcenés ne viendront pas en barrer le passage et démontrer au faible, à tour de bras, que la rue appartient au plus fort.
Il en est de même pour toutes les lois, civiles, pénales ou commerciales, qui ne peuvent être protectrices qu'avec sanction efficace.
Plus la loi sera confectionnée de façon à donner satisfaction au développement progressif de tous les intérêts, plus il faudra assurer sa rigoureuse exécution ;
Auguste Comte et ses élèves, qui n'étaient, ni des « cléricaux », ni des « réactionnaires », voulaient que le chef du pouvoir exécutif fût un militaire, habitué à donner des ordres sans réplique. Les positivistes raisonnaient juste, en investissant le gendarme de tous les moyens d'action nécessaires pour donner force aux décisions prises par les corps savants.
Avec une démocratie organisée de telle sorte qu'en définitive toute initiative et toute direction vient d'elle, il ne s'agit plus, pour le chef du pouvoir exécutif, de diriger les gens en leur lieu et place, en remplaçant leur volonté par sa volonté. Son rôle unique est d'exécuter leurs décisions, d'être le bras dont ils sont la tête. Par cette exécution, c'est leur cause qu'il défend, ce n'est plus la sienne. Dans ces conditions, il aurait les moyens d'action les plus formidables qu'on puisse imaginer, qu'il faudrait s'en féliciter, et y ajouter encore, si possible, sans craindre l'abus d'une autorité s'exerçant pour le bien de tous.
Quand un bon fonctionnement des forces sociales assure la liberté d'un pays ; quand, en un mot, sa constitution est d'accord avec son état social, on attache trop d'importance à la question de savoir quel sera le chef du Pouvoir exécutif. Sera-t-il électif, héréditaire, roi, empereur, consul, stathouder, président de République, dictateur ? Eh ! qui nous délivrera, une bonne fois, de toutes ces dénominations vieillies, qui représentent des choses plus vieilles encore que leur mot et qui sont prétextes à ne jamais s’entendre ! Le point important c'est que le Pouvoir, défini et restreint, de l'exécutif, soit entre les mains d'un seul homme, responsable devant les Chambres de l'ordre et du respect de leurs décisions.
En résumé, à une Chambre politique, unique, qui leurre le peuple, il faut substituer des Chambres d'affaires multiples, qui donnent satisfaction à ses intérêts. A ce prix, nous connaîtrons des lendemains ; à ce prix, la Révolution aura trouvé une solution pacifique ; la Démocratie verra s'ouvrir devant elle une ère indéfinie de progrès ; à ce prix, nous aurons une France.
Paris. — Imp. de G. Balitout et Ce, 7, rue Baillif.

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Sources : Bibliothèque nationale de France
http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34036215k
Droits : domaine public
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LB57-9243


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