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Sunday, May 1, 2022

2022.05.01 – Pensées de fin des Temps.

 

2022.05.01 – Pensées de fin des Temps.


Nous sommes indubitablement arrivés un point d’inflexion de l’Histoire. Il va y avoir une rupture de la Ligne historique commencé il y a un peu plus de cinq cents ans, quant à la fin du XVème siècle les Européens sont partis à la conquête du Monde. Il ne s’agit pas ici de délibérer sur le bon ou le mauvais côté de la chose. L’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, le Royaume Uni, la France, et dans une moindre mesure le Danemark, la Suède, la Belgique l’Italie et l’Allemagne ont, durant toute cette période, conquis des Empires Coloniaux et exercés un contrôle parfois brutal sur les pays et les peuples soumis. Durant toute cette période les Européens dominaient économiquement, militairement et culturellement la Planète. Cette période touche à sa fin. Le Monde me semble prêt pour des changements cataclysmiques des paradigmes. A quoi le futur ressemblera-t-il, je ne pourrais le dire, mais ce dont je suis certaine, c’est que dans le futur les structures globales, la géographie politique et économique ne ressembleront en rien à ce que nous connaissons. Les pays Occidentaux, c’est-à-dire les USA, le Canada, L’Australie et la Nouvelle Zélande ainsi que les pays Européens membres ou non de L’Union Européenne et/ou membres de l’OTAN ne seront plus les forces dominantes globales.

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Les pays déclarés comme étant des Démocratie se sont peu à peu mutés en, ce que je nommerais, des Démofascistocraties… Les grands groupes financiers comme BlackRock et Vanguard contrôlent les grandes multinationales et les états, les gens oublient que Mussolini lui-même a écrit : « le fascisme devrait plutôt être appelé corporatisme, car il s'agit d'une fusion du pouvoir de l'État et des entreprises ».

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La politique propagandiste entre dans une nouvelle phase. Les pays membres du Conseil de l’Europe, siégeant à Strasbourg, sont sommés de créer une « Cour Pénal International » devant juger les soi-disant-disant « Crimes » commis par les Russes en Ukraine. Poussés par les USA, cela ne fait aucun doute, les Européens rampe dans la poussière et sont prêt à toutes les ignominies pour être bien vue par la pègre régnant sur le marais de Washington. Après la caricature de « Justice » qu’est la CPI, créé pour cacher les crimes commis par les Otaniens contre des pays comme la Serbie et autres, ils veulent remettre une couche. Ces pauvres imbéciles sont prêts à entrer en « Guerre » ouverte contre la Russie (et probablement contre la plus grande partie des Pays d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique du Sud) et d’envoyer leurs peuples au massacre rien que pour plaire à l’oligarchie mafieuse et criminel.

Les fous qui dirigent les pays Européens vont une fois de plus réussir à transformer l’appendice du Continent Eurasiatique nommé Europe en champs de Ruines. Je pense que, qui ne veut pas devenir complice de crimes à venir, il devient impératif de quitter définitivement cette région sans avenir et d’émigrer vers la Russie, l’Asie, l’Afrique ou l’Amérique du Sud.

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Vos pensées et vos opinions comptent. Vous savez comment vous pouvez le savoir ? Parce que chaque jour, les personnes les plus puissantes du monde déversent une immense quantité de richesses et d'énergie pour vous manipuler, vous formater, vous insuffler vos « Idées ». Ils utilisent tous les registres de la Propagande pour que vous preniez les vessies qu’ils vous présentent pour des lanternes.

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Personnellement je pense qu’il est temps de réduire le Bloc-Occidentaliste à sa plus simple et impuissante expression. Il est temps d’utiliser l’arme majeur de de leur Religion Wokeniste, c’est-à-dire la Cancel-Culture. Refuser tout ce qui vient de cette « civilisation » dégénérée, que cela soit culturel ou matériel. Néantiser tout ce qui est « américaniste », le rejeter, le jeter au feu…

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En regardant et observant bien le personnel politique qui dirige les pays occidentaux, je constate que la plus grande partie d’entre eux sont des illuminés emportés par une espèce d’euphorie exaltée quasi religieuse qui les pousse à appeler à une croisade « humanitariste ».

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Bizarre, je trouve cela très bizarre. Les USA, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, se sentent menacés par le pacte entre les îles Salomon et la Chine. Comme c'est une menace nationale à 2000 km de l'Australie, ils veulent, dans la logique bien occidentale, dicter qui les îles Salomon peuvent avoir comme allié… Bien et je peux le comprendre…  
Mais étrangement les mêmes gouvernements disent aussi que l'Ukraine, avec une frontière commune avec la Russie doit pouvoir choisir librement dans quelle alliance ou organisation elle veut être membre. Ah, Bon !
Et la Russie n’aurait, si on croit les USA et l’OTAN, aucune, mais alors vraiment aucune raison de se faire du souci. C’est promis, Juré, garantie, non, non, pas besoin d’accord écrit et signé, c’est parole d’honneur !

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Dans son roman « Die Blechtrommel » (en français: Le Tambour) Günter Grass mettait dans la bouche d’Oskar Matzerath (le petit héro de l’histoire) les mots suivants:
«Es war einmal ein leichtgläubiges Volk, das glaubte an den Weihnachtsmann, aber der Weihnachtsmann war in Wirklichkeit der Gasmann.»

« Il était une fois un peuple crédule qui croyait au Père Noël. Mais en réalité, le Père Noël était le préposé au gaz. »

Tant que l'apathie et l'ignorance des masses prévaudront, les raisons et les causes de la guerre en Ukraine seront ignorés.
Mais que faire ?
La force majeure de nos Démofascistocraties est sans aucun doute la puissante machine de propagande.

Dans quelques jours, le 8 mai auront lieu les commémorations de la victoire de 1945 sur le Nazisme ». Beaucoup de grandes paroles seront conférés… on parlera des millions de victimes, du sacrifice de millions de combattants, mais on « oubliera » de vous parler de « qui » a rendu le fascisme possible, qui a financé sa montée au pouvoir.
Ils vous diront que seule la solidarité entre les pays occidentaux pourra venir à bout du danger « Russe » et que tout devra être mis en œuvre pour défendre la « Démocratie » Ukrainienne (?) et par extension occidentale …
Ils vous demanderont d’accepter un grand nombre de « sacrifices ».
Ils vont jouer le grand numéro de la lutte contre le fascisme !
Pourtant le fascisme est là devant vous !
Et c’est bien l’oligarchie au pouvoir, leurs claqueurs et suiveurs consentants qui nous mènent au nouveau fascisme.
Sachez que, par la suite, vous ne pourrez pas dire : « Je ne savais pas, je ne pouvais savoir. »
L’Occident glisse vers le fascisme et une grande partie des populations semblent applaudir.

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Le fleuve de sang que l'Occident est en train de créer ne va pas seulement couler à travers l'Ukraine, comme les rivières devenant, après un orage, des torrents dévastateurs il se répandra à travers le monde inondant de nombreuses régions, emportant tout sur son passage.

 

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Friday, April 1, 2022

2022.04.01 – Pensées libres…

 

2022.04.01 – Pensées libres…

Les essais des USA pour faire baisser le prix du pétrole sur les marchés mondiaux deviennent pathétique. Ce qui par le passé, quand les USA étaient les maîtres incontestés du monde, était une mesure efficace, semble maintenant plutôt être un acte désespéré. Leur stratégie ne pourra pas être durable. Cela démontre clairement l'absence de levier à leur disposition pour inciter les pays producteurs de pétrole (qui leur font un bras d’honneur) à participer au conflit économique contre la Russie, en produisant davantage pour faire baisser les cours.

Quand aux sanctions contre la Russie, ainsi que les menaces de sanctions envers les pays refusant d’y participer se retourne contre le Bloc-Occidentale. Les USA, l’Union européenne, les pays de l’OTAN, l’Australie et la Nouvelle Zélande, le Japon et la Corée du Sud bien que sanctionnant la Russie ne le font que du bout des doigts, préférant peut être voir comment la situation se développe… , vont être les premières victimes de leur folie, de leur crise hystérique de russophobie aigue. La palme d’or va clairement aux Européens, maximisant les dégâts dans leur économie ils ne semblent pas comprendre que les USA, bien que criant au monde Sanctions, Sanctions, Sanctions… continuent d’importer du brut russe, simplement parce qu’ils en ont besoin (les pétroles léger issues du fracking étant inapte à la production de gas-oil)

https://www.rt.com/business/553034-us-russia-fertilizers-sanctions/

https://www.rt.com/business/553002-us-russia-oil-imports/

De plus les sanctions ont créé, en Russie, une grande opportunité de substitution des importations. Les investissements russes dans l'économie russe empêchent les propriétaires étrangers de faire sortir les bénéfices du pays.  Au contraire, les bénéfices sont réinvestis et enrichissent les Russes plutôt que les Occidentaux.

Les sanctions sauvent également la Russie du mondialisme et, avec lui, sa souveraineté, tout en brisant l'accord de Bretton Woods qui conférait aux États-Unis un monopole financier et monétaire.  Le principal effet des sanctions américaines est la dédollarisation, c'est-à-dire la fin du rôle du dollar comme monnaie mondiale. 

La dédollarisation signifie la fin de la gratuité dont bénéficiaient les États-Unis grâce aux étrangers qui finançaient le déficit commercial américain.  Les Américains vont bientôt faire l'expérience d'une vie qui ne sera plus subventionnée par le reste du monde.

La Russie pourrait maintenant être prête à connaître une croissance économique rapide comme la Chine. Et une fois que Poutine se sera débarrassé de Elvira Nabioullina directrice incompétente de la  banque centrale (et ouvertement pro-Occidentale si pas Atlantiste). La directrice actuelle de la banque centrale est 100 fois plus dommageable pour la Russie que les sanctions.

L'empire américain (qui est en chute libre) n'est plus le véritable problème auquel la Russie est confrontée.  Le vrai, le grand danger pour la Russie, ce sont les mondialistes pro-occidentaux dans ses propres cercles supérieurs. Ces gens-là sont le véritable danger pour la Russie.  Chacun d'entre eux est un agent américain de facto.

Wednesday, March 30, 2022

“Dollar Hegemony Ended Last Wednesday”: Michael Hudson Interviewed by Margaret Flowers on Clearing the Fog

 

“Dollar Hegemony Ended Last Wednesday”: Michael Hudson Interviewed by Margaret Flowers on Clearing the Fog

Posted on March 30, 2022 by Yves Smith

Yves here. This talk overlaps with the Michael Hudson interview we posted yesterday, and again focuses on the impact of US sanctions and Russian countersanctions on the position of the dollar and US economic power. This version is a bit more concise, which may be easier for sharing. And there’s a podcast, for those who prefer to listen. Enjoy!

Originally published at Popular Resistance

Margaret Flowers: You’re listening to Clearing the FOG, speaking truth to expose the forces of greed, with Margaret Flowers. And now I turn to my guest, Michael Hudson. Michael is the president of the Institute for the Study of Long-term, Economic Trends, ISLET. He’s a Wall Street financial analyst and a distinguished research professor of Economics at the University of Missouri, in Kansas City. He’s also the author of numerous books and recently updated his book, “Super Imperialism: The economic strategy of American Empire.” Thank you for taking time to speak with me today, Michael.

Michael Hudson: Well, thanks for having me on Margaret.

MF: You’ve talked a lot and written a lot about dollar hegemony and what’s happening now with de-dollarization. Can you start out by explaining to my listeners what dollar hegemony is and how it has benefited the wealthy class in the United States?

MH: Dollar hegemony seems to be the position that has just ended as of this week very abruptly. Dollar hegemony was when America’s war in Vietnam and the military spending of the 1960s and 70s drove the United States off gold. The entire US balance of payments deficit was military spending, and it began to run down the gold supply. So, in 1971, President Nixon took the dollar off gold. Well, everybody thought America has been controlling the world economy since World War I by having most of the gold and by being the creditor to the world. And they thought what is going to happen now that the United States is running a deficit, instead of being a creditor.

Well, what happened was that, as I’ve described in Super Imperialism, when the United States went off gold, foreign central banks didn’t have anything to buy with their dollars that were flowing into their countries – again, mainly from the US military deficit but also from the investment takeovers. And they found that these dollars came in, the only thing they could do would be to recycle them to the United States. And what do central banks hold? They don’t buy property, usually, back then they didn’t. They buy Treasury bonds. And so, the United States would be spending dollars abroad and foreign central banks didn’t really have anything to do but send it right back to buy treasury bonds to finance not only the balance of payments deficit, but also the budget deficit that was largely military in character. So, dollar hegemony was the system where foreign central banks keep their monetary and international savings reserves in dollars and the dollars are used to finance the military bases around the world, almost eight hundred military bases surrounding them. So, basically central banks have to keep their savings by weaponizing them, by militarizing them, by lending them to the United States, to keep spending abroad.

This gave America a free ride. Imagine if you went to the grocery store and you just paid by giving them an IOU. And then the next week you want to buy more groceries and you give them another IOU. And they say, wait a minute, you have an IOU before and you say, well just use the IOU to pay the milk company that delivers, or the farmers that deliver. You can use this as your money and just you’ll as a customer, keep writing IOU’s and you never have to pay anything because your IOU is other people’s money. Well, that’s what dollar hegemony was, and it was a free ride. And it all ended last Wednesday when the United States grabbed Russia’s reserves having grabbed Afghanistan’s foreign reserves and Venezuela’s foreign reserves and those of other countries.

And all of a sudden, this means that other countries can no longer safely hold their reserves by sending their money back, depositing them in US banks or buying US Treasury Securities, or having other US investments because they could simply be grabbed as happened to Russia. So, all of a sudden this last week, you’re seeing the world economy fracture into two parts, a dollarized part and other countries that do not follow the neoliberal policies that the United States insists that its allies follow. We’re seeing the birth of a new dual World economy.

MF: Wow, there’s a lot to unpack there. So, are we seeing then other countries starting to disinvest in US dollars? You’ve written about how the treasury bonds that these central banks buy up have been basically funding our domestic economy. Are they starting to shed those bonds or what’s happening?

MH: No, they haven’t been funding our domestic economy because the Federal Reserve can create its own money to fund the domestic economy. We don’t need to borrow from foreign countries to fund our economy. We can print it ourselves. What the dollar hegemony does is fund the balance of payments deficit. It funds our spending in other economies, our spending abroad. It doesn’t help our economy, but it does help us get a free ride from other countries. The more dollars we spend in making a military base, all these military expenditures get turned over to the local Central Bank that turns and sends them back to the Federal Reserve or deposits them in US bank accounts. So, it’s the international free ride we get, not a domestic free ride.

MF: Okay. So are we seeing countries now, since this past week, starting to move their assets back to repatriate them because I know for Afghanistan, a big problem is that most of the government’s money was outside of the country and that has been used as a weapon against Afghanistan by seizing those assets and not allowing the Central Bank of Afghanistan to have them. Are we starting to see other countries repatriating their money and gold?

MH:  Well, figures are only available at the end of each month, reported at the end of each month and then there’s a two-month delay, so we don’t have any idea what’s happening. But I’ve been talking to people all over the world in the last few days and the consensus is that everybody is now deciding the only place, certainly if you’re China or Russia or Kazakhstan or you’re in the Eurasian orbit, South Asia, East Asia, you realize, wait a minute, if all we have to do is something like Allende did in Chile or all we have to do is refuse to sell off our industry to American investors and they can treat us like they’ve treated Venezuela. So you can imagine that everybody’s watching this and there’s an expectation that as a result of the war in Ukraine, that’s really America’s NATO war, that this is going to create a balance-of-payments crisis throughout the whole Global South as their energy prices go up, oil prices soar, food prices are going to soar and this is going to make it impossible for them to pay their foreign debts unless they go without food and energy. Obviously, this is a political crisis. That is, the only result can be to split the world in two.

MF: You’ve been writing about this happening. You’ve written that the de-dollarization has been happening relatively quickly in recent years. So, are we now we’re now just seeing the end result of that? I mean, people said it could happen quickly. Is that exactly what we’re seeing right now?

MH: Yes, and nobody expected that it would happen this quickly. Nobody expected that it would be the United States itself that ends de-dollarization. People thought that, well, most of the sales of my book describing this super imperialism were bought by the Defense Department and they looked at it as a how -to-do-it book. And I was brought down to the White House and the Defense Department to explain to them how imperialism works.

I had expected that maybe China, Russia, and other countries would say, “We don’t want to give America free rides.” And yet it was the United States itself that broke all of this, by grabbing Russia’s reserves right after it grabbed Afghanistan’s and Venezuela’s reserves.

Nothing like this has happened in modern history, even in the 19th century wars. In the Crimean War in the mid-19th century, Russia, England and Germany, everybody kept paying the debts to the countries they were fighting against because the idea is that debts were sacrosanct. And now, all of a sudden, not only are debts are not sacrosanct, but countries can just grab foreign savings. I guess the problem began after the Shah of Iran fell and the United States grabbed Iran’s money and refused to let it pay its bond holders and started the whole war against Iran for trying to take control of its own oil resources. So, all of a sudden, the United States grabbing this has ended what everybody thought was an immutable morality.

MF: So that was in 1979 that the Shah fell in Iran and, and over the last number of decades, the United States has been increasingly using economic warfare against countries through what people call sanctions, but they’re actually, illegal unilateral coercive measures, has that been kind of driving and setting the stage for what is happening today?

MH: Yes, the International Monetary Fund has operated, basically, as an arm of the Defense Department. It’s been bailing out dictatorships, bailing out Ukraine, lending money to countries whose client oligarchies America wants to support, and not lending any money to countries that America doesn’t want to support, like Venezuela. So, its job is basically to promote neoliberal policies, and to insist that other countries balance their payments by undergoing a class war against labor.

The conditionality that the IMF insists upon for foreign borrowing is that countries devalue their currency and lower their wage rates and pass anti-labor legislation. Well, when you lower the currency’s exchange rate, what do you really lower? Food prices are set in dollars internationally, raw materials prices are, and prices for machinery and many goods. The only economic variable devalued is domestic labor (and domestic rents). The IMF has been using this kind of junk-economic free-trade policy as a means of keeping the wage rates in the Global South down. You could say it’s a financialization of an ultimately military conflict to promote neoliberal ideology.

MF: And you mentioned the lowering wages and things like that. And this is actually done because it’s favorable to US investors and US business, right? I mean, the World Bank actually has an index, the cost of doing business index, that helps inform large corporations about laws that countries pass that make them more favorable to businesses to come in.

MH: It’s even worse than that. The central aim of the World Bank is to prevent other countries from growing their own food. That is the prime directive. It will only make loans for countries to earn foreign currency and it has insisted ever since about 1950 that countries that borrow from it must shift their agriculture to plantation export crops to grow tropical crops that cannot be grown in the United States for environmental and weather reasons. And the countries must not grow their own food and must not undertake Land Reform or small family-based farming. So, it insisted on foreign-owned agribusiness in large plantation agriculture. And what that means is that countries that have borrowed for agricultural loans have not been loans to produce their own food. It’s been to compete with each other producing tropical export crops while being increasingly dependent on the United States for their food supplies, and for their grain. And that’s part of the corner they painted them into that is going to be creating such a world famine this summer.

MF: I definitely want to get into that as well as the energy situation and the climate crisis, but before we do that, I just want you to comment quickly on how this has also been driving countries to seek alternatives. The United States removed Russia from the SWIFT system, which is the international mechanism for doing trading and finance. It threatened China if they didn’t denounce what was happening with Russia and Ukraine to kick them out of the SWIFT system. So, this hubris of the United States is also kind of driving countries away to seek other alternatives, right?

MH: That’s the whole point. Well, fortunately they’ve been threatening to kick Russia out of SWIFT for the last two years. And so, Russia and China have been putting in place an alternative system. So, they almost pretty smoothly are shifting over to using their own currency with each other instead of using the dollar. And that’s part of what has ended the dollar standard and ended dollar hegemony.

If the way you have dollar hegemony is to have other countries deposit your money in your banks and handle their oil trade with each other by financing it in dollars, but all of a sudden you grab all their dollars and you don’t let them use US banks to pay for their oil and their trade with each other, then they’re going to shift to a different system. And that’s exactly what has ended the dollar hegemony, as you just pointed out.

MF: So, let’s get a little bit into where things are headed with this new situation, a rapidly changing situation. It may be hard to say what’s happening, but you talked about a food crisis this summer. Can you talk a little bit about more about that and does the conflict in Ukraine feed into that?

MH: Well, as President Putin and Lavrov have said, the fighting in Ukraine isn’t really over Ukraine at all. It’s a fight over what shape the world will take and whether the world will be unipolar or, as it now appears, multipolar. The US, for the last year before it began to escalate attacks on the Russian-speaking Ukraine, was trying to block Europe from, and especially Germany, from buying Russia gas and oil.

There are three pillars of American foreign policy that base American power. The first pillar is the oil industry. That’s the most powerful industry next to banking in the United States. And United States throughout the 20th century, along with Britain and France, have controlled the world oil trade.

That has benefited the United States in two ways. Number one, we are a major oil exporter because we have a big oil and gas industry. But, number two, our US companies control the foreign oil trade. So that if some country, say Chile or Venezuela, does something that the United States doesn’t like, like growing their own food or pursuing a socialist policy, the United States can simply cut off their oil and sanction them. Without oil, they don’t have energy to drive the cars or power their factories or drive their GDP.

So, the American war in Ukraine is really a war against Germany. Russia is not the enemy. Germany and Europe are the enemy and the United States made it very clear. This is a war to lock in our allies so they cannot trade with Russia. They cannot buy Russian oil. They must be dependent on American oil for which they will have to pay three or four times as much. They will have to be dependent on American liquefied natural gas for fertilizer. If they don’t buy American gas for fertilizer, and we don’t let them buy from Russia, then they cannot put fertilizer on the land and the crop yield will fall by about 50% without fertilizer.

So, the, the war in Ukraine was to make Russia look so bad by defending itself against the attacks by the Ukrainian right wing in the Russian-speaking areas that the US has said, look at how bad Russia is. You’ve got to forego buying oil and gas or grain or titanium or palladium or anything else from Russia.

And so, the effect of this war has been to lock the NATO countries into dependency on the United States because the great fear of the United States in the last few years is that as America is de-industrializing, these countries are looking to the part of the world that’s growing, China, Central Asia, Russia, South Asia. And the United States feared losing control of its satellites mainly in NATO, but also in South America. So, it sanctioned and blocked their ability to buy non-US energy. They’re blocking their ability to buy non-US food, blocking their ability to invest in or use their surplus to get prosperous by investing in China, Russia, or Eurasia.

So, this is basically a war of America to lock in its allies. Well, the result is that oil prices, now that you can’t get Russian oil, are going to go way, way up, and that is going to create a crisis for many of the Global South countries that are oil deficit countries. The fertilizer companies in Germany have already been closing down because they say, without Russian gas, we make our fertilizer out of gas, and if we can’t get Russian gas, we can’t produce the fertilizer that. So, world fertilizer prices are going way up.

Russia is the largest grain exporter. And now that grain exports are being blocked by the sanctions, the question is, what are North Africa and the Near East going to do that have been depending very largely on Russian grain exports? Their food prices are going to go way up.

You can imagine just from seeing what’s happening in the United States when gas prices go up here, food prices go up here, not only does it put a squeeze on individual family budgets, but throughout the world, it puts the squeeze on the balance of payments of other countries. And so, they’re desperate. How are they going to pay the higher prices unless they borrow even more money from US banks?And of course, that’s another arm of US policy. The US banks hope to make a killing in making loans at rising interest rates to third world countries.

And of course, arms exports. NATO in the last few days has agreed to make American arms exports to increase their purchase of arms. So, the stock market has been soaring in the last few days. They say this, the world famine, the world crisis is a bonanza for Wall Street. The oil company stocks are going way up, the military, industrial stocks, Boeing Raytheon way up, the bank stocks. This is America’s great power grab, and it realizes, when it can create a crisis and tell the Global South or poor countries your money or your life. This is how most of the great property grabs and conquests have been made throughout history.

MF: And just this week at the NATO meetings, President Biden basically said food prices are going to go up in the United States and Europe as a result of what’s happening. And that’s just the price we have to pay.

MH: Well, what he should have said, this is the price theyhave to pay us. That’s how the stock market took it. When he said this is the price we have to pay, this is the price consumers have to pay to the American oil companies, to the American Agricultural food distribution companies. It’s the price other countries have to pay to the United States.

This is to say to the rest of the world, you know, we’ve got you completely, I don’t know how to put it, what phrase to use, but you don’t have any choice, your money or your life. We’ve got you trapped. And he’s crowing over the fact that this resulting inflation is exactly what was intended by the war in Ukraine that has led to the isolation of Russia and other countries following a non-US policy.

MF: But more and more countries in Latin America, in Africa, are turning to countries like China for partnerships, for investment. Do you see a point coming where there is just this real shunning of the United States and turning to these alternatives?

MH: That is exactly what’s going to happen. What’s going to happen is, China’s investment is very different from US investment. US and European investment will give financial investments to countries at interest that the whole country is liable for to repay. China’s investment is taking place by means of the Belt and Road Initiative and direct capital investment in developing ports, infrastructure and railways. And instead of having a general financial claim against these countries, China has an equity claim, a property claim backed by the physical means of production that it puts in place.

Well, this summer, when countries say they cannot afford to pay their foreign debts, the United States has as a backup plan, okay, let’s write down everybody’s debts, government debts, to each other so that governments can pay the private bond holders and the banks. And they’re going to try to, essentially the US will forgive its debts so that Latin America can pay Chase Manhattan Bank and Citibank and the bondholders. And China is going to say, wait a minute, we don’t have any financial claim against these countries. We didn’t lend them dollars. We didn’t lend them our foreign currency at all. We built assets there and the assets are still in place. There’s no problem there.

So,the question is, whose debts are going to be written down to whom?And all of this is going to lead to, as you can imagine, destabilization. The United States is probably going to try to push regime change on countries that try to trade with China as it’s already threatened China with.  And the more sanctions the United States imposes on Latin America, Africa and the Near East and South Asia, they will be creating a crisis, but the crisis will lead the rest of the world to treat the United States in the same way that Russia and China are treating the United States as just the enemy threatening the entire world with their neoliberal power grab. So, the United States in a way is isolating itself from the rest of the world by declaring war on it.

MF: And I think that’s not going to be good for us here at home in the United States. You’ve talked about the way that the current economy has been structured. You’ve also raised a lot of concern about the climate crisis. And of course, we have the recent IPCC report basically saying that we’re way behind in taking action to even adapt to the climate crisis or the warming that we’re going to be experiencing. So now in this new situation, how do you see that impacting the climate crisis?

MH: Here’s what Biden said, in effect: “We’re way behind in the pace of global warming.” American policy is based on increasing and accelerating global warming. That has been a central point of US policy ever since I joined the Hudson Institute in the 1970s. The United States is opposing any attempt at trying to preventglobal warming because you can imagine what would happen if other countries go to solar energy and renewable energy. That will reduce their dependency on the US oil industry. If you look at American policy, it is being run basically by the oil industry to establish dependence of other countries on oil. Then obviously the last thing the United States is ever going to do is prevent global warming. So, if we’re behind in global warming, it’s that the sea level is not rising fast enough. The world is not getting hot fast enough not to lock in foreign reliance on America’s oil.

And I think you’ve seen what in the last few weeks, what President Biden has said, the fuel of the future is coal and oil. Right now, he’s in Poland. I think he’s suggesting that Polish coal, which is one of its major products, should be used in Europe instead of Russian gas. So, American foreign policy is based on the accelerated use of coal and oil, not renewable energy.

Now, that’s why I think the environmental movement should become an anti-war movement and the movement against this neoliberal dollar hegemony. You’re not going to avoid global warming unless you stop the dominance of American foreign policy by the oil industry.

MF: I think we’ve been seeing that shift over the last few years where the climate movement is starting to understand we can’t address this crisis without addressing the US military. So just in the last minutes that I have with you, what do you have to say to the listeners about where this is going for us materially as people living in the United States, a country that has been showing itself to be a failing state? The Covid-19 pandemic, I think, has really exposed that in so many ways, the financial insecurity that people are facing, housing, education, health care, all of the failures of the government to meet the basic needs of the people. How do you think that’s going to change with this new situation?

MH: Well, the United States has been getting a free ride internationally. So, much of the prosperity here has been the result of our not having to pay for our own military spending, not having to pay for many of the foreign investments that we’ve got that supply the US with low priced foreign raw materials. All that is being ended by President Biden’s policy, which, of course, the Republicans support just as much as the Democrats.

So, there’s really a political movement that is ending up impoverishing, I’d say, 99% of Americans. While the Federal Reserve saves the stock and bond market for the 1%, there’s going to be a huge squeeze that’s going to force, I think, most American families into debt leading to probably a close down of a lot of businesses just as you had the Covid crisis closing down a lot of businesses. You’re going to have the rising fuel prices, the rising food prices utterly force families into default and an inability to be self-supporting without either running into debt or selling their homes and becoming renters.

MF: And that’s a whole other problem with the buying up of the housing in the United States by these investment corporations so that they can then control those rent prices. It sounds like difficult days are ahead.

MH: Yes. Well, and nobody can really ,it’s really Uncharted Territory because nobody thought there was an alternative. The economic view was as Margaret Thatcher said, “There is no alternative.” Well, now, America’s forced the world to find its own alternative.

MF: Well, thank you for sharing that wisdom with me. I encourage people to continue to follow you and read your books and follow your writing. Where’s the best place to find you?

MH: I have a website: Michael-Hudson.com. And I’m on Patreon. I post my articles on the website and on Patreon.

MF: Well, thank you so much for taking time to speak with me today, and for the important work that you’re doing.

MH: Well, I’m awfully glad we had to talk about this, Margaret.

Published on: https://www.nakedcapitalism.com/2022/03/dollar-hegemony-ended-last-wednesday-michael-hudson-interviewed-by-margaret-flowers-on-clearing-the-fog.html

and: https://popularresistance.org/michael-hudson-us-dollar-hegemony-ended-abruptly-last-wednesday/


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Traduction en Français:


"L'hégémonie du dollar s'est terminée mercredi dernier" : Michael Hudson interviewé par Margaret Flowers sur Clearing the Fog

Posté sur 30 mars 2022 par Yves Smith

Yves ici. Cette discussion chevauche l'interview de Michael Hudson que nous avons publiée hier et se concentre à nouveau sur l'impact des sanctions américaines et des contre-sanctions russes sur la position du dollar et la puissance économique américaine. Cette version est un peu plus concise, ce qui peut être plus facile à partager. Et il y a un podcast, pour ceux qui préfèrent écouter. Prendre plaisir!

Publié à l'origine sur Popular Resistance

Margaret Flowers : Vous écoutez Clearing the FOG , dire la vérité pour exposer les forces de la cupidité, avec Margaret Flowers. Et maintenant, je me tourne vers mon invité, Michael Hudson. Michael est le président de l'Institut pour l'étude des tendances économiques à long terme, ISLET. Il est analyste financier à Wall Street et éminent professeur-chercheur en économie à l'Université du Missouri, à Kansas City. Il est également l'auteur de nombreux livres et a récemment mis à jour son livre, « Super impérialisme : la stratégie économique de l'empire américain ». Merci d'avoir pris le temps de me parler aujourd'hui, Michael.

Michael Hudson : Eh bien, merci de m'avoir sur Margaret.

MF : Vous avez beaucoup parlé et beaucoup écrit sur l'hégémonie du dollar et sur ce qui se passe actuellement avec la dédollarisation. Pouvez-vous commencer par expliquer à mes auditeurs ce qu'est l'hégémonie du dollar et comment elle a profité à la classe aisée aux États-Unis ?

MH : L'hégémonie du dollar semble être la position qui vient de se terminer cette semaine de manière très abrupte. L'hégémonie du dollar a eu lieu lorsque la guerre américaine au Vietnam et les dépenses militaires des années 1960 et 1970 ont chassé les États-Unis de l'or. L'intégralité du déficit de la balance des paiements des États-Unis était constituée de dépenses militaires, et il a commencé à réduire l'offre d'or. Ainsi, en 1971, le président Nixon a retiré le dollar de l'or. Eh bien, tout le monde pensait que l'Amérique contrôlait l'économie mondiale depuis la Première Guerre mondiale en détenant la majeure partie de l'or et en étant le créancier du monde. Et ils ont pensé à ce qui allait se passer maintenant que les États-Unis accusent un déficit, au lieu d'être créanciers.

Eh bien, ce qui s'est passé, c'est que, comme je l'ai décrit dans Super Imperialism, lorsque les États-Unis ont abandonné l'or, les banques centrales étrangères n'avaient rien à acheter avec leurs dollars qui affluaient dans leurs pays – encore une fois, principalement à cause du déficit militaire américain mais aussi à cause des rachats d'investissements. Et ils ont découvert que ces dollars arrivaient, la seule chose qu'ils pouvaient faire serait de les recycler aux États-Unis. Et que détiennent les banques centrales ? Ils n'achètent pas de propriété, généralement, à l'époque ils ne l'ont pas fait. Ils achètent des bons du Trésor. Et donc, les États-Unis dépenseraient des dollars à l'étranger et les banques centrales étrangères n'auraient rien d'autre à faire que de les renvoyer directement pour acheter des bons du Trésor pour financer non seulement le déficit de la balance des paiements, mais aussi le déficit budgétaire qui était en grande partie caractère militaire. Alors, l'hégémonie du dollar était le système dans lequel les banques centrales étrangères conservent leurs réserves d'épargne monétaire et internationale en dollars et les dollars sont utilisés pour financer les bases militaires dans le monde, près de huit cents bases militaires les entourant. Donc, fondamentalement, les banques centrales doivent conserver leur épargne en la militarisant, en la militarisant, en la prêtant aux États-Unis, pour continuer à dépenser à l'étranger.

Cela a donné à l'Amérique un tour gratuit. Imaginez si vous alliez à l'épicerie et que vous veniez de payer en leur donnant une reconnaissance de dette. Et puis la semaine suivante, vous voulez acheter plus de produits d'épicerie et vous leur donnez une autre reconnaissance de dette. Et ils disent, attendez une minute, vous avez une reconnaissance de dette avant et vous dites, eh bien utilisez simplement la reconnaissance de dette pour payer la compagnie laitière qui livre, ou les agriculteurs qui livrent. Vous pouvez l'utiliser comme votre argent et en tant que client, continuez à écrire des reconnaissances de dette et vous n'aurez jamais rien à payer car votre reconnaissance de dette est l'argent des autres. Eh bien, c'était ça l'hégémonie du dollar, et c'était un tour gratuit. Et tout s'est terminé mercredi dernier lorsque les États-Unis ont accaparé les réserves de la Russie après avoir accaparé les réserves de change de l'Afghanistan et les réserves de change du Venezuela et celles d'autres pays.

Et tout d'un coup, cela signifie que d'autres pays ne peuvent plus conserver leurs réserves en toute sécurité en renvoyant leur argent, en les déposant dans des banques américaines ou en achetant des titres du Trésor américain, ou en ayant d'autres investissements américains parce qu'ils pourraient simplement être saisis comme ce fut le cas pour la Russie. . Donc, tout d'un coup, la semaine dernière, vous voyez l'économie mondiale se fracturer en deux parties, une partie dollarisée et d'autres pays qui ne suivent pas les politiques néolibérales que les États-Unis insistent pour que leurs alliés suivent. Nous assistons à la naissance d'une nouvelle économie mondiale duale.

MF : Wow, il y a beaucoup à déballer là-bas. Alors, voyons-nous alors d'autres pays commencer à désinvestir en dollars américains ? Vous avez écrit sur la façon dont les bons du Trésor que ces banques centrales rachètent ont essentiellement financé notre économie nationale. Commencent-ils à se débarrasser de ces liens ou que se passe-t-il ?

MH : Non, ils n'ont pas financé notre économie nationale parce que la Réserve fédérale peut créer sa propre monnaie pour financer l'économie nationale. Nous n'avons pas besoin d'emprunter à des pays étrangers pour financer notre économie. Nous pouvons l'imprimer nous-mêmes. Ce que fait l'hégémonie du dollar, c'est financer le déficit de la balance des paiements. Il finance nos dépenses dans d'autres économies, nos dépenses à l'étranger. Cela n'aide pas notre économie, mais cela nous aide à obtenir un tour gratuit d'autres pays . Plus nous dépensons de dollars pour construire une base militaire, toutes ces dépenses militaires sont reversées à la banque centrale locale qui les retourne et les renvoie à la Réserve fédérale ou les dépose sur des comptes bancaires américains. Donc, c'est le tour gratuit international que nous obtenons, pas un tour gratuit domestique.

MF : D'accord. Alors voyons-nous des pays maintenant, depuis la semaine dernière, commencer à déplacer leurs actifs pour les rapatrier parce que je sais que pour l'Afghanistan, un gros problème est que la plupart de l'argent du gouvernement était à l'extérieur du pays et cela a été utilisé comme une arme contre l'Afghanistan en saisissant ces avoirs et en interdisant à la Banque centrale d'Afghanistan de les détenir. Commence-t-on à voir d'autres pays rapatrier leur argent et leur or ?

MH : Eh bien, les chiffres ne sont disponibles qu'à la fin de chaque mois, rapportés à la fin de chaque mois, puis il y a un délai de deux mois, donc nous n'avons aucune idée de ce qui se passe. Mais j'ai parlé à des gens partout dans le monde ces derniers jours et le consensus est que tout le monde décide maintenant du seul endroit, certainement si vous êtes la Chine ou la Russie ou le Kazakhstan ou si vous êtes dans l'orbite eurasienne, Sud Asie, Asie de l'Est, vous vous rendez compte, attendez une minute, si tout ce que nous avons à faire est quelque chose comme Allende l'a fait au Chili ou tout ce que nous avons à faire est de refuser de vendre notre industrie aux investisseurs américains et ils peuvent nous traiter comme s'ils traité le Venezuela. Alors vous pouvez imaginer que tout le monde regarde ça et qu'on s'attend à ce qu'à la suite de la guerre en Ukraine, c'est vraiment la guerre américaine de l'OTAN, que cela va créer une crise de la balance des paiements dans l'ensemble de l'hémisphère sud alors que les prix de l'énergie augmentent, que les prix du pétrole montent en flèche, que les prix des denrées alimentaires vont monter en flèche et qu'il leur sera impossible de payer leurs dettes extérieures à moins qu'ils ne se privent de nourriture et d'énergie. Évidemment, c'est une crise politique. Autrement dit, le seul résultat peut être de diviser le monde en deux.

MF : Vous avez écrit sur cet événement. Vous avez écrit que la dédollarisation s'est produite relativement rapidement ces dernières années. Alors, sommes-nous maintenant en train de voir le résultat final de cela ? Je veux dire, les gens ont dit que cela pourrait arriver rapidement. Est-ce exactement ce que nous voyons en ce moment ?

MH : Oui, et personne ne s'attendait à ce que cela se produise aussi rapidement. Personne ne s'attendait à ce que ce soient les États-Unis eux-mêmes qui mettent fin à la dédollarisation . Les gens pensaient que, eh bien, la plupart des ventes de mon livre décrivant ce super impérialisme étaient achetées par le ministère de la Défense et ils le considéraient comme un livre sur la façon de le faire. Et j'ai été amené à la Maison Blanche et au Département de la Défense pour leur expliquer comment fonctionne l'impérialisme.

Je m'attendais à ce que peut-être la Chine, la Russie et d'autres pays disent : « Nous ne voulons pas donner aux États-Unis des trajets gratuits. Et pourtant, ce sont les États-Unis eux-mêmes qui ont brisé tout cela, en saisissant les réserves russes juste après avoir saisi les réserves afghanes et vénézuéliennes.

Rien de tel ne s'est produit dans l'histoire moderne, même dans les guerres du XIXe siècle. Pendant la guerre de Crimée au milieu du XIXe siècle, la Russie, l'Angleterre et l'Allemagne, tout le monde a continué à payer les dettes des pays contre lesquels ils se battaient parce que l'idée est que les dettes étaient sacro-saintes. Et maintenant, tout d'un coup, non seulement les dettes ne sont pas sacro-saintes, mais les pays peuvent tout simplement s'emparer de l'épargne étrangère. Je suppose que le problème a commencé après la chute du Shah d'Iran et que les États-Unis ont saisi l'argent de l'Iran et ont refusé de le laisser payer ses détenteurs d'obligations et ont commencé toute la guerre contre l'Iran pour avoir tenté de prendre le contrôle de ses propres ressources pétrolières. Ainsi, tout d'un coup, les États-Unis s'emparant de cela ont mis fin à ce que tout le monde pensait être une morale immuable .

MF : C'est donc en 1979 que le Shah est tombé en Iran et, au cours des dernières décennies, les États-Unis ont de plus en plus utilisé la guerre économique contre des pays par le biais de ce que les gens appellent des sanctions, mais ce sont en fait des mesures coercitives unilatérales illégales. , est-ce que cela a en quelque sorte conduit et préparé le terrain pour ce qui se passe aujourd'hui ?

MH : Oui, le Fonds monétaire international a fonctionné, essentiellement, comme une branche du ministère de la Défense. Il a renfloué des dictatures, renfloué l'Ukraine, prêté de l'argent à des pays dont les oligarchies clientes que l'Amérique veut soutenir, et ne prêtant pas d'argent à des pays que l'Amérique ne veut pas soutenir, comme le Venezuela. Ainsi, son travail consiste essentiellement à promouvoir des politiques néolibérales et à insister pour que les autres pays équilibrent leurs paiements en se soumettant à une guerre de classe contre les travailleurs.

La conditionnalité sur laquelle le FMI insiste pour les emprunts étrangers est que les pays dévaluent leur monnaie et abaissent leurs taux de salaire et adoptent une législation anti-travail. Eh bien, lorsque vous baissez le taux de change de la devise, qu'est-ce que vous baissez vraiment ? Les prix des denrées alimentaires sont fixés en dollars à l'échelle internationale, les prix des matières premières le sont, ainsi que les prix des machines et de nombreux biens. La seule variable économique dévaluée est le travail domestique (et les loyers domestiques). Le FMI a utilisé ce type de politique de libre-échange économique pourrie comme moyen de maintenir bas les taux de salaire dans les pays du Sud. On pourrait dire que c'est une financiarisation d'un conflit finalement militaire pour promouvoir l'idéologie néolibérale .

MF : Et vous avez mentionné la baisse des salaires et des choses comme ça. Et cela se fait en fait parce que c'est favorable aux investisseurs américains et aux entreprises américaines, n'est-ce pas ? Je veux dire, la Banque mondiale a en fait un indice, l'indice du coût de faire des affaires, qui aide à informer les grandes entreprises des lois que les pays adoptent et qui les rendent plus favorables à l'entrée des entreprises.

MH : C'est encore pire que ça. L'objectif central de la Banque mondiale est d'empêcher d'autres pays de cultiver leur propre nourriture. C'est la première directive. Il n'accordera des prêts aux pays que pour gagner des devises étrangères et il insiste depuis environ 1950 pour que les pays qui lui empruntent doivent réorienter leur agriculture vers des plantations de cultures d'exportation pour cultiver des cultures tropicales qui ne peuvent pas être cultivées aux États-Unis pour des raisons environnementales et météorologiques. . Et les pays ne doivent pas cultiver leur propre nourriture et ne doivent pas entreprendre de réforme agraire ou de petite agriculture familiale. Ainsi, il a insisté sur l'agro-industrie étrangère dans l'agriculture de grandes plantations. Et ce que cela signifie, c'est que les pays qui ont emprunté pour des prêts agricoles n'ont pas contracté de prêts pour produire leur propre nourriture. Il s'agit de rivaliser les uns avec les autres en produisant des cultures tropicales d'exportation tout en étant de plus en plus dépendants des États-Unis pour leurs approvisionnements alimentaires et leurs céréales. Et cela fait partie du coin dans lequel ils les ont peints qui va créer une telle famine mondiale cet été.

MF : Je veux certainement aborder cela ainsi que la situation énergétique et la crise climatique, mais avant cela, je veux juste que vous commentiez rapidement comment cela a également poussé les pays à rechercher des alternatives. Les États-Unis ont retiré la Russie du système SWIFT, qui est le mécanisme international pour le commerce et la finance. Il a menacé la Chine si elle ne dénonçait pas ce qui se passait avec la Russie et l'Ukraine pour les expulser du système SWIFT. Donc, cet orgueil des États-Unis pousse aussi les pays à chercher d'autres alternatives, n'est-ce pas ?

MH : C'est tout l'intérêt. Eh bien, heureusement, ils menacent d'expulser la Russie de SWIFT depuis deux ans. Ainsi, la Russie et la Chine ont mis en place un système alternatif. Ainsi, ils passent presque assez facilement à l'utilisation de leur propre monnaie les uns avec les autres au lieu d'utiliser le dollar. Et cela fait partie de ce qui a mis fin à l'étalon dollar et à l'hégémonie du dollar.

Si la façon dont vous avez l'hégémonie du dollar est d'avoir d'autres pays qui déposent votre argent dans vos banques et gèrent leur commerce du pétrole entre eux en le finançant en dollars, mais tout d'un coup vous prenez tous leurs dollars et vous ne les laissez pas utiliser Les banques américaines doivent payer leur pétrole et leurs échanges entre elles, puis elles vont passer à un système différent . Et c'est exactement ce qui a mis fin à l'hégémonie du dollar, comme vous venez de le souligner.

MF : Alors, voyons un peu où les choses se dirigent avec cette nouvelle situation, une situation qui évolue rapidement. Il est peut-être difficile de dire ce qui se passe, mais vous avez parlé d'une crise alimentaire cet été. Pouvez-vous en dire un peu plus à ce sujet et est-ce que le conflit en Ukraine y contribue?

MH : Eh bien, comme l'ont dit le président Poutine et Lavrov, les combats en Ukraine ne concernent pas du tout l'Ukraine. C'est un combat sur la forme que prendra le monde et si le monde sera unipolaire ou, comme il apparaît maintenant, multipolaire . Les États-Unis, au cours de la dernière année avant de commencer à intensifier leurs attaques contre l'Ukraine russophone, ont tenté d'empêcher l'Europe, et en particulier l'Allemagne, d'acheter du gaz et du pétrole russes.

Il y a trois piliers de la politique étrangère américaine qui fondent la puissance américaine. Le premier pilier est l'industrie pétrolière. C'est l'industrie la plus puissante après la banque aux États-Unis. Et les États-Unis tout au long du XXe siècle, ainsi que la Grande-Bretagne et la France, ont contrôlé le commerce mondial du pétrole.

Cela a profité aux États-Unis de deux manières. Premièrement, nous sommes un important exportateur de pétrole parce que nous avons une importante industrie pétrolière et gazière. Mais, deuxièmement, nos entreprises américaines contrôlent le commerce extérieur du pétrole. Ainsi, si un pays, disons le Chili ou le Venezuela, fait quelque chose que les États-Unis n'aiment pas, comme cultiver sa propre nourriture ou poursuivre une politique socialiste, les États-Unis peuvent simplement couper leur pétrole et les sanctionner. Sans pétrole, ils n'ont pas d'énergie pour conduire les voitures ou alimenter leurs usines ou stimuler leur PIB.

Ainsi, la guerre américaine en Ukraine est vraiment une guerre contre l'Allemagne. La Russie n'est pas l'ennemi. L'Allemagne et l'Europe sont l'ennemi et les États-Unis l'ont dit très clairement. C'est une guerre pour enfermer nos alliés afin qu'ils ne puissent pas commercer avec la Russie . Ils ne peuvent pas acheter de pétrole russe. Ils doivent être dépendants du pétrole américain qu'ils devront payer trois ou quatre fois plus cher. Ils devront être dépendants du gaz naturel liquéfié américain pour les engrais. S'ils n'achètent pas de gaz américain pour les engrais, et que nous ne les laissons pas acheter à la Russie, ils ne peuvent pas mettre d'engrais sur la terre et le rendement des cultures chutera d'environ 50 % sans engrais.

Ainsi, la guerre en Ukraine devait donner une si mauvaise image de la Russie en se défendant contre les attaques de la droite ukrainienne dans les régions russophones que les États-Unis ont dit, regardez à quel point la Russie est mauvaise. Vous devez renoncer à acheter du pétrole et du gaz ou des céréales ou du titane ou du palladium ou quoi que ce soit d'autre en provenance de Russie.

Et donc, l'effet de cette guerre a été d'enfermer les pays de l'OTAN dans une dépendance vis-à-vis des États-Unis parce que la grande crainte des États-Unis ces dernières années est qu'à mesure que l'Amérique se désindustrialise, ces pays se tournent vers la partie du monde qui grandit, la Chine, l'Asie centrale, la Russie, l'Asie du Sud . Et les États-Unis craignaient de perdre le contrôle de leurs satellites principalement dans l'OTAN, mais aussi en Amérique du Sud. Ainsi, il a sanctionné et bloqué leur capacité à acheter de l'énergie non américaine. Ils bloquent leur capacité à acheter de la nourriture non américaine, bloquent leur capacité à investir ou à utiliser leur surplus pour devenir prospères en investissant en Chine, en Russie ou en Eurasie.

Donc, c'est fondamentalement une guerre de l'Amérique pour enfermer ses alliés. Eh bien, le résultat est que les prix du pétrole, maintenant que vous ne pouvez pas obtenir de pétrole russe, vont monter en flèche, et cela va créer une crise pour de nombreux pays du Sud qui sont des pays à déficit pétrolier. Les entreprises d'engrais en Allemagne ont déjà fermé leurs portes parce qu'elles disent que sans gaz russe, nous fabriquons nos engrais à partir de gaz, et si nous ne pouvons pas obtenir de gaz russe, nous ne pouvons pas produire cet engrais. Ainsi, les prix mondiaux des engrais montent en flèche.

La Russie est le plus grand exportateur de céréales. Et maintenant que les exportations de céréales sont bloquées par les sanctions, la question est de savoir ce que vont faire l'Afrique du Nord et le Proche-Orient qui dépendent très largement des exportations de céréales russes ? Leurs prix alimentaires vont monter en flèche.

Vous pouvez imaginer rien qu'en voyant ce qui se passe aux États-Unis lorsque les prix de l'essence augmentent ici, les prix des denrées alimentaires augmentent ici, non seulement cela pèse sur les budgets familiaux individuels, mais partout dans le monde, cela pèse sur l'équilibre des paiements d'autres pays. Et donc, ils sont désespérés. Comment vont-ils payer les prix plus élevés à moins qu'ils n'empruntent encore plus d'argent aux banques américaines ? Et bien sûr, c'est un autre bras de la politique américaine. Les banques américaines espèrent faire un tabac en accordant des prêts à des taux d'intérêt croissants aux pays du tiers monde.

Et bien sûr, les exportations d'armes. L'OTAN dans les derniers jours a accepté de faire des exportations d'armes américaines pour augmenter leur achat d'armes. Ainsi, la bourse s'est envolée ces derniers jours. Ils disent ceci, la famine mondiale, la crise mondiale est une aubaine pour Wall Street. Les actions des compagnies pétrolières montent en flèche, les actions militaires, industrielles , Boeing Raytheon montent en flèche, les actions bancaires. C'est la grande prise de pouvoir de l'Amérique, et elle se rend compte, quand elle peut créer une crise et dire aux pays du Sud ou aux pays pauvres votre argent ou votre vie. C'est ainsi que la plupart des grandes saisies et conquêtes de propriété ont été faites à travers l'histoire.

MF : Et rien que cette semaine, lors des réunions de l'OTAN, le président Biden a essentiellement déclaré que les prix des denrées alimentaires allaient augmenter aux États-Unis et en Europe en raison de ce qui se passe. Et ce n'est que le prix à payer.

MH : Eh bien, ce qu'il aurait dû dire, c'est le prix qu'ils doivent nous payer . C'est comme ça que le marché boursier l'a pris. Quand il a dit que c'est le prix que nous devons payer, c'est le prix que les consommateurs doivent payer aux compagnies pétrolières américaines, aux sociétés américaines de distribution alimentaire agricole. C'est le prix que les autres pays doivent payer aux États-Unis.

C'est pour dire au reste du monde, tu sais, nous t'avons complètement, je ne sais pas comment dire, quelle phrase utiliser, mais tu n'as pas le choix, ton argent ou ta vie . Nous vous avons pris au piège. Et il vante le fait que cette inflation qui en résulte est exactement ce qui était prévu par la guerre en Ukraine qui a conduit à l'isolement de la Russie et d'autres pays suivant une politique non américaine.

MF : Mais de plus en plus de pays d'Amérique latine, d'Afrique, se tournent vers des pays comme la Chine pour des partenariats, pour des investissements. Voyez-vous un point venir où il y a juste ce véritable évitement des États-Unis et se tourner vers ces alternatives ?

MH : C'est exactement ce qui va se passer. Ce qui va se passer, c'est que l'investissement chinois est très différent de l'investissement américain. Les investissements américains et européens donneront des investissements financiers aux pays à intérêt que l'ensemble du pays est tenu de rembourser. L'investissement de la Chine se fait au moyen de l'initiative "la Ceinture et la Route" et d'investissements directs en capital dans le développement des ports, des infrastructures et des chemins de fer. Et au lieu d'avoir une créance financière générale sur ces pays, la Chine a une créance sur actions, une créance foncière adossée aux moyens physiques de production qu'elle met en place .

Eh bien, cet été, quand les pays disent qu'ils ne peuvent pas se permettre de payer leurs dettes extérieures, les États-Unis ont comme plan de secours, d'accord, écrivons les dettes de tout le monde, les dettes gouvernementales, les unes envers les autres afin que les gouvernements puissent payer les détenteurs d'obligations privées et les banques. Et ils vont essayer de, essentiellement, les États-Unis annuleront leurs dettes afin que l'Amérique latine puisse payer Chase Manhattan Bank et Citibank et les détenteurs d'obligations. Et la Chine va dire, attendez une minute, nous n'avons aucune réclamation financière contre ces pays. Nous ne leur avons pas prêté d'argent. Nous ne leur avons pas du tout prêté notre devise étrangère. Nous avons construit des actifs là-bas et les actifs sont toujours en place. Il n'y a pas de problème là-bas.

Donc, la question est, à qui les dettes vont-elles être écrites et à qui ? Et tout cela va conduire, comme vous pouvez l'imaginer, à une déstabilisation. Les États-Unis vont probablement essayer d'imposer un changement de régime aux pays qui tentent de commercer avec la Chine, car ils menacent déjà la Chine. Et plus les États-Unis imposeront de sanctions à l'Amérique latine, à l'Afrique, au Proche-Orient et à l'Asie du Sud, plus ils créeront une crise, mais la crise conduira le reste du monde à traiter les États-Unis de la même manière que la Russie et La Chine traite les États-Unis comme l'ennemi qui menace le monde entier avec sa prise de pouvoir néolibérale. Ainsi, les États-Unis s'isolent en quelque sorte du reste du monde en lui déclarant la guerre.

MF : Et je pense que ça ne va pas être bon pour nous ici chez nous aux États-Unis. Vous avez parlé de la façon dont l'économie actuelle a été structurée. Vous avez également soulevé beaucoup de préoccupations concernant la crise climatique. Et bien sûr, nous avons le récent rapport du GIEC qui dit essentiellement que nous sommes très en retard dans la prise de mesures pour même nous adapter à la crise climatique ou au réchauffement que nous allons connaître. Alors maintenant, dans cette nouvelle situation, comment voyez-vous cela impacter la crise climatique ?

MH : Voici ce que Biden a dit, en effet : "Nous sommes très en retard sur le rythme du réchauffement climatique." La politique américaine est basée sur l'augmentation et l'accélération du réchauffement climatique. Cela a été un point central de la politique américaine depuis que j'ai rejoint l'Institut Hudson dans les années 1970. Les États-Unis s'opposent à toute tentative visant à empêcher le réchauffement climatique, car vous pouvez imaginer ce qui se passerait si d'autres pays se tournaient vers l'énergie solaire et les énergies renouvelables. Cela réduira leur dépendance vis-à-vis de l'industrie pétrolière américaine. Si vous regardez la politique américaine, elle est essentiellement dirigée par l'industrie pétrolière pour établir la dépendance des autres pays vis-à-vis du pétrole. Alors, évidemment, la dernière chose que les États-Unis feront est d'empêcher le réchauffement climatique. Donc, si nous sommes en retard sur le réchauffement climatique, c'est que le niveau de la mer ne monte pas assez vite. Le monde ne se réchauffe pas assez vite pour ne pas verrouiller la dépendance étrangère vis-à-vis du pétrole américain.

Et je pense que vous avez vu ces dernières semaines, ce que le président Biden a dit, le carburant du futur est le charbon et le pétrole. En ce moment, il est en Pologne. Je pense qu'il suggère que le charbon polonais, qui est l'un de ses principaux produits, soit utilisé en Europe à la place du gaz russe. Ainsi, la politique étrangère américaine est basée sur l'utilisation accélérée du charbon et du pétrole, et non sur les énergies renouvelables.

Maintenant, c'est pourquoi je pense que le mouvement écologiste devrait devenir un mouvement anti-guerre et le mouvement contre cette hégémonie néolibérale du dollar. Vous n'allez pas éviter le réchauffement climatique à moins d'arrêter la domination de la politique étrangère américaine par l'industrie pétrolière .

MF : Je pense que nous avons vu ce changement au cours des dernières années où le mouvement climatique commence à comprendre que nous ne pouvons pas résoudre cette crise sans nous adresser à l'armée américaine. Donc, juste dans les dernières minutes que j'ai avec vous, qu'avez-vous à dire aux auditeurs sur où cela nous mène matériellement en tant que personnes vivant aux États-Unis, un pays qui s'est révélé être un État défaillant ? La pandémie de Covid-19, je pense, a vraiment révélé cela à bien des égards, l'insécurité financière à laquelle les gens sont confrontés, le logement, l'éducation, les soins de santé, tous les échecs du gouvernement à répondre aux besoins fondamentaux de la population. Comment pensez-vous que cela va changer avec cette nouvelle situation?

MH : Eh bien, les États-Unis bénéficient d'un tour gratuit à l'échelle internationale. Ainsi, une grande partie de la prospérité ici est le résultat du fait que nous n'avons pas à payer nos propres dépenses militaires, à ne pas avoir à payer de nombreux investissements étrangers que nous avons qui fournissent aux États-Unis des matières premières étrangères à bas prix. Tout cela se termine par la politique du président Biden, que, bien sûr, les républicains soutiennent tout autant que les démocrates.

Donc, il y a vraiment un mouvement politique qui finit par appauvrir, je dirais, 99% des américains. Alors que la Réserve fédérale sauve le marché des actions et des obligations pour le 1%, il va y avoir une énorme pression qui va forcer, je pense, la plupart des familles américaines à s'endetter, ce qui entraînera probablement la fermeture de beaucoup d'entreprises comme vous l'aviez fait. la crise du Covid a fait fermer beaucoup d'entreprises. Vous allez avoir la hausse des prix du carburant, la hausse des prix des denrées alimentaires forçant complètement les familles à faire défaut et une incapacité à subvenir à leurs besoins sans s'endetter ou vendre leur maison et devenir locataires.

MF : Et c'est un tout autre problème avec l'achat de logements aux États-Unis par ces sociétés d'investissement afin qu'elles puissent ensuite contrôler ces prix de location. Il semble que des jours difficiles s'annoncent.

MH : Oui. Eh bien, et personne ne peut vraiment, c'est vraiment un territoire inexploré parce que personne ne pensait qu'il y avait une alternative. Le point de vue économique était, comme l'a dit Margaret Thatcher, "Il n'y a pas d'alternative". Eh bien, maintenant, l'Amérique a forcé le monde à trouver sa propre alternative.

MF : Eh bien, merci de partager cette sagesse avec moi. J'encourage les gens à continuer à vous suivre, à lire vos livres et à suivre votre écriture. Quel est le meilleur endroit pour vous trouver ?

MH : J'ai un site internet : Michael-Hudson.com. Et je suis sur Patreon. Je poste mes articles sur le site et sur Patreon.

MF : Eh bien, merci beaucoup d'avoir pris le temps de me parler aujourd'hui, et pour l'important travail que vous faites.

MH : Eh bien, je suis très content que nous ayons dû en parler, Margaret.




Friday, April 26, 2019

La République des Imbéciles


Le Parlement, c’est-à-dire le Sénat, dit « chambre haute » et l’Assemblée nationale, dite « chambre basse », les Ministères et bien sûr la Présidences sont le décor de la grande Comédie qui, depuis 1789, quand elle a eu sa « Première », est jouée sous nos yeux et pour nos yeux. Dans cette Comédie les acteurs sont nombreux : les Députées et les Sénateurs, les Président de la République, les Ministres, les partis politiques, ainsi qu’une nuée de bon monde se pressant autour de la ruche bourdonnante et se prenants pour plus important qu’ils ne le sont, nous gouvernent. Enfin, c’est ce qu’ils nous disent !
La République, la Démocratie, la Liberté, l’Égalité, toutes ces belles choses qui font la Qualité de notre vie, du moins c’est ce que l’on nous fait comprendre, sont les fruits de la Révolution… ou peut être seulement des leurres ; des leurres nés de l’incapacité des personnages ayant « fait » la Révolution d’imaginer que le Peuple ne voulait pas la tête du Roi sur un pique.
Ou bien ce pourrait-il que la bourgeoisie révolutionnaire ait eut d’autres objectifs, des objectifs plus lucratifs, que de faire ce que le Peuple désirait ?
Serait-il possible, qu’une fois de plus le Peuple à été trompé ?

En 1887, Gabriel Prévost, le futur auteur de « L’angoisse de nos temps (1896) » et du « Bonheur comme phénomène social (1907) », publia un opuscule mi-pamphlet et mi-essai, « La République des imbéciles, par un futur ministre » dans lequel il dénonçait la « loi du nombre » qui, érigée en garante de la démocratie, opprime en réalité le Peuple qu’elle prétend libérer et dont elle flatte l’apparence de souveraineté.


Avertissement !
Le texte étant écrit en 1887 il n’a pas de rapport direct avec la situation actuelle.
Enfin presque pas… à part peut être que les « Imbéciles » sont encore toujours au pouvoir !
Lisez !
Cela en vaut la peine !

***


LA REPUBLIQUE DES IMBECILES
PAR
UN FUTUR MINISTRE


PARIS

LIBRAIRIE GÉNÉRALE L. SAUVAITRE
72, BOULEVARD HAUSSMANN, 72
1887

***
PARIS
IMPRIMERIE DE G. BALITOUT ET C°
7, rue Baillif, et rue de Valois, 18






UN MOT AVANT


— Futur ministre ?... Vous vous flattez.

— Y a-t-il vraiment de quoi ? Si nul ne peut affirmer qu'il le sera, personne ne peut jurer qu'il ne le sera pas. Au train dont vont les choses, il faut de la déveine pour ne pas voir sortir un jour sa nuance. Dix ministères existent aujourd'hui. On en créera peut-être douze. Mettons dix. En quinze ans, avec un changement de ministère par an, en moyenne, on a un total de cent cinquante ministres ; et quinze ans ne sont pas la vie d'un homme.

Est-ce à dire que, depuis quinze ans, on a vu se succéder autant de génies que de ministres ? L'assertion serait hasardée, n'est-ce pas ? Nous en avons vu d'illustres, qui n'ont pas eu le temps de justifier de leur célébrité ; de médiocres, qui ont constitué des cabinets incolores ; d'incapables, qui sont restés assez de temps pour faire des sottises.

Mettez-moi, à votre choix, dans une des deux dernières catégories, en notant, toutefois, que j'ai l'immense avantage de ne pas avoir été essayé.

Je constate un mal et je propose un remède, seule excuse pour se permettre la critique. Mais pour établir une réforme, il faut un moyen d'agir. A ce point de vue, la qualité de futur ministre me paraît à peine suffisante. On est ministre, en nos temps, comme ces voyageurs des pics alpestres, qui s'attachent les uns aux autres, pour ne pas tomber dans les abîmes. Cette solidarité, efficace pour repêcher les défaillants, est gênante au possible pour ceux qui veulent marcher à part.

— Président du Conseil alors ? Comme vous y allez !

— Est-ce si enviable ? Le poste m'inquiéterait plus qu'il ne me tente, par les difficultés qu'on y éprouve à y mettre en pratique les vérités qu'on a émises. Les plus audacieux y laissent leur audace, et se contentent de se cramponner à la Corse.

Somme toute, le titre de futur ministre n'engage pas à grand’ chose. Il donne seulement prétexte à attirer l'attention sur les idées qu'on exprime.

Or, ce qui suit est un cri de franchise, comme il est quelquefois utile d'en jeter, quand on aime sincèrement son pays.

En m'abstenant de signer, je livre les idées à la discussion sans influencer d'aucune sorte le jugement qu'on en portera, en bien ou en mal.

On fait œuvre égoïste en attirant le tapage sur ses idées ; on fait œuvre utile, en livrant à la discussion, même des utopies.

***


LA RÉPUBLIQUE DES IMBECILES

UN MOT AVANT
— Futur ministre ?... Vous vous flattez.
— Y a-t-il vraiment de quoi ? Si nul ne peut affirmer qu'il le sera, personne ne peut jurer qu'il ne le sera pas. Au train dont vont les choses, il faut de la déveine pour ne pas voir sortir un jour sa nuance. Dix ministères existent aujourd'hui. On en créera peut-être douze. Mettons dix. En quinze ans, avec un changement de ministère par an, en moyenne, on a un total de cent cinquante ministres ; et quinze ans ne sont pas la vie d'un homme.
Est-ce à dire que, depuis quinze ans, on a vu se succéder autant de génies que de ministres ? L'assertion serait hasardée, n'est-ce pas ? Nous en avons vu d'illustres, qui n'ont pas eu le temps de justifier de leur célébrité ; de médiocres, qui ont constitué des cabinets incolores ; d'incapables, qui sont restés assez de temps pour faire des sottises.
Mettez-moi, à votre choix, dans une des deux dernières catégories, en notant, toutefois, que j'ai l'immense avantage de ne pas avoir été essayé.
Je constate un mal et je propose un remède, seule excuse pour se permettre la critique. Mais pour établir une réforme, il faut un moyen d'agir. A ce point de vue, la qualité de futur ministre me paraît à peine suffisante. On est ministre, en nos temps, comme ces voyageurs des pics alpestres, qui s'attachent les uns aux autres, pour ne pas tomber dans les abîmes. Cette solidarité, efficace pour repêcher les défaillants, est gênante au possible pour ceux qui veulent marcher à part.
— Président du Conseil alors ? Comme vous y allez !
— Est-ce si enviable ? Le poste m'inquiéterait plus qu'il ne me tente, par les difficultés qu'on y éprouve à y mettre en pratique les vérités qu'on a émises. Les plus audacieux y laissent leur audace, et se contentent de se cramponner à la Corse.
Somme toute, le titre de futur ministre n'engage pas à grand’ chose. Il donne seulement prétexte à attirer l'attention sur les idées qu'on exprime.
Or, ce qui suit est un cri de franchise, comme il est quelquefois utile d'en jeter, quand on aime sincèrement son pays.
En m'abstenant de signer, je livre les idées à la discussion sans influencer d'aucune sorte le jugement qu'on en portera, en bien ou en mal.
On fait œuvre égoïste en attirant le tapage sur ses idées ; on fait œuvre utile, en livrant à la discussion, même des utopies.

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LA RÉPUBLIQUE DES IMBECILES
— « Nous sommes en République ! » -— Cette phrase répétée chaque matin, suffit pour combler d'aises une nuée de pauvres diables, qui se figurent naïvement que, puisqu'on est en République, le peuple va connaître des félicités jusqu'ici refusées à sa misère.
Avec quelle facilité, nous nous payons de mots ! République, Monarchie ne sont malheureusement que des mots, et de vieux mots, désignant d'assez vieilles choses. Le mot suffit. On nous prouverait, par les meilleurs arguments, qu'il y a des Monarchies qui sont des Républiques, et des Républiques qui sont des Monarchies ; on perdrait son temps. Demain, la République bâillonnerait toutes les libertés ; après-demain, la Monarchie les rendrait toutes ; on n'en serait pas moins convaincu qu'on était libre en République et qu'on est esclave en Monarchie. L'étiquette du sac passe avant la monture.
Au fond, il y a là un excellent sentiment qui rend la partie belle à tous les gouvernements désireux de se tirer d'affaire avec des apparences et des mots. Depuis un siècle, ils n'ont pas fait autre chose.
Il semblerait donc que, chez nous, établir une stabilité gouvernementale est le problème le plus facile à résoudre. Or, depuis 89, nous avons, en moins de cent ans, essayé et usé plus de Constitutions que tous les peuples de l'Europe, depuis le commencement de leur histoire : Monarchie légitime représentative, République, Convention, Directoire, Consulat, Empire, retour à la Monarchie légitime avec Parlement, Monarchie révolutionnaire, deuxième République, deuxième Empire, troisième République, etc.
Est-ce définitif cette fois ? d'aucuns le disent, sans le penser ; d'autres le pensent, sans en être bien sûrs.
La vérité est que, depuis cent ans, nous cherchons un gouvernement et que nous ne l'avons pas encore trouvé. Quand l'aurons-nous ? le jour où on aura sérieusement résolu le problème de l'organisation de la démocratie.
La Démocratie, organisée comme elle l'est est un abominable mensonge, sur lequel ne peut se greffer rien de sérieux ni de durable.
Jusqu'à 1789, il y a eu accord parfait entre l'Etat social et le régime politique établi. La noblesse réduite à un rôle de cour, le peuple qui ne comptait pas encore : tout s'absorbait dans la volonté d'un maître unique : « Si veut le roi ; si veut la loi. » On peut, suivant les points de vue, regretter ou haïr ce mécanisme peu compliqué. L'enfance et la jeunesse des peuples s'en contentent. En tout cas, il a connu peu d'opposition ; et la meilleure preuve de sa viabilité sont les douze siècles qu'il a vécu.
L'œuvre de la Révolution de 1789 a été fort mal comprise. Dire qu'elle a eu pour but de chasser à tout jamais les monarchies, en fondant la république, n'est bon à enseigner que par les instituteurs de village sollicitant les palmes académiques.
Son unique résultat, son résultat utile, a été uniquement le renversement de l'état social précédent. L'abbé Sieyès en avait conscience, en éditant sa fameuse sottise : « Le tiers état, qu'est-il ? Rien. —Que doit-il être ? Tout. » Pourquoi tout ? Uniquement parce que l'abbé Sieyès en était. On commençait déjà, comme on l'a fait depuis, à faire de la politique plus intéressée qu'intéressante.
La Révolution de 1789 n'a, en effet, rien fondé ; elle s'est bornée à détruire. Prévost-Paradol a eu parfaitement tort d'écrire en 1868 : « La Révolution française a fondé une société : elle cherche encore son gouvernement. » Si la Révolution française avait fondé une société, il y a beau temps que cette société eût trouvé son gouvernement, et nous n'en serions pas aujourd'hui à nous tenir, un pied en l'air, comme le génie de la Bastille, dans une position fort gênante pour l'équilibre.
Non, mille fois non, encore une fois, la Révolution française n'a rien fondé. Tous ses « immortels principes », bien étudiés, ne sont que des formules de négation.
L'un d'eux proclame : Tous les hommes sont libres. Traduisez qu'ils n'obéiront plus à leur seigneur et à leur curé. Mais de quelle façon seront-ils libres ?... Comment assurera-t-on leur liberté ?... De quelle façon fonctionnera-t-elle ? Pas un mot.
L'autre établit : Tous les hommes sont égaux. Traduisez que le seigneur n'aura pas plus de droits que son manant. Mais de quelle façon seront-ils égaux ?... Pas un mot.
Et en effet, pris naïvement au pied de la lettre, tous ces immortels principes ne seraient que de fastueuses inepties. Eh quoi ! Le sujet d'un despote, qui a trois cent mille livres de rente, n'est pas plus libre que le pauvre diable qui s'installe, tous les matins, au coin des rues, pour cirer des bottes. Les obstacles à la liberté nous enlacent, nous étreignent de toutes parts. Où commencé ma liberté ? où finit-elle ? La science même va jusqu'à nier notre libre arbitre !
Ces principes ont-ils été plus heureux du côté de l'égalité ? Toutes les républiques du monde n'empêcheront pas le gredin qui a fait fortune, de bénéficier d'un certain nombre de privilèges absolument refusés à celui qui est resté pauvre. Puis, il y a le talent, avec lequel il faut un peu compter. Il faut bien reconnaître un petit échelon de suprématie entre un savant illustre et un épicier électeur. — Je le vaux bien, s'écrie l’émanciper. — En quoi ? en poids ? en volume ?
Et ce qu'il y a de plus terrible, c'est que ni théories, ni moyens violents ne pourront jamais lutter contre des faits naturels que la science elle-même se borne à constater. Aller contre eux est aussi fou que de vouloir arriver par des raisonnements à arrêter la gravitation universelle. Liberté et égalité sont des négations, sous peine de ne rien signifier du tout.
Mais si la Révolution française avait fondé quelque chose, est-ce que, neuf ans après la mort de Louis XVI, la France aurait pu tomber sous la monocratie d'un Napoléon, despote plus absolu que tous les rois précédents ? Est-ce qu'aujourd'hui encore, après cent ans bientôt) nous nous trouverions dans un tel état d'instabilité qu'on se sent à la merci du premier intrigant qui saurait oser ? Est-ce qu'on éditerait toutes les folies qu'on édite, en vue de compléter une œuvre qui n'est même pas commencée ?
Nous avons, depuis 1789, des étiquettes, des emblèmes, des mots. Nous allons de provisoire en provisoire, d'expédients en expédients. Nous nous estimons heureux quand nous voyons dix-neuf ans s'écouler sans guerre civile ; mais de gouvernement, nous n'en avons pas l'ombre.
A défaut de gouvernement — nous définirons ce mot tout à l'heure — la France marche à grands pas, et sûrement, vers un cataclysme, que tout le monde pressent. Elle s'affaisse lentement comme un corps privé de vie. C'est pis que la décadence ; c'est l'effritement où s'anéantiront sa grandeur, son génie, sa richesse et peut-être son nom.
L'absence de gouvernement (ou d'état politique en accord avec l'état social) est nécessairement un régime précaire, entraînant avec lui toutes les conséquences fatales de la précarité.
La vie est suspendue. Toutes les crises sur lesquelles on s'amuse à faire des enquêtes, n'ont pas d'autres causes. L'arrêt du cœur, qui interrompt la circulation, engendre ce qu'on appelle les crises industrielles, agricoles, financières, commerciales. Qu'on nous cite donc un seul élément de la vie nationale qui ne soit pas en état de crise.
Un résultat contraire serait encore plus surprenant. Et, en effet, les conditions d'existence dans lesquelles se trouvent aujourd'hui les nations européennes, demandent, bien plus encore que jadis, la certitude et la garantie du lendemain, qui nous font totalement défaut.
La richesse est le produit de la circulation des valeurs ; mais, pour qu'il y ait circulation, il faut la confiance bien assise que, pendant vingt, trente ou quarante ans, aucun bouleversement politique ou social n'entraînera la diminution ou la perte totale de ces valeurs ! Or, qui répond aujourd'hui, non seulement de vingt ans, mais de dix ans, mais de cinq ?
Et l'on vient nous dire que la Révolution a trouvé sa consécration définitive dans la forme de gouvernement qui nous régit ! Allons donc !
Etant donné le point de notre histoire auquel nous sommes parvenus, est-il possible d'asseoir un gouvernement ? Nous le croyons. Mais, avant de le démontrer, il est nécessaire de bien connaître la maladie qui nous mine.
La France se meurt du despotisme le plus terrible dont puisse souffrir un peuple, la mauvaise organisation du gouvernement de tous par tous, autrement dit la fausse application de la loi du nombre.
La chute de l'ancien régime à enlever à l'autorité sa base dans l'autorité d'un seul homme. De là à chercher une nouvelle base dans le consentement de tous ou le suffrage universel, il n'y avait plus qu'une question d'étapes à parcourir. C'est chose faite chez nous.
Nous ne parlerons pas des pays étrangers, fort mal jugés, en général, où le courant est plus lent ou mieux endigué. Tous nos hommes d'État, un peu perspicaces, n'ont pas été longs à deviner l'avènement de la démocratie. Napoléon la préparait, lui-même, en faisant des princes avec des postillons, et Louis-Philippe, en essayant du suffrage restreint, à supposer qu'il eût fondé une dynastie, n'aurait pu empêcher ses descendants d'être aux prises avec le suffrage universel, sinon tel qu'il existe aujourd'hui, au moins avec son principe comme base de gouvernement.
Il faut, pourtant, avoir le courage de le dire, aucun gouvernement, pas même la République, n'est possible avec le suffrage universel tel qu'il se pratique aujourd'hui et que nous appelons, pour plus de rapidité, la loi du nombre. Cette loi du nombre, qui n'est pas d'hier, a été le signal de l'agonie des nations, et cette vieille machine des temps passés est un fléau pour le peuple lui-même, qui n'imagine pas le leurre et le danger de l'arme qu'on lui a mise entre les mains.
Pour mieux accentuer la dérision du rôle qu'on lui fait jouer, on l'intitule le Peuple Souverain. Acceptons un instant cette dénomination, qui n'a rien de républicain, et voyons en quoi consiste cette Souveraineté.
Elle consiste précisément, pour la collectivité régnante, à en faire un usage d'un jour, tous les quatre ou cinq ans, au moyen de morceaux de papiers déposés dans une urne, et à l'abdiquer ainsi périodiquement, entre les mains de mandataires, qui, une fois élus, deviennent des maîtres.
Rions-en un peu, la comédie est bouffonne.
Des fruits secs de toutes les carrières, des avortons de tous les métiers se promènent pendant un mois, de clubs en meetings, faisant outrageusement leur propre éloge, avec l'impudence de pitres à la foire. Tous ces Chaloupet, tous ces Duflambart et autres célébrités nationales, que Gambetta appelait des sous-vétérinaires, pour ne pas leur donner leur vrai nom : — Des ratés, — abandonnent presque toujours un cabinet d'avocat où il ne venait personne, un cabinet de consultation où ils ne traitaient pas un rhume, un comptoir sans clients, une caisse sans capitaux. Incapables de faire de bons clercs de notaires, ils se jugent dignes d'être élus députés, c'est-à-dire, comme le disait devant nous un député républicain, de devenir un des cinq ou six cents rois qui dirigent le pays.
Singuliers rois, mais enfin ! le poste est enviable, à en juger par les efforts qu'ils mettent à l'obtenir. Une fois nommés, ils ne se gênent guère pour repousser du pied tous ces tas d'électeurs qui les ont hissés sur le pavois !
Aussi, pour employer des noms en rapport avec ces vieilleries, Brutus promet à ses électeurs le pain à discrétion ; mais Cincinnatus s'engage à fournir les faisans truffés et les gâteaux. Gracchus demande la participation de l'ouvrier au capital ; mais Cinna s'offre pour anéantir le capital et le bourgeois par-dessus le marché. Scipion s'inscrit pour la séparation de l'Église et de l'État ; mais Glabrion, moins clérical, exige la transformation des églises en lupanars. Icinius veut la réforme des lois criminelles, mais Virginion met dans son programme l'abolition des délits politiques, avec récompense aux délinquants. Tribonien se déclare partisan de la magistrature élective ; mais Pomponius, moins réactionnaire, veut le remplacement des magistrats par les détenus.
Assaut de bourdes, qui n'engagent à rien. Le tour est joué.
Le plus blagueur l'emporte. Il lui est permis d'ignorer jusqu'à l'orthographe. Nous connaissons un pur de cette force.
Et après ?
Après, on attendra quatre ans pour nommer un autre pur, encore plus pur, qui, certainement cette fois, réalisera le progrès qu'on attend toujours et qui n'arrive jamais !
Pour l'instant, le candidat est élu. Que fera-t-il de ses promesses ? Ce qu'on fait d'un tremplin, quand on a sauté. On l'éloigné. Tous les Pomponius, Glabrion et compagnie savent bien comment on s'allège du fardeau des engagements. Chaque député a six cents camarades pour en partager le poids. Qu'il soit sincère ou non, la comédie sera la même. Rien ne coûte de lancer une proposition ; si elle est acceptable, elle passera par la force des choses ; si elle ne l'est pas, il aura conquis, en la lançant, la popularité, et de Belleville à Ménilmontant, on s'écrira : — Comme il a bien parlé !
Après tout, notre peuple athénien n'en demande peut, être pas davantage. On serait souvent tenté de croire qu'il en est de ses votes comme des fusées de feu d'artifice. Que la fusée porte haut, qu'elle fasse beaucoup de bruit en éclatant, il est content et il applaudit.
Que diable peut bien faire un homme avec le mandat indéfini et le plein pouvoir que lui confère le souverain in partibus !
Donnez-lui le génie de Newton, l'énergie de Bonaparte, la science de Pic de la Mirandole, l'honnêteté de Washington ; supposez-le universel et supérieur dans toutes les connaissances humaines ; dégagez-le par surcroît de toutes les passions personnelles ; c'est à peiné s'il sera à la hauteur du mandat général dont il est tenu de s'acquitter. Et voilà un monsieur quelconque, qui hier encore, était droguiste médiocre, photographe incompris, médecin sans malade, avocat sans client, ingénieur sans travaux, non-valeur de la société, échoué de la vie, qui devra faire des lois sur: les finances, l'agriculture, le commerce, l'instruction, l'armée, la marine, les chemins, de fer, la navigation, la propriété, la famille, la justice, la presse, la magistrature, les relations avec l'étranger, toutes choses résumant l'existence d'un peuple, auxquelles il n'entend rien ! Et l'on suppose que cet homme politique, qui n'est bon à rien, est bon pour conduire un peuple ! Et l'on s'imagine que la réunion de toutes ces nullités feront connaître aux électeurs des jours meilleurs que ceux de la monarchie ! Mais à Bicêtre ou à Charenton, on ne raisonnerait pas autrement !
L'élu s'est présenté pour la droite ou pour la gauche, Peu importe. Dans le premier cas, il a dit à ses électeurs que la République allait mal, dans le second, il a affirmé que la monarchie irait mieux. A-t-on seulement demandé à ces aimables pitres quels moyens ils emploieraient pour réaliser leur programme ? On s'en est gardé ; et heureusement ; leur embarras eût été atroce.
Le peuple peut bien s'amuser à tourner, pendant des milliers d'années, dans ce cercle aussi vicieux que récréatif ; il s'apercevra, trop tard, que la loi du nombre est encore le plus sûr expédient pour l'enfermer dans une cage d'écureuil, où il agit des jambes pour faire tourner sur place une roue dont l'axe est immobile.
Il est vrai que, par compensation, on lui fait accroire que la loi du nombre est le rempart de sa République
Admettons un instant, à cet égard, des événements possibles, sinon probables :
La République, qui a bien promis de n'attaquer personne, n'a pu jurer qu'elle ne serait pas attaquée. Un pays voisin nous déclare la guerre. Le général Grandsabre, après plusieurs victoires, est nommé général en chef de l'armée du Rhin. De succès en succès, il va signer à Berlin, au nom de la France, le traité qui nous rend l'Alsace et la Lorraine.
Aucune, force humaine n'empêchera un grand courant d'opinions de se manifester en faveur du général Grandsabre. L'honorable et vénéré citoyen Crapulot, à ce moment président de la République, aura beau faire appel aux « immortels principes » et frapper comme un Aristide le général victorieux ; quatre-vingt-cinq départements le porteront au Corps Législatif.
Encouragé par un pareil appui, Grandsabre sollicitera du suffrage universel la dictature ou la couronne, à son choix. Il l'aura. Ne criez pas à l'invraisemblance. Il n'y a pas dix-sept ans que le suffrage universel était monarchiste.
D'aucuns s'écrieront : — La voilà, la solution ! vive Grandsabre Ier ; et que ce soit fini, cette fois.
Malheureusement non ; rien ne serait fini. Le même suffrage universel qui aurait acclamé Grandsabre, recommencerait cinq ans après (ne serait-ce que pour se distraire) à lui envoyer à la Chambre des Chaloupet et des Duflambard, qui l'entameraient petit à petit. Dix ans après, ou il nous ramènerait à l'an 500 de notre histoire, ou il serait flanqué à la porte au profit d'une quatrième République. Et ce serait comme cela jusqu'à la consommation des siècles !
Nous avons vu récemment, dans l'établissement du scrutin de liste, un de ces beaux effets de la loi du nombre et de sa docilité à être menée par des mots.
Si une Chambre monarchique s'était avisée d'inventer ce croc-en-jambe, on se serait levé en masse d'un bout à l'autre de Paris. C'est la République qui faisait le cadeau ; ce sont les mandataires du peuple souverain qui installaient une nouvelle méthode pour lui faire dire oui ou non à volonté. Il a laissé faire. Il ne s'est pas enquis, un seul instant, si ce nouveau système, destiné à mieux mener le peuple souverain, était parfaitement respectueux de sa souveraineté. Donné par la République, le scrutin de liste ne pouvait être qu'un présent aimable. Au fond, il s'agissait de forcer le suffrage universel à jouer de nouveaux motifs. L'instrument a joué la Carmagnole et Vive Henri IV ! Qui sait si, demain, on ne lui fera pas jouer un cantique !...
La scène suivante suffira pour rendre notre pensée plus claire, relativement au scrutin de liste.
M. de Bois-Blanc, premier ministre de S. M. Fanfreluche XXII, mande à son cabinet le préfet d'un département.
— Eh bien ! monsieur le Préfet, où en sommes-nous pour les élections ?
. — La liste est dressée. Pas un nom hostile au Gouvernement.
Faute énorme, monsieur le Préfet : vous n'êtes pas sans avoir dans le département des personnalités opposantes.
~ — Hélas ! oui. Monsieur Bambochard, fils du concierge de la loge maçonnique, s'est fait un parti, en donnant des consultations médicales gratuites.
— Vous le mettrez sur notre liste.
— Vous n'y songez pas, monsieur le Ministre ; il a juré d'étrangler le dernier roi avec les boyaux du dernier des prêtres.
— Raison de plus. D'abord, on n'a pas toujours un de ces boyaux sous la main, et puis... vous connaissez mal le suffrage universel. Bambochard, une fois porté sur notre liste, est tué. Suivez-moi bien :
Le seul fait d'être porté sur notre liste va le rendre suspect à tous les « purs » du département. Il se peut qu'il proteste avec indignation contre son inscription. Il n'en restera pas moins acquis que nous l'acceptons. Nous supposons ici le cas le plus défavorable, le cas d'un Brutus incorruptible. (Ils sont fort rares:) Il reste sur notre liste et passe. Alors, c'est autre chose. Il est, sur la liste, comme un est à huit. Que, dans tous les départements, l'opposition soit dans la même proportion, la Chambre entière sera mathématiquement composée de sept adhérents contre un opposant. Nous avons une Chambre idéale, où la minorité servira de tête de turc pour essayer la force des ministres. Il n'y a pas de bonne Chambre sans cette tête de turc.
On objectera le récent scrutin où les ministres dirigeants n'ont rien dirigé du tout.
Mais non ; le meilleur instrument est mauvais, quand il est mal joué. N'ont-ils pas fait, les maladroits, des élections de combat ? Au lieu d'anéantir les opposants par une incorporation savante, ne se sont-ils pas simplement mis en lutte avec eux, en leur laissant l'intégralité de leurs forces. Spartacus de 85, vous auriez vu comment Gambetta se fût servi du scrutin de liste, et quels mamelouks il en eût fait sortir.
Pourtant, scrutin de liste, scrutin d'arrondissement diffèrent peu quant à leurs résultats définitifs. Il s'agit toujours de nommer des hommes pour une antique plaisanterie, toujours la même, parler pour ne rien dire et s'agiter pour ne rien faire.
On ne saurait trop s'étonner de ce fonctionnement de la loi du nombre, où des gens qui ne savent pas ce qu'ils veulent, s'adressent à d'autres gens pour voir s'ils le sauront mieux qu'eux.
Ce peuple qui a des intérêts, des besoins précis, qui aurait tout à gagner à s'occuper de l'amélioration matérielle de ses affaires, se laisse, ici et là, catéchiser par deux ou trois commissionnaires en élection, qui détournent son attention sur les questions oiseuses, dont la solution, supposée possible, ne lui donnerait pas un morceau de pain à mettre en plus sous sa dent.
Ces farceurs ambitieux lui démontrent qu'il est très malheureux, démonstration facile, qui n'engage à rien. Cela fait, l'un lui affirme que c'est la faute au Sénat, l'autre que c'est la faute aux prêtres. Admettons le Sénat expulsé et les prêtres pendus.
Et après ? où sera le morceau de pain ?
Les électeurs ont fait de la politique, ce qui ne sert pas à grand-chose, et ils ont donné des mandats politiques, Ce qui ne sert à rien.
Eh parbleu ! soyez tranquille ; ils vous en feront de la politique, vos mandataires ; ils vous en feront tant que vous voudrez, plus que vous n'en voudrez.
' Ont-ils tort ? Pourquoi les blâmer ?
Après, tous vos élus fraternisent à la buvette de la Chambre, et les moyens ne leur manquent pas pour se débarrasser des solutions gênantes ; « Nomination d'enquête » pour constater, dans un rapport officiel, que la lune est toujours à sa place ; « renvoi aux commissions » autrement dit aux calendes grecques ; « prises en considération, » ils ne disent pas si c'est une considération Distinguée ; etc., etc., tout autant d'échappatoires pour payer les mandants en monnaie de singe. Et après ?
Les électeurs sont contents : ils sont en République !
Tout le monde est content, même les députés. Ce n'est pas que le mandat soit rétribué d'une façon énorme, bien qu'on en puisse vivre largement. Mais il y a les petits bénéfices qui sont considérables.
Un député ne discontinue pas d'être « honorable » vis-à-vis la loi et de ses électeurs, en spéculant à la Bourse, sur les nouvelles qu'on cache au vulgaire ; idem, s'il vend le patronage de son nom à une compagnie financière ou industrielle. Idem, s'il a crédit chez un agent de change, pour profiter d'une baisse qu'un de ses votes a fait naître. Le bénéficiaire de la loi du nombre a, comme les curés, le fixe et le casuel.
Il est donc naturel qu'il tienne à sa place et ne voie pas approcher, sans terreur, le moment de comparaître à nouveau devant son souverain, le peuple, qui a, parfois, ses caprices, comme tous les souverains.
Nos grands-pères de 89 - pas si bêtes - avaient décidé qu'aucun député d'une législature ne pourrait faire partie de celle qui la suivrait. La loi du nombre est plus... libérale. La réélection n'a pas de limites. Certains départements, bien endoctrinés, renomment les mêmes députes depuis la guerre de 70. Ils les renommeront sans s'occuper des événements, tant qu'il plaira à ces favoris d'être... nommés.
C'est l'exception enviée et enviable. Le plus grand nombre est inquiet devant la fatale question toujours suspendue sur sa tête : être ou ne pas être... réélu.
Soumis à la même incertitude menaçante, tous ces honorables se raccommodent à la buvette et se passent réciproquement la rhubarbe et le séné. Avant tout, chacun veut être réélu.
Alors se créent (avec l'argent des électeurs, cela va de soi), ces grandes et petites sinécures qui vident les caisses de l'Etat, au profit des commis-voyageurs électoraux : à toi, une recette ; à toi, de l'argent de poche ; à toi, une inspection des courants d'air... Une nuée de Robert-Macaires viennent mettre, à tout instant, le pistolet de la non-réélection sous la gorge du député, qui ne s'en tire pas toujours avec des bureaux de tabac ou des kilomètres de rubans rouges, verts, jaunes ou violets.
Notez qu'ils sont 584 pour cette besogne patriotique ; et l'on s'étonne, un beau jour, que l'Etat n'ait plus le sou !
Malheureusement, les sottises d'en haut, pareilles aux nuages, finissent toujours par se résoudre en pluie sur la tête de ceux qui sont en bas.
Les affaires, le travail, - pour mieux dire, le bien-être du plus grand nombre, se ressentent des dilapidations d'en haut. Dans la santé d'un Etat, comme dans celle d'un individu, tous les organes sont placés sous une étroite dépendance.
Chez nous, le cœur est atteint par l'arrêt de la circulation de l'argent. L'argent se cache ; l'argent a peur. Qu'il ait tort ou raison ; aucun moyen violent ne peut le déterminer à se montrer. Nos politiciens oseraient demain quelque attentat contre la fortune privée, qu'après-demain, nous aurions les assignats, et dans un mois, la banqueroute. L'argent aurait filé à l'étranger ou se cacherait davantage.
Qui donc, si ce n'est l'ouvrier, pâtirait le plus de la confiance perdue ?
On oublie trop le mot célèbre : « Faites-nous de bonne politique ; je vous ferai de bonnes finances ».
Mais nous répéterons à satiété qu'aucune politique n'est possible avec une démocratie mal organisée. Si nous laissons cette loi du nombre fonctionner comme un despotisme aveugle, nous arriverons à un état de crises permanentes où nous perdrons le peu qui nous reste de virilité et de force. Nous irons de la démagogie à César, de César à un roi, de ce roi à un dictateur, de ce dictateur à des intermèdes de République ; mais nous n'aurons jamais que des régimes de fait, qui sont la mort de la liberté et le signal de la fin d'un peuple.
La loi du nombre est à modifier en ce qui touche aux mandataires et en ce qui touche aux mandants.
Pourquoi, d'abord, donner aux élus un mandat général et vague, dont le tort est de se résoudre en tournois stériles ?
La Chambre actuelle compte 584 députés, qui, collectivement et individuellement, sont sans programme. Nous n'appellerons pas programme les deux ou trois phrases creuses qui ont servi de base à leur élection. Admettons que telle ou telle fraction obtienne des suffrages de la Chambre, l'adhésion aux idées qu'elle représente, en serons-nous plus avancés ? Aurons-nous fait un pas vers la stabilité gouvernementale ou l'amélioration des affaires ? Eh ! non. Peut-être au contraire.
Nos mandataires bavardent, discutent. Sans s'en douter, ils donneraient presque raison aux anarchistes, qui les suppriment théoriquement. Leur besogne actuelle est tellement stérile qu'on est soulagé par leur absence et qu'on ne s'apercevrait pas de leur disparition.
Tous les Français devraient être tenus, à titre d'instruction gratuite et obligatoire, d'assister, chacun à leur tour, à une séance de la Chambre. Ils en reviendraient corrigés de leur amour pour la loi du nombre.
Nous ne parlons pas des congés ou absences qui mettent, à tous moments, les délibérants en insuffisance. Nous supposons tous les mandataires zélés, consciencieux et présents.
Vienne sur le tapis une question d'intérêt matériel dont le contre-coup se fera sentir sur la fortune publique : traités de commerce, emprunts de cité, communications à établir ; un vote par assis et levé en fait justice. L'affaire est réglée en un clin d'œil.
Mais vienne une question qui mette en jeu des passions politiques, aussi palpitante, par exemple, qu'une interpellation à la Chambre à propos d'un rabbin juif qui a refusé de circoncire le fils d'un concierge dont le père est libre-penseur ; en avant les phrases à effets et les épithètes heureuses : — Voleurs, menteurs, assassins, calotins. Et les discours de marcher, et les répliques !...
La jolie besogne !...
Après, il reste huit jours pour voter un budget en déficit ; et il est probable qu'on attendra longtemps avant que le susdit budget verse le torrent de ses économies sur les électeurs en détresse.
Avouons-le donc une bonne fois, le parlementarisme, tel que nous le pratiquons encore, est une vieille routine qui n'a plus sa raison d'être. Inventée pour faire contrepoids à l'autorité royale, il s'expliquait sous la monarchie, où un discours reproduit par la presse, faisait hésiter le monarque devant une mesure arbitraire. Mais, en république, c'est le maintien des diligences après l'établissement des chemins de fer. C'est une mystification et une absurdité. Toutes ces parades oratoires, démodées et surannées, ne servent même plus la popularité des discoureurs.
Ils font de la politique. Qu'est-ce donc que la politique ? Recourons au dictionnaire : « La politique est la science du gouvernement.
Mais le gouvernement est-il un but ou un moyen ? Gouverne-t-on pour gouverner ?
On comprendrait, à la rigueur, l'art pour l'art ; mais le gouvernement pour le gouvernement, c'est idiot. Le pilote qui gouverne un bateau, part d'une station pour arriver à une autre. D'où partent et où nous mènent nos gouvernants ? Posez-leur la question. Vous pouvez être certain qu'ils ne le savent pas eux-mêmes.
Comme l'ont fait les régimes qui les ont précédés depuis 89, ils vivent au jour le jour, fort inquiets, parfois, de la marche d'un train, prêt à dérailler du haut d'un viaduc.
En attendant, ils s'enrichissent.
Étant donné un gouvernement basé sur la démocratie, le but à atteindre n'a, cependant, rien de nuageux.
Il s'agit de donner à tous, dans la mesure du possible, le moyen pratique d'arriver au mieux. Or, le parlementarisme actuel, avec son mandat général et mal défini, est le plus grand obstacle qu'on puisse opposer à ce but.
Faut-il en déduire la condamnation du suffrage universel ? S'il en était ainsi, nous serions perdus, car détruire le suffrage universel, c'est détruire la démocratie, et vouloir, en 1885, détruire la démocratie est une tâche aussi folle que de vouloir nous ramener aux armets du moyen âge.
Le suffrage universel doit rester. Son fonctionnement, seul doit changer. Le mandat doit être spécialisé, tant au point de vue du mandataire qu'au point de vue du mandant. En un mot, à la représentation collective et vague, il faut substituer la représentation précise des intérêts, réunis par groupes, et avoir une Chambre subdivisée en autant de Chambres que le comportent ces intérêts groupés.
A ceux qui se récrieraient de prime abord sur l'impossibilité de cette solution, nous répondrons par l'organisation même du conseil d'État, créé pour élaborer la loi, où la division en sections n'empêche pas l'unité de fonctionnement, et où certaines affaires sont traitées par telle ou telle section et telle ou telle chambre, tandis que d'autres sont soumises à toutes les sections et à toutes les chambres réunies. Nous pourrions ajouter la Cour des comptes et la Cour de cassation, où le même fractionnement existe, dans l'intérêt de la compétence des juges et de la rapidité des décisions.
Avec un maximum de douze groupes, il serait facile d'embrasser toute la vitalité du pays : travail manuel — travail intellectuel — industrie — commerce — finances — circulation sur terre ou sur mer — défense du territoire (guerre et marine) — instruction publique et cultes.
Au lieu de formuler eux-mêmes un programme plus ou moins alléchant, les élus de chaque groupe recevraient de leurs commettants la formule nette et détaillée des vœux et des intérêts de ces groupes. Les vingt ou trente membres investis de ce mandat auraient à suivre une route toute tracée, et pourraient alors, sans danger de divagations, rester en rapport constant avec leurs électeurs, pour toutes les communications utiles, propositions et pétitions. Le dernier but de leurs travaux serait l'établissement du budget spécial de leur groupe.
Avec un domaine en apparence plus restreint, leur tâche serait plus rude, mais, sûrement, elle ne serait pas perdue. Sans comparaison avec l'état actuel, les mandataires gagneraient leur argent. Serait-ce donc un grand mal que les farceurs soient remplacés par des hommes d'affaires, les bavards, par des hommes pratiques ?
Le mois de décembre de chaque année serait consacré à la discussion du budget.
Quand nous serons allégés de nos Robert-Macaires, cette discussion reprendra sa véritable importance. Pour les Etats comme pour les individus, tout se résume dans cette question : « Quel argent aurons-nous à dépenser ? » Vous faites des projets, vous avez les meilleures intentions du monde ; tout vient aboutir à la question des ressources disponibles.
Avec la subdivision par groupes, on ne marcherait plus à tâtons. En effet, chaque Chambre spéciale a passé l'année à élaborer le budget de son groupe. Le président et es secrétaires de cette chambre apportent à la réunion Hénière, composée des présidents et secrétaires des autres chambres, un travail complet basé sur la somme totale à répartir. Les discussions sont closes. Il ne reste plus qu'à réduire les chiffres partiels, de telle sorte que leur total ne dépasse pas les ressources budgétaires. Plus de virements, plus de valeurs factices. L'emploi des sommes votées devrait être, lui-même, spécialisé. Chaque ministre, simple distributeur des sommes afférentes à son groupe, ne serait pas libre, comme aujourd'hui, de faire des virements de crédit, et de reporter sur tel ou tel article les sommes votées pour tel autre. Il serait responsable, devant la chambre de son groupe, de toute désaffectation de crédit. Plus de fonds secrets, enfin. A la bouteille à l'encre se trouverait substituée une carafe d'eau de roche, où les électeurs verraient clair.
— Mais, va-t-on s'écrier, ce système est le retour aux corporations abolies ; c'est le rétablissement des castes. L'objection serait de mauvaise foi, car on ne choisissait pas sa corporation, ni sa caste, et l'électeur sera absolument libre dans le choix du groupe où il voudra voter.
Voulez-vous, contre toute vraisemblance, prendre le cas où l'électeur sera, tout à la fois, ingénieur, banquier et musicien. L'hypothèse est absurde. N'importe.
Il est sûr qu'il y a une de ces trois professions qui le fait vivre, à l'exclusion des autres. Ce sera donc celle-là qui le déterminera dans le choix de son groupe ; mais alors il apportera dans ce choix les deux qualités qui rendront son vote utile, tant pour lui que pour ses cointéressés : 1° la capacité, 2° l'intérêt.
L'intérêt sans la capacité, la capacité sans l'intérêt sont les deux causes qui font du suffrage universel actuel l'obstacle le plus fatal à la stabilité et au progrès ; car chaque électeur, écrasé par la loi du nombre, subit bon gré mal gré, le vote d'un autre électeur, aussi dépourvu que lui-même de capacité et d'intérêt, et se voit, en fin de compte, aux mains d'un mandataire insignifiant, qui piétine sur place, sans pouvoir faire mieux.
Un ouvrier maçon ou menuisier, sait parfaitement ce qui lui est utile, en tant qu'ouvrier. Ce n'est pas parce que cent mille ou cinquante mille rentiers auront voté à sa place qu'ils seront mieux éclairés que lui. Réciproquement, ce n'est pas parce qu'un million d'ouvriers se sont prononcés dans une question de finances ; qu'ils y ont vu plus clair que dix financiers. Cependant, par le mandat général, l'ouvrier se prononce implicitement dans les questions de finances et le financier dans les questions ouvrières. Que peut-il ressortir de pareils votes, si ce n'est la cacophonie dont nous sommes témoins !
On nous rebat les oreilles avec le suffrage libre et éclairé. Est-il libre aujourd'hui ? Est-il éclairé ? Que n'invente-t-on pas, étant donnée la loi du nombre, pour amener l'électeur à déposer dans l'urne le bulletin forcé ! Que de couleuvres patriotiques ne lui fait-on pas avaler, en les lui présentant comme des anguilles ! Que de vessies ne lui fait-on pas prendre pour des lanternes ! Et cela, notez-le bien, dans un camp comme dans l'autre, car, à droite et à gauche, les candidats se ressemblent. Ils courtisent le même roi, aveugle et sourd, le nombre.
Avec le vote par groupe, l'électeur choisira d'abord ses représentants parmi les siens, parce que ceux-là seuls seront à même de comprendre et de bien gérer ses affaires. Mais, en outre (à l'encontre de ce qui se passe aujourd'hui), il choisira les meilleurs, parce qu'il les connaîtra et que son intérêt sera de donner sa confiance au plus capable, à l'homme le mieux en mesure d'améliorer son état.
Aujourd'hui, la loi du nombre est facétieuse ; elle s'amuse. Le suffrage universel, encore enfant, fait des niches aux gouvernants, quels qu'ils soient. S'occuper si celui qu'il nomme fera mieux que les autres est le cadet de ses soucis. Il l'envoie à la Chambre, parce qu'il ennuiera le bourgeois, parce qu'il a fait rire dans les meetings, parce qu'il a un gilet rouge, parce qu'il a blagué un ministre impopulaire, parce qu'il a assommé un gardien de la paix, ou toute autre cause de même valeur.
Cette plaisanterie prendrait fin avec des candidats représentant des intérêts de groupes ; et la meilleure preuve, c'est qu'aujourd'hui déjà, vous ne voyez pas dans la nomination des syndicats, des choix grotesques comme dans celle de la députation. On ne plaisante plus, en effet, quand, au lieu de faire une niche au gouvernement, le vote qu'on émet doit augmenter ou diminuer la quantité de pain à manger.
Que de gens indifférents aujourd'hui ne se donnent même pas la peine de voter, par cet unique raisonnement : — Que m'importent Pierre ou Paul, Jacques ou Mathurin ?
Feront-ils mieux que les autres ? Nous rendront-ils plus heureux ?
Ne croyez pas que ces décourages du suffrage universel soient plus mauvais citoyens que d'autres. Non ; ils sentent intérieurement qu'ils font un métier de dupes ; et leur nombre, qui va croissant, peut arriver, dans l'avenir, à être l'abstention en masse.
Ne vous figurez pas non plus que ces indifférents sont tous des bourgeois. Beaucoup d'ouvriers commencent à comprendre que leur sort ne changera pas parce que tel ou tel député sera envoyé à la Chambre. Aucun ouvrier n'a obtenu jusqu'ici le mandat législatif. Mais supposez qu'il y en ait quatre-vingts ou cent qui l'obtiennent ; qu'iraient-ils faire dans cette galère, si ce n'est d'augmenter en pure perte, les nullités opposantes ?
Les choses en iraient tout autrement avec la représentation par groupes. Ainsi, dans la chambre des travailleurs manuels, il ne devrait y avoir, il n'y aurait très probablement que des ouvriers ; mais ces ouvriers seraient compétents, et l'on n'en saurait dire autant de leurs avocats du jour, qui connaissent l'ouvrier comme on connaît les sauvages, par les récits des voyageurs.
Moins de politique et plus de progrès ; c'est là ce que désirent la majorité des Français et ce que peut seule donner la représentation par groupes.
— Mais, dira-t-on, il est des cas où la politique s'impose à la collectivité.
Il n'en est qu'un dans notre état de civilisation actuelle : le cas de guerre.
Un pays libre et soucieux de sa liberté doit s'abstenir des guerres d'agression, dont le résultat le plus certain est de lui faire perdre à lui-même la liberté qu'il a voulu enlever aux autres. Mais, si l'on peut se jurer à soi-même qu'on n'attaquera pas, on ne peut jamais affirmer qu'on ne sera pas attaqué.
Que faire alors ?
En cette occurrence, nos aïeux les Gaulois consultaient les guerriers et comme ils l'étaient tous, c'était en définitive le suffrage universel.
En cas de guerre, tous les citoyens en âge de comprendre ont, pour se prononcer, la capacité et l'intérêt, car l'envahisseur ne s'attaque pas seulement à ceux qui portent les armes. Il menace, dans leurs biens et dans leur vie, tous les citoyens sans exception. Quand le pays est dans l'obligation de se défendre, le corps législatif délibère, toutes chambres réunies. C'est la voix de tous qui se fait entendre. Tous les intérêts partiels se fondent et se résument dans un intérêt unique : il n'y a plus de groupes ; il y a la patrie.
Une fois la démocratie véritablement fondée et organisée par la spécialisation du suffrage universel, on a éloigné pour toujours ces craintes de cataclysmes politiques, qui font brusquement verser un peuple dans l'anarchie ou le despotisme. L'ère des révolutions est réellement fermée par la substitution de la politique d'intérêt à la politique de discussion.
Dans un tel état, le pouvoir exécutif occuperait une place circonscrite, mais très importante.
Quoi qu'en pensent les utopistes, aucun droit n'existe s'il n'a pour lui la sanction de la force. Il ne suffit pas d'avoir donné à l'universalité des citoyens le moyen efficace d'améliorer leur situation. Qu'est-ce qu'un droit qu'on n'est pas certain de faire respecter ? Qu'est-ce qu'une loi qui n'est pas sûre d'être obéie ?
La liberté de la rue n'est assurée qu'à la condition que dix forcenés ne viendront pas en barrer le passage et démontrer au faible, à tour de bras, que la rue appartient au plus fort.
Il en est de même pour toutes les lois, civiles, pénales ou commerciales, qui ne peuvent être protectrices qu'avec sanction efficace.
Plus la loi sera confectionnée de façon à donner satisfaction au développement progressif de tous les intérêts, plus il faudra assurer sa rigoureuse exécution ;
Auguste Comte et ses élèves, qui n'étaient, ni des « cléricaux », ni des « réactionnaires », voulaient que le chef du pouvoir exécutif fût un militaire, habitué à donner des ordres sans réplique. Les positivistes raisonnaient juste, en investissant le gendarme de tous les moyens d'action nécessaires pour donner force aux décisions prises par les corps savants.
Avec une démocratie organisée de telle sorte qu'en définitive toute initiative et toute direction vient d'elle, il ne s'agit plus, pour le chef du pouvoir exécutif, de diriger les gens en leur lieu et place, en remplaçant leur volonté par sa volonté. Son rôle unique est d'exécuter leurs décisions, d'être le bras dont ils sont la tête. Par cette exécution, c'est leur cause qu'il défend, ce n'est plus la sienne. Dans ces conditions, il aurait les moyens d'action les plus formidables qu'on puisse imaginer, qu'il faudrait s'en féliciter, et y ajouter encore, si possible, sans craindre l'abus d'une autorité s'exerçant pour le bien de tous.
Quand un bon fonctionnement des forces sociales assure la liberté d'un pays ; quand, en un mot, sa constitution est d'accord avec son état social, on attache trop d'importance à la question de savoir quel sera le chef du Pouvoir exécutif. Sera-t-il électif, héréditaire, roi, empereur, consul, stathouder, président de République, dictateur ? Eh ! qui nous délivrera, une bonne fois, de toutes ces dénominations vieillies, qui représentent des choses plus vieilles encore que leur mot et qui sont prétextes à ne jamais s’entendre ! Le point important c'est que le Pouvoir, défini et restreint, de l'exécutif, soit entre les mains d'un seul homme, responsable devant les Chambres de l'ordre et du respect de leurs décisions.
En résumé, à une Chambre politique, unique, qui leurre le peuple, il faut substituer des Chambres d'affaires multiples, qui donnent satisfaction à ses intérêts. A ce prix, nous connaîtrons des lendemains ; à ce prix, la Révolution aura trouvé une solution pacifique ; la Démocratie verra s'ouvrir devant elle une ère indéfinie de progrès ; à ce prix, nous aurons une France.
Paris. — Imp. de G. Balitout et Ce, 7, rue Baillif.

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Sources : Bibliothèque nationale de France
http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34036215k
Droits : domaine public
Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LB57-9243


https://gwenaelledeardevon.wordpress.com/2019/04/25/la-republique-des-imbeciles/